Chapitre 16

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C'était un cauchemar.

Akaashi rentra chez lui au beau milieu de la nuit. Il revenait de l'hôpital, où sa mère avait été admise en urgence après que son fils n'ait appelé les secours.

Après une éternité à attendre dans une salle, on lui avait expliqué qu'elle avait ingéré les somnifères que contenait la boîte qu'il avait malheureusement trouvée à ses côtés. Heureusement, les médecins avaient agit à temps. Elle était pour l'instant inconsciente, mais son état ne s'aggravait pas, c'était déjà cela de gagné.

Après ces joyeuses nouvelles, on avait donné au pauvre lycéen des dizaines de feuilles à remplir, certaines demandant des renseignements sur sa mère, d'autres sur lui.

Il n'avait pas eu le droit le voir sa mère, à la place on lui avait conseillé de revenir pendant les horaires de visite.

Akaashi était exténué, physiquement et mentalement. Il traversa la maison et atteignit sa chambre tel un zombie. Il entra dans la chambre plongée dans l'obscurité, et s'allongea sur son lit.
   
   
   
  
Pourquoi a-t-elle fait ça ?
   
   
  
  
Ce n'est pas à cause de son travail, elle l'adorait.
   
   
   
  
À cause de papa ? Pourtant ça fait des années qu'il n'est plus là...
  
  
  
  
Mais j'en ai reparlé hier, et je lui ai aussi dit pour...
 
  
  
  
C'est ça qui l'aurait poussé à faire une chose pareille ?
  
  
  
  
  
   
  
  
  
C'est ma faute.
   
  
  
  
  
  
  
  
Le noiraud sentit des larmes rouler sur ses joues. Il ne les sécha pas. Ses pensées étaient si floues, son corps tellement lourd et terriblement faible.

Il ne semblait pas prendre conscience de ce qui lui arrivait, il ne voulait pas. Il se demanda qu'est-ce qu'il vivait. Était-ce vraiment la réalité ? N'était-ce pas juste un mauvais rêve ? Il ne savait pas.

Il resta immobile, dans le noir, à attendre que le sommeil ne vienne lui accorder un moment de répit. Il attendit longtemps, des heures qu'il lui parurent aussi longues que l'éternité.
  
  
                                         ❁
    
   
Bokuto était inquiet.

Cela faisait maintenant deux jours qu'Akaashi avait quitté l'entraînement. Le lendemain, il n'était pas venu en cours. Le capitaine, qui pensait qu'il était peut-être malade, lui avait envoyé plusieurs messages, mais aucun n'avait reçu aucune réponse.

Il décida alors de se rendre l'après-midi du lendemain chez Akaashi, profitant du week-end qui commençait.

En arrivant devant la bâtisse, il vit tous les rideaux fermés derrières les fenêtres. Cela lui suffit pour être convaincu que quelque chose clochait.

Il sonna à la porte d'entrée et attendit — personne ne répondit. Il sonna une deuxième fois, puis une troisième, décidé à continuer jusqu'à ce qu'on lui ouvre.

Après une longue attente, il entendit enfin quelqu'un venir et déverrouiller la porte. Il s'apprêta à saluer Akaashi mais resta sans voix face à lui.

Akaashi...

Le noiraud était vêtu d'un simple T-shirt et d'un short. Il avait les cheveux en bataille et des cernes sous les yeux. Son front était couvert d'un pansement ensanglanté. Il avait la peau pâle, rougie juste en dessous de ses paupières à demi-closes, et par-dessus tout, semblait être à bout de force.

On aurait dit un fantôme, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Ses yeux bleus voilés de tristesse s'écarquillèrent à la vue du plus grand.

"Akaashi..."

Flowers Never Stop GrowingOù les histoires vivent. Découvrez maintenant