MUGI attend un signe. N'importe quoi qui pourrait lui faire retrouver goût à la vie. En emménageant dans la même ville que ses amies de toujours, il espère trouver ce quelque chose. Mais il ne s'attendait pas à le trouver si vite, la première semain...
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18 décembre 2018, quelques heures plus tard
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Depuis que je suis rentré du studio, je suis allongé dans mon canapé sans bouger. J'ai un livre ouvert mais je n'arrive à assimiler aucun mot. Les lettres se confondent, je les vois floues, elles se réarrangent pour dérouler l'évènement de cet après-midi. Il tourne en boucle.
Je revois Vanessa. Ses mains qui agrippent mes bras. Ses lèvres sur les miennes. Plus j'y pense, plus ma respiration se fait irrégulière, et plus ma respiration est irrégulière, plus je pense à l'objet de mon angoisse. C'est un cercle vicieux.
J'ai failli dire à Taku de ne pas venir ce soir. Une part de moi n'a pas du tout envie qu'il me voie dans cet état. Encore une conséquence de Vanessa : je ne dois pas montrer mon angoisse. La garder pour moi. Souffrir en silence et sourire.
Et je sais, je sais très bien que Taku n'est pas Vanessa. Mais je ne peux pas m'empêcher d'imaginer un air embêté sur son visage en découvrant que je ne vais pas bien, alors qu'il pensait pouvoir passer une soirée détente avec moi. Je ne veux pas le déranger avec mon angoisse. Je ne veux pas lui infliger ça. J'ai beau essayer de me convaincre du contraire, j'ai peur d'être un poids pour lui.
De toute manière, même s'il ne me considère pas comme un poids, je n'ai aucune envie de lui parler de Vanessa et de ce qui s'est passé au studio. Si je le fais, si j'en parle à voix haute, j'ai peur de sombrer pour de bon. Et j'ai déjà fait une crise d'angoisse violente tout à l'heure, je n'ai pas envie d'en refaire une, et sûrement pas devant Taku.
La sonnette retentit. Je me lève, abandonne mon livre sur la table basse et marche rapidement jusqu'à l'interphone. J'ouvre à Taku.
Parce que, oui, malgré tout ça, je ne me voyais pas lui dire de ne pas venir. J'ai besoin de le sentir contre moi pour essayer de reposer les pieds sur terre.
On toque à la porte quelques minutes plus tard. J'ouvre, Taku apparaît, et tout de suite, je pousse un soupir de soulagement. Avant même qu'il puisse me saluer, je pose une main sur son bras, le tire vers moi et fonds dans son étreinte.