Chapitre deux

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4 septembre 2018, quelques heures plus tard

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4 septembre 2018, quelques heures plus tard.

J'inspire, j'expire

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J'inspire, j'expire. Les néons bleutés de la façade me font plisser les yeux ; je suis tellement ébloui que je ne vois presque pas ce qui se passe à l'intérieur. Et c'est peut-être mieux ainsi : comme ça, je ne peux pas compter les clients beaucoup trop nombreux, et la boule dans mon estomac ne s'aggrave pas.

J'avance d'un pas, recule de deux, ma main hésite à attraper la poignée dorée de la porte. Je fixe les autocollants collés sur la vitre. Ça, ça va me permettre de ne pas angoisser. Certains ne veulent pas vraiment dire grand-chose, du moins, je ne les comprends pas — ils doivent sûrement avoir un rapport avec la qualité du service au bar, quelque chose comme ça. Par contre, un drapeau queer est collé au milieu de tous les autres stickers. Ça, c'est plus de mon domaine.

Je relève le nez vers la vitrine. D'ici, je vois mieux l'intérieur : une centaine de personnes fixe un même point, certaines autour d'une table, ou d'autres — ceux qui sont arrivés trop tard — debouts là où ils ont pu trouver une petite place de libre. Je ne m'attendais pas à ce que ça soit aussi bondé, surtout pas un mardi soir quand la semaine vient tout juste de commencer.

La sangle de ma housse de guitare glisse de mon épaule, je me dépêche de la remettre correctement. Je sens qu'une fois à l'intérieur, je vais devoir l'agripper si je ne veux pas qu'elle se fasse emporter par la foule. Mon cœur se soulève rien qu'à l'idée de devoir jouer des coudes pour me frayer un chemin jusqu'à la table qui nous est réservée.

J'attrape mon casque audio qui était toujours sur mes oreilles, l'éteint, puis le coince sur mon cou. Ça y est. C'est parti. Je me lance.

Ma main se pose sur la poignée, j'ouvre la porte, et après une grande inspiration, j'entre.

Personne ne parle. Il n'y a pas un bruit, pas un seul chuchotement discret. C'est comme si l'air était en suspens pour se focaliser uniquement sur une seule chose : le piano. Mes oreilles sifflent, comme pour trouver la bonne fréquence.

Quelqu'un me bouscule, c'est ce qu'il me faut pour me mettre en mouvement. J'avance vers le centre de la salle, toujours plus près du piano, en tenant à deux mains la sangle de ma guitare. Je savais que j'aurais dû repasser chez moi la déposer — mais je ne pouvais pas me permettre d'arriver en retard.

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