45 : Le gouffre...

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Bonjour, ou plutôt bonsoir, je sais, je reviens comme une petite fleur après avoir laissé une fin de chapitre pareille...

Mais pour ma défense...
Non en fait je n'ai pas de défense.

Juste fermer les yeux et m'imaginer être libre, mais quand je les réouvre je me sens encore plus enfermé, qu'au premier clignement.

Et je suis reparti dans mes délires de confession...
Bonne lecture.
Ou pas...

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Alec.

Trois jours que ma vie s'est arrêtée.
Trois jours que je n'ai pas trouvé le sommeil.
Trois jours qu'aucun mot n'a franchi la barrière de mes lèvres.

Trois jours sans avoir vu ses yeux émeraudes qui m'obsèdent tant.

Trois jours que la vie de mon frère m'a été arrachée, arrachée, arrachée !

Cette image de pur chaos ne pourra jamais disparaître de mon esprit, le corps d'Alexe étalé sur le sol baignant dans son propre sang, dû à la balle que Carlos lui a mise.

Et maintenant, mon seul point d'ancrage, la seule chose qui n'était pas souillée, pourrie jusqu'à la moelle dans ma vie est en train de se battre pour vivre.

J'ai les mains ravagées de cicatrices, après avoir brisé tout ce qui croisait ma route.

Les larmes ne viennent pas, elles sont inutiles, elles ne ramènent personne. Pas plus que les coups.

Mais les coups je les ressens, ils font mal.

C'est la seule émotion que je peux encore accepter, j'ai besoin de ressentir cette douleur.

Je l'observe dans l'ombre, la voyant sortir ses clés de voiture, en regardant par-dessus son épaule tout en faisant asseoir son fils sur le siège arrière, toujours sur ses gardes, enfourchant les dernières valises dans le coffre.

Alors que je m'apprête à sortir de ma cachette, le téléphone vibre dans ma poche, stoppant instantanément mes pas.

- Guten Tag, spreche ich mit Herrn Xilman? (Bonjour, ai-je bien Monsieur Xilman à l'appareil ?)

- Ja, das bin ich. (Oui, c'est moi), je confirme n'ayant pas le temps de m'attarder.

- Ich bin Dr. Achvok von der Charité Universitätsmedizin. Ich kontaktiere Sie bezüglich Alma Joriz, da Sie als erster Ansprechpartner im Notfall angegeben sind. (Je suis le docteur Achvok, de Charité Universitätsmedizin. Je vous contacte au sujet d'Alma Joriz, car vous êtes le premier à contacter en cas d'urgence).

Ma respiration se met sur pause, comme le reste du monde, je laisse la jeune femme partir avec son gosse.

Le stress me bouffe jusqu'à la nécrose, appréhendant ce qu'il s'apprête à dire.

- Was ist los ? (Il se passe quoi ?)

**

Me voilà sur le parking de l'hôpital, cloué sur mon siège au lieu de sortir de cette putain de voiture. Quelque chose se noue dans ma poitrine, un poids assez lourd pour me faire hésiter.

La revoir saine et sauve, elle et ses yeux verts, était la chose que j'attendais le plus depuis qu'elle est plongée dans ce coma.

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