Chapitre 20

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Le bien et le mal, deux camps bien opposés qui se faisaient la guerre des moeurs depuis bien longtemps déjà...Ce concept très manichéen ou les gentils sont blancs comme neige alors que les méchants se tapissent dans l'ombre noire de leur pêchés...Il trouvait que c'était des conneries. Rien de plus qu'un concept foireux auquel les gens aiment se raccrocher afin de se donner bonne conscience. Il l'avait toujours dit, le monde était fait de nuances de gris. Alors que lui se trouvaient du côté du gris foncé les trois quart du temps, à son exact opposé se trouvait Grégory. Ce garçon était ce qui s'approchait le plus du blanc et cela lui ferait mal de le dire à voix haute. Et bien au milieu il y avait Thomas. Un gris ni trop foncé, ni trop clair. Un mec normal qui avait ses travers mais qui penchait vers le camp des bons samaritains plutôt que dans celui des marginaux à problèmes.
Et qu'est-ce qu'un garçon comme lui préférerait ?  Probablement le camp du bien. Cela le rendait malade.

Grégory n'était pas un garçon à problèmes, d'ailleurs Damien ne l'avait jamais entendu hausser le ton. Il était gentil, serviable, poli et très calme : tout ce qui plaisait à Thomas. Après avoir aperçu le paradis jamais plus il ne pourrait tolérer les taquineries du fils Laguionie.
Peut-être avait-il un peu trop abusé ? Il avait fait des efforts ces derniers temps mais peut-être était-il trop tard ?
Il serra les poings et attrapa son téléphone.
Samedi soir, le rendez-vous avec Grégory était sûrement terminé depuis longtemps et Damien s'estimait heureux d'avoir une taupe dans l'autre camp...

"SOS amitié bonsoir, que puis-je faire pour toi Damien ?"

La voix moqueuse de Robbie n'avait pas tardé à se faire entendre et il était sûr que le garçon savait qu'il l'appellerait tôt ou tard.

"Raconte moi tout.
-Et qu'est-ce que j'y gagne ?"

Damien marqua une pause. Qu'avait-il à offrir à part de l'argent et des cadeaux ? (Ce qui dans leurs situations de progéniture de riches était plus ou moins la même chose).

"Tu ne rends plus de services aux autres ? Toi le gars gentil que tout le monde adore ?
-J'en rend gratuitement mais avec toi rien n'est gratuit Damien. On parle quand même de la vie de mon meilleur ami, et je veux ce qu'il y a de mieux pour lui. Après le prince charmant avec lequel nous avons passé l'après-midi tu as du soucis à te faire."

Damien laissa échapper un râle rauque qui fit sourire Robbie. 

"Par pitié ne me dis pas que son numéro de mec parfait a marché avec toi.
-Hé je ne suis pas différent des autres, ce garçon est la gentillesse à l'état pur. Il est attentionné, doux, patient...
-Arrête-toi là, j'ai la gerbe. Je le connais ce mec.
-Ah oui je sais, il nous a parlé de toi!"

Damien se redressa dans son siège, intrigué. L'appréhension pointa le bout de son nez, qu'avait pu dire Grégory à propos de lui ? Pendant un court instant il oublié que le garçon n'était pas du genre à critiquer les autres. 

"Et donc ?
-Rien de spécial, c'était le genre de compliments basique que l'on fait par politesse. Par exemple, il a dit que tu étais...Gentil."

Gentil, on ne le qualifiait jamais de mec gentil. Jamais de la vie personne n'avait pensé à ce mot pour le qualifier. C'était bel et bien de la politesse. 

"J'aime pas ça, je suis pas gentil. 
-Oui enfin tu n'es pas un monstre non plus. Mais est-ce vraiment pour ça que tu m'as appelé ce soir ? 
-Nan, racontes-moi."

Visiblement les trois garçons avaient passé une très bonne après-midi. Grégory avait prit le soin de tout préparer et les garçons n'avaient manqué de rien. Et au vu des propos que tenaient Robbie, Thomas avait l'air détendu en sa présence. Le renard rusé enjolivait sûrement pas mal les détails, mais pour Damien qui était visiblement très inquiet, cela n'avait pas d'importance. Il buvait les paroles de son camarades, et elles avaient un goût très très amer. 

"En tout cas j'espère que t'as mis la barre haute pour demain. 
-J'aurais mieux fait de ne pas t'appeler, tu m'angoisses avec tes histoires d'après-midi parfaite. On dirait un vieil épisode de rom-com étrangement gay.
-Pourquoi ça t'impacte autant ? Thomas a le droit d'avoir des amis. Et puis la liste n'est pas longue, on est deux. 
-Je suppose que je ne suis pas dans cette foutue liste.
-En même temps tu ne peux pas t'empêcher de le provoquer un jour sur deux. Si tu t'y prenais mieux peut-être que tu en ferais partie."

Il savait que Robbie avait raison, malheureusement il ne pouvait pas s'en empêcher. Il avait toujours été moqueur et provocateur. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Peut-être était-ce pour se protéger des autres, ou alors il était insupportable de naissance. 
Il se frotta le front et se leva pour se laisser tomber dans son lit.

"Je sais, mais je fais des efforts. Enfin j'essaie. 
-Maintenant redouble d'efforts pour voir la vérité en face. Tu veux pas être l'ami de Thomas, tu veux bien plus que ça. Tu peux me dire non autant que tu le veux, mais je le vois. Tu veux peut-être veiller sur lui, mais rends toi compte que t'agis pas comme le ferait un ami ou un camarade de classe.  Je sais que tu t'inquiètes pour lui, qu'il te fait de la peine, mais tu ne peux pas le sortir de sa prison sans être sorti de la tienne. Bon dieu Damien je pensais que tu étais sorti du placard il y a longtemps déjà. Bref, je dois te laisser, on se voit Lundi !"

Et il avait raccroché sans lui laisser le temps de répondre. Et puis de toute façon, qu'aurait-il pu répondre ? Robbie avait peut-être raison. Au début, il avait simplement ressenti de la peine, de l'inquiétude et Thomas avait paru si fragile qu'il avait voulu le protéger. Cette fragilité si familière lui avait rappelé celle de sa mère, trop longtemps enfermé dans un rôle qui l'avait conduit à sa perte. 
Mais maintenant, était-ce toujours pour la même raison ? Toute cette inquiétude concernant Grégory était-elle de la jalousie pure et dure ? Il soupira, se traitant d'abruti à voix haute. 
Ce n'était pas ce qui était prévu, comment pourrait-il s'attacher autant à quelqu'un qui lui avait rappelé sa mère ? Il grimaça puis secoua la tête. Seul leur mal être les rapprochait, certes, mais comment avait-il pu se laisser aller à ce point ? 
Il fut sorti de ses pensées par un message sur son téléphone.

"Message de Thomas : 
Bonsoir Damien 
Souhaites-tu toujours que l'on se voit demain après-midi ?"

Il resta quelques minutes à fixer le message, l'air pensif, les bras tendus au dessus de lui. 
Il n'y avait qu'une chose à faire pour en être sûr, après tout.

"Réponse pour Thomas :
Oui, je t'attendrais devant chez toi vers 14h. Ne prends rien pour l'exposé."

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⏰ Dernière mise à jour : Mar 06, 2025 ⏰

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Rano Pano [Terraink]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant