Megliu

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« Seul le danger mortel est incolore. »



Pvd de Liguino Vittoré (Neru )


(Neru)

Mon nom suffisait. En Corse, on ne le prononçait à voix haute.
il résonnait comme une menace silencieuse, un murmure que personne n'osait répéter.
J'étais l'ombre insaisissable, le néant derrière chaque disparition, le souffle glacé avant la mort.
Je broyais tout ce qui se dressait sur ma route, sans remords ni détour.

Voir des hommes à genoux, implorant, les larmes aux yeux voilà la seule musique capable de m'apaiser.
Une symphonie d'agonie, aussi exquise qu'un violon accordé à la souffrance.

Et pourtant... aujourd'hui, une femme avait osé me passer les menottes.
Moi, Liguino Vittore bourreau des cartels rivaux, instrument de leur agonie être menottés par une femme qui plus est.

Quelle ironie.

Le destin avait de l'humour. Ces fers à mes poignets n'étaient qu'un détail insignifiant, un caprice du hasard.
Ce qui me faisait sourire, c'était elle.
fragile en apparence, qui croyait pouvoir maîtrisé.

Un grand écrivain a dit :

« La femme sera toujours le danger de tous les paradis. »

Moi c'est simple :
Ils finissaient toujours par comprendre. Pas besoin de cris.

Je restai silencieux, le calme est l'arme le plus redoutable.


Durant le trajet, je restai de marbre.
Un seul appel, et cette fille disparaîtrait du registre des vivants.

....

Assis dans la salle d'interrogatoire, je laissai le temps s'étirer, comme une corde qu'on tend avant la rupture.
J'observais.
J'analysais.
Je patientais.

L'idée de la détruire m'amusait. Rien n'était plus grisant qu'un défi surtout quand la victoire était inévitable.

La porte s'ouvrit brusquement, déchirant le silence.
Un officier entra, hésitant, s'approcha pour me libérer.

Je levai lentement la main.
— C'est elle qui doit m'ôter les menottes, dis-je d'une voix posée.
Elle les a placées, à elle de les enlever.
Sinon...

Un dealer qui porte plainte contre la police. Ironique, non ?

Jouons de leurs lois.

— Mais, monsieur... tenta-t-il.

Je levai la tête, plongeai mon regard dans le sien.
Il se figea.
Un court silence, puis il recula, sans insister.

Je voulais la voir.
Je voulais voir cette fille s'approcher, forcée de se confronter à moi.
Voir dans ses yeux la tension, la colère, la peur peut-être ou l'arrogance d'une femme qui croit encore contrôler le jeu.

L'instant d'après ...

Elle entra dans la salle d'un air calme , elle ne me regardait pas comme les autres.Pas avec peur.
Pas encore.

Elle respirait trop lentement pour quelqu'un qui me faisait face.
Formation.
Ou traumatisme ancien.

Me dis-je

Quand elle a retiré les menottes, ses doigts ont hésité une fraction de seconde.
Pas sur moi.
Sur ce que ça impliquait.

Elle croyait que cette scène s'arrêtait ici.
Que le pouvoir avait une porte.

Les gens comme elle font une erreur :
ils pensent que le danger se présente toujours comme une attaque.

Moi, je préfère attendre.

Ciselée [Darkromance] Où les histoires vivent. Découvrez maintenant