XXII-Please, kill me

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Cela fais des mois que Jeffrey et moi avons fait notre première fois. Nous avons mit en place son idée de déléguer certaines de mes missions aux proxys et lui-même ce qui m'épuise grendement moins désormais. 

Nous sommes en Août, il est 18H et quelqu'un entre en trombe dans mon bureau: ClockWork, les larmes au yeux. Elle ferme la porte derrière elle et s'assoit sur la chaise devant moi, je ne dis rien, attendant qu'elle prenne la parole en premier. 

~Baba, j'en peux plus. Je comprends vraiment Eyeless maintenant et... Il me manque. 

J'affiche un air surpris et compatissant à la fois. Je ne sais pas vraiment réagir à cela sur le coup, alors je me contente de me lever et d'aller la prendre dans mes bras. Je lui caresse ses doux et long cheveux noisettes pensant la calmer mais elle se contente de sortir cette unique phrase qui, étonnamment, me glace le sang. 

~S'il te plaît, tue-moi. 

Je reste figer, ma respiration se coupe un instant et je repense à Eyeless dans son sommeil éternel. Des larmes coulent toutes seules et je libère mon amie de notre tendre étreinte. 

~Je... Je n'était pas moi-même quand j'ai tué Jack, tu le sais?, dis-je avec des tremblements dans la voix

~Oui, j'en suis consciente. Je te le demande comme une faveur car il n'y a que toi qui connait ce poids si lourd, les autres n'ont pas cette sainteté d'esprit et... Égoïstement, je voudrais être tuée par une sainte, notre sainte.

~Moi, une sainte? C'est drôle après ce que j'ai fais, lançais-je avec un rire jaune

~C'est comme ça que les gens t'appellent ici et c'est le nom que les fans de creepypasta t'ont donnés, The Holy Killer Baba. Ils te décrivent comme une tueuse compatissante, comme si tu tuais pour atteindre un but sacré et que les pauvres âmes que tu sacrifie méritais une unique larme, de vrais écrivains nos fans. 

Elle semble fière de moi et je lui sourit, ce nom n'est pas si mal. 

~Il faut mettre les autres au courant si tu souhaite vraiment cela et nous ferons tout comme tu le voudras, annonçais-je après un moment de réflexion

Elle hoche la tête et dépose un document sur le bureau. 

~Tout est ici, les autres sont au courant et respecte ma décision. Demain, nous le feront sous la pleine lune et... Je la rejoindrais comme je rejoindrais mon Jack, dit-elle en souriant mélancoliquement. Il y a une tenue que j'ai confectionnée pour toi suite à ton titre, Jeff s'occupe des finitions, j'aimerais que tu la porte demain soir. 

J'acquiesce et lui sourit, nous parlâmes un peu plus, comme des adieux. Smile nous apporta un repas et un peu d'alcool et nous passâmes la soirée ensemble avant qu'elle ne quitte le bureau pour passer sa dernière nuit auprès de notre petite Sally. Je la salua chaleureusement à son départ avec un énorme câlin durant lequel elle laissa échapper quelques larmes

___

Je pris mon temps durant quelques heures de préparer tout ce qu'elle m'avait demander, incapable de m'empêcher de pleurer. Au bout d'un moment, quelqu'un toqua à la porte et, sans attendre de réponse, il entra en refermant derrière lui. 

~Hey, tout va bien? Enfin, je suppose que non mais... Tu veux de l'aide?, me dit-il avec toute la tendresse et la maladresse du monde. 

~Jeffrey... Je... Comment pourrais-je y arriver sans être en état de folie?

Il vînt me prendre dans ses bras, caressant mes cheveux de feu après avoir séché mes larmes. 

~Sally, toi seul peux le faire car tu es compatissante. Nous, bah, on s'en fous un peu même si ça va nous faire bizarre que Clocky soit plus là. Cette fois, tout le monde le sais et... Enfin, c'est elle qui le demande quoi.

~T'es pas doué pour réconforter mais merci, me moquais-je avant de buguer un instant. Attend mais... La dernière fois aussi... Comment tu connais mon vrai prénom? 

Il me lâcha avant de reculer en baissant un peu la tête, hésitant et à demi honteux puis il pris la parole.

~Je sais tout de toi, ton nom, tes parents, l'hôpital et tout le reste de ta vie encore. Tu me perturbais au début et j'hésitais à t'éliminer car je te voyais comme une menace pour le manoir donc j'ai fais des recherches comme jamais je ne m'aurais pensé faire. Je n'en ai parlé à personne, je suis le seul au courant, même le boss ne sais pas. 

Je n'étais pas si étonnée au final même si cela me gênais un peu. Je soupira longuement avant de le gifler doucement tandis qu'il se contenta de me regarder un peu sonné malgré tout. 

~Je n'aime pas qu'on fouille dans mon passé mais, maintenant que c'est fait je ne peux plus vraiment rien dire. Je t'en ai mis une pour éviter d'exploser, je suis dé..., je n'eu pas le temps de finir ma phrase qu'il surenchérit. 

~Je l'ai mérité, merci. C'est à moi de te demander ton pardon, j'ai été irrespectueux en ayant des doutes et en allant faire le rat avec ton ancienne vie. Tu peux me frapper si tu le désire et si ça peux te faire du bien, m'indiqua t-il calmement sous mon regard subjugué. Je te dirais tout ce que tu ne sais pas de moi, enfin, si tu le veux. Pas pour qu'on soit quitte, j'ai juste envie que tu me connaisse comme personne. 

~Tu es un abruti attachant, soupirais-je en souriant avant de l'embrasser rapidement. Je te connais déjà comme personne, Jeffrey. Preuve en est que tu ne dit rien voire que tu es heureux quand je t'appelle par ton prénom. 

Il sourit avant de venir comme pour reproduire la scène d'il y a quelques mois maintenant. Je refuse, lui accordant uniquement un câlin et quelques baisers tendres qu'il accepta avec plaisir sans en demander plus.

~Tu me portes? Je suis fatiguée, je veux juste dormir dans tes bras, lui demandais-je doucement. 

Il s'exécuta. 

~Vos désirs sont des ordres, ma jolie proie. 

Je lui sourit puis il me porta jusqu'à ce qui est désormais notre et qui fût autrefois sa chambre. Il retira mon pantalon et mes chaussettes pour me laisser en débardeur et culotte avant de me mettre dans le lit, sous la couette chaude et réconfortante. Il me rejoint après avoir tout retiré, excepté son caleçon. Il me colle contre lui, ma tête sur son torse, ma main gauche sur son ventre tandis que sa main caresse soigneusement mes cheveux jusqu'à ce que nous finissions par nous endormir ensemble. 

                          "Un peu de douceur avant la violence."

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