28 : Le silence...

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En me réveillant, je sens mon corps emprisonné sous quelque chose de lourd.
En inclinant la tête j'aperçois que ce sont les bras d'Alec qui encerclent ma taille me tenant en otage.

Mais qu'est-ce que...

La réalité revient rapidement.

Il est toujours en train de dormir, j'essaie de me libérer sans le réveiller.

Dehors, la nuit bat toujours son plein, je me lève laissant mes jambes me guider, jusqu'à la façade de la porte de la chambre de ma mère.

Je prends une grande inspiration et pousse légèrement la porte pour entrer à l'intérieur.

L'odeur de son parfum qui recouvre la chambre envahit mes narines.

Alec a raison, la chose la plus dure après avoir perdu un être cher.

C'est de faire face au silence.

En m'approchant de son lit, je remarque qu'il y a une feuille pliée en deux, où il est écrit.

Lis-moi ! 

Une lettre ?
Je réfléchis pas et l'ouvre.

C'est une lettre écrite à la main, les premiers mots auxquels je fais face, paralysent directement mon corps.

« Mon trésor »

Je reconnais immédiatement l'écriture fine et minutieuse de ma mère.

Mon cœur bat si fort et si vite, qu'il menace de s'échapper de ma poitrine. 

« Mon trésor, si tu lis cette lettre, c'est qu'à mon plus grand regret tu as dû faire face à mon corps dans la maison. »

Les frissons d'horreur me transpercent, mais j'y fais abstraction, en me concentrant sur le contenu de la lettre.

« Je savais que j'allais mourir Alma et je ne voulais pas que tu restes sans réponse, j'ai demandé à un des garçons qui avaient l'air d'avoir un peu d'humanité, s'il pouvait bien me munir d'une feuille, pour que je puisse t'écrire ces dernières paroles. »

Ça doit sûrement être Alexe.
Qui lui a donné une feuille, pour qu'elle puisse écrire ses dernières paroles.

« Quand je t'ai appelée pour t'annoncer que des personnes s'étaient introduites dans la maison, je ne t'ai pas précisé que ces hommes ont menacé, de s'en prendre à ta vie si je ne faisais pas venir Alec. Mais la seule solution était de te faire venir, pour être sûr de sa présence. »

Alec.

« Tu dois le fuir ! Enfuis-toi, change de pays reconstruis-toi une nouvelle vie. Écoute-moi, même si tu es triste, que tu as l'impression d'avoir tout perdu ne baisse jamais les bras trésor. Ne laisse pas cette douleur te dominer. »

« Tu dois le fuir ! »

J'ai les poumons comprimés au maximum, au point où cette barrière d'épines dans la gorge m'empêche de sortir le moindre mot.

Survis.
Ne pleure pas.
Pleure, tu as le droit.

C'était leur but.

Ils ont volontairement laissé le corps de ma mère ici, pour être sûrs que je le découvre.

Ils voulaient me punir, en faisant souffrir.

« Mais ce que tu dois savoir impérativement sur ton ami Alec, c'est qu'il n'est pas la personne que tu crois, il est le— »

Son dernier mot se poursuit par une ligne, comme si on lui avait arraché la feuille, avant qu'elle termine d'écrire.

Un sifflement résonne dans mes tympans et le sale monde qui m'entoure cesse de tourner.

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