❥ I want you to know, that I love you

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La fête touchait à sa fin, l'air chargé des relents d'alcool, de rires feutrés, et d'une musique étouffée qui résonnait encore dans la pièce. Charles n'arrivait pas à détacher son regard de Max. Le monde autour d'eux était devenu flou, comme si les visages, les éclats de voix, les ombres des invités s'effaçaient peu à peu. Max, en revanche, restait d'une netteté douloureuse. C'était comme si tout s'était réduit à lui.

Ils avaient échangé des regards toute la soirée, d'abord furtifs, puis plus appuyés comme à chaque fois qu'ils se voyaient. Le jeu s'était installé, silencieux, avec cette tension familière qui semblait se tendre à chaque mot, chaque sourire un peu trop long. Charles sentait les effets de l'alcool lui monter à la tête, mais cette chaleur qu'il ressentait, il savait qu'elle ne venait pas seulement des verres partagés.

Max s'était peu à peu rapproché, réduisant la distance entre eux, leurs paroles deviennent des murmures. À chaque rire, leurs mains s'effleurent, à chaque mouvement, leurs jambes se frôlent. La tension était là, palpable, comme une corde tirée à son maximum, prête à rompre.

Et puis, sans même comprendre comment, Charles s'était retrouvé devant la porte de la chambre de Max, puis à l'intérieur. Ils étaient enfin seuls, entourés du silence de la nuit, coupés du reste du monde.

Le premier baiser arriva avec une hésitation presque timide, une pudeur rare pour eux, comme s'ils savaient tous les deux que cet instant marquerait un tournant. Puis la retenue s'était envolée, emportée par une vague de désir qu'ils ne contrôlent plus. Leurs lèvres se cherchaient, se retrouvaient avec une urgence qui traduisait des mois de sentiments tus, d'émotions enfouies, de regards retenus.

Ils s'étaient perdus l'un dans l'autre, leurs barrières s'effondraient au fil des caresses, des baisers et des soupirs étouffés. Charles sentit les doigts de Max parcourir sa peau avec une douceur inattendue, comme s'il prenait soin de chaque geste, s'imprégnant de chaque sensation. Cette nuit-là, ils s'étaient abandonnés complètement, laissant derrière eux la peur, le doute, et la raison. Ils s'étaient trouvés, dans cette chambre plongée dans l'obscurité, plus vrais et plus vulnérables que jamais.

Et en cet instant, il n'y avait qu'eux qui comptait.

La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, illuminant la chambre d'une lueur douce et dorée. Charles se réveilla en sursaut, le cœur battant, comme si l'ombre de la nuit précédente le suivait encore. Il se tourna lentement vers Max, allongé contre lui, toujours profondément endormi. La tranquillité de sa respiration semblait décalée avec la tourmente qui bouillonnait en lui. Et les souvenirs de leur nuit lui reviennent en tête, nuit qui avait été l'une des meilleures de sa vie.

Il se leva doucement, sans faire de bruit, comme s'il avait peur de réveiller quelque chose de fragile, d'irrémédiable. Max n'avait aucune idée de ce qui venait de se passer dans la tête de Charles, de l'effervescence de ses pensées, du poids du choix qui se dressait devant lui. Il s'éloigna lentement du lit, s'habillant rapidement, les gestes mécaniques, automatiques, comme pour retarder l'inévitable. Chaque mouvement semblait plus lourd que le précédent. Mais l'image de Ferrari, la pression des attentes, son avenir tout tracé... tout cela revenait en force, comme un tsunami qu'il ne pouvait éviter.

Il s'arrêta un instant devant le miroir, son reflet flou, distordu par ses pensées. Il était coincé. Entre ce qu'il ressentait pour Max et ce qu'il pensait devoir être. Ses mains tremblaient légèrement. Le regard dans le miroir n'était pas celui de l'homme qu'il croyait être. Il n'était pas prêt à tout ça. Pas maintenant, pas avec la carrière qu'il avait construite.

Il tourna la tête, cherchant Max dans la pièce. Il n'était qu'à quelques pas, mais tout semblait trop lointain. Un soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il franchissait la porte. Le bruit de ses pas résonnait dans le silence de l'appartement, comme une dernière cloche annonçant une fin.

Recueil OS F1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant