14 : Fuir ou mourir ?

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Mon regard se braque sur l'homme qui est confortablement assis dans un fauteuil, abordant un grand sourire aux lèvres, muni d'un cigare entre les doigts.

Je l'ai déjà vu, plus d'une fois.

C'est l'homme qui présentait le discours à la soirée concernant don de sang, et qui était venu au stand de tir pour discuter avec Alec.

Il est placé face à moi derrière son bureau, habillé d'un costume noir, tout semble si irréel, c'est un véritable cauchemar.

- Alma Joriz, veuillez vous asseoir, déclare-t-il, sans aucun timbre de colère dans sa voix.

Il n'a pas besoin d'hausser le ton pour que je comprenne que c'est lui le vrai danger.

Mon corps refuse d'avancer.
Comme si le précipice ne faisait que commencer, il m'observe avec un drôle d'intérêt.
Un froncement de sourcils crispe son visage, mais ce rictus visible aux coins de ses lèvres, me fait vite perdre le contrôle.

- Vous êtes vêtu d'un costume tel un homme propre dans ses baskets qui n'a rien à se reprocher, alors que vous êtes pourrie jusqu'à la moelle osseuse ! Je peste avec un profond mépris.

- Ça tombe bien que vous abordiez le sujet, j'ai cru comprendre que vous vous entêtez à nous causer des difficultés depuis votre arrivée, amorce l'homme.

- Deux tentatives de fuite, en l'espace de deux heures. J'admire votre courage et votre perspicacité, vous avez un franc-parler plutôt intéressant, lance ce salopard, en m'abreuvant de compliments, juste avant de probablement piller l'intérieur de mon corps, au sens propre du terme.

Et pourquoi, je ne suis toujours pas sur une table d'opération ?

- Vos belles paroles sur l'importance des dons de sang et d'être inscrit sur la liste des donneurs d'organes, n'étaient que du vent. Puisque vous avez créé votre propre morale, en arrachant des vies à des familles et tout ça pour de l'argent sale ! Résumé-je avec dégoût, tout en gardant mes distances.

Il se redresse, en écrasant son cigare dans le cendrier, tout en appuyant ses coudes contre son bureau et croise les doigts.

- Vous avez l'air d'être intelligente, vous comprendrez que la moralité n'a pas sa place dans ce milieu aussi sombre et laid soit-il, entame-t-il, avec sérieux.

- Mes paroles étaient sincères, même si je sais que vous ne croyez pas, alors je vous demande mademoiselle Alma, quelles sont les similitudes entre les business d'organes, drogues et proxénétisme, mis à part l'argent ? M'interroge ce monstre avec un froid qui me glace la peau.

Je reste de marbre, alors que ses paroles tournent à toute vitesse dans mon esprit, ne comprenant pas où est-ce qu'il souhaite en venir.

Si on regarde de près dans tous ces différents business, leurs comparaisons sont les produits et services illégaux proposés et c'est cette illégalité qui a un prix.

Donc l'argent.
Mais, ce salopard ne faisait pas référence à ça.

Si une personne a besoin d'un organe, de se droguer, ou tirer un coup, il paie le prix pour l'avoir dans l'immédiat.

J'humidifie mes lèvres complètement sèches, lorsqu'une lumière s'illumine dans mon cerveau, en comprenant enfin à quoi il faisait référence.

- Le temps, ce sont des choses dont ils ont besoin dans l'immédiat, et ce temps ils l'achètent, je murmure.

Au vu du sourire qui étire ses lèvres, je comprends que je lui donné la réponse qu'il souhaitait.

- Exactement le temps, c'est la clé pour faire monter les enchères et bien sûr l'inégalité à un prix, des sommes d'argent dont vous ignorez l'envergure, précise ce dernier.

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