Chapitre quatorze

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16 novembre 2018

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16 novembre 2018

La batterie tonne

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La batterie tonne. Un outil tombe derrière la scène. Des musiciens rient trop fort.

Le chaos du bar me submerge.

Je masse mon torse avec la base de ma main. J'ai l'impression de ne pas pouvoir inspirer comme il faut — quelque chose appuie sur mes poumons et m'empêche de respirer. Si je ne m'isole pas d'ici dix minutes, je vais y rester.

Derrière le comptoir, Jean est en train de donner une leçon express à Louane derrière le bar. Nos soirées concerts font toujours un carton, alors résultat, les commandes s'enchaînent trop rapidement pour que Jean soit seul à faire le service. Je l'aide du mieux que je peux, mais je crois qu'on est tous les deux soulagés que Louane soit arrivée en renfort cette année ; Jean parce qu'il n'aura pas à surveiller que je ne casse pas des verres, et moi parce que je pourrai m'éclipser plus facilement si tout devient trop.

Et je ne peux pas risquer de complètement perdre pied ce soir. Pas quand Mugi joue son premier vrai concert. Je vais devoir gérer les vagues et prendre sur moi.

Deux doigts se posent contre le dos de ma main. Ils sont calleux ; des doigts de guitariste. Je me tourne, le cœur battant, déjà prêt à découvrir le visage de Mugi. Mes épaules se détendent dès que j'aperçois son sourire.

— Salut, me souffle-t-il.

— La star de la soirée est enfin arrivée ! je m'exclame.

— Dis pas ça ! Je suis déjà assez stressé comme ça !

Mais la lueur dans son regard me dit qu'il est soulagé d'entendre ça. Je commence à le connaître, à force.

Mugi remonte la anse de sa housse de guitare sur son épaule. Dans sa main droite, il tient une autre housse. Il a apporté ses guitares acoustique et électrique. Il me regarde entre ses mèches brunes, le nez vers le bas. Ses doigts sont toujours contre mes phalanges.

— Je peux aller poser mes affaires à l'arrière ? me demande-t-il.

— Allons-y.

Au fond de moi, je suis soulagé qu'il propose. Ça me donne une excuse pour m'éloigner de tout ce bruit. Je guide Mugi jusqu'à la réserve et le laisse déposer son manteau dans notre coin vestiaire qui déborde déjà avec les affaires des autres musiciens. La lampe au plafond prend vie en clignotant. Je laisse la porte se fermer derrière moi.

EVERY SINGLE SOUNDOù les histoires vivent. Découvrez maintenant