Chapitre 16

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Ma crise s'est terminée sur une balançoire. Je ne sais pas où je suis. Je me balance doucement. La nuit commence à tomber. Les enfants du quartier commence à rentrer chez eux. Je me retrouve très vite seul. Que puis-je faire d'autre ? Je n'ai nul part où aller. J'aurais voulu retrouver Eric, mais je n'ai pris aucune de mes affaires en partant. Je suis presque sûr que j'ai laissé mon téléphone dans mon sac. En tout cas, je n'ai rien sur moi. Il n'y a que moi.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Je fixe mes pieds. Il me pousse doucement vers l'avant puis vers l'arrière comme pour me bercer. Cela fait un moment que j'ai arrêté de pleurer. Je me suis forcé à arrêter quand une petite fille s'est approchée de moi. Elle m'a tendu un fleur. Je l'ai prise d'une main tremblante. C'était une petite marguerite un peu écrasé. Elle m'a sourit de toutes ses dents. Enfin celles qui lui restaient. Elle est reparti aussi vite qu'elle n'est arrivé. Je l'ai gardée dans mes mains depuis ce moment. Quand je ressens le besoin de pleurer, je me contente de regarder la fleur dans ma main.

Mon regard se fixe ensuite vers le ciel. Il est rose et commence à devenir de plus en plus foncé. J'entends les bruits de la ville autour de moi. Les voitures circulent sans s'arrêter. J'entends les gens parler alors qu'ils passent devant le parc. Ils ne me jettent même pas un regard. C'est comme si je n'existe pas. J'aimerais vraiment pouvoir disparaitre de la vue de tous.

— Hyunjin !

Je relève la tête surpris. Les personnes dans la rue font de même. Je regarde autour de moi. Je ne m'attendais pas à entendre mon nom être crié si soudainement dans un endroit que je ne connais pas. Je me retourne pour voir Changbin à l'autre bout du parc.

— Changbin ?

Je frissonne légèrement en le voyant. Qu'est ce qu'il peut bien faire là ? Je ne me lève pas pour autant. Je n'en ai même pas le temps. Changbin cours rapidement dans ma direction. Il s'arrête devant moi. Il s'appui contre le cadre en bois de la balançoire pour reprendre son souffle. Il est sportif, je me demande bien combien de temps, il a dû courir pour se retrouver dans cet état.

— Tu es allé plus loin que je ne le pensais.

Mes yeux s'écarquillent à la réalisation. Il est parti à ma recherche quand je me suis enfuis. Il se contente de me sourire. Il me désigne la balançoire à côté de la mienne d'un signe de tête. J'hoche la mienne pour lui répondre. Il prends place près de moi.

J'essaye de garder ma respiration calme, mais en réalité, je suis terrifié. Qu'est ce qui a pu pousser Changbin à partir à ma recherche ? Qu'est ce qu'il peut bien penser de moi maintenant ? Est ce que Felix lui à tout raconté ? Je n'arrive à réfléchir à rien d'autre. Mes yeux se posent sur la fleur dans mes mains.

— Est ce que tu as cueilles cette fleur pour moi ? Tu n'aurais pas dû. La plus belle des fleurs est devant moi.

Je ne peux pas retenir le rire qui m'échappe. Changbin a le don pour sortir ce genre de phrase. Je le suspecte d'avoir secrètement une note remplie de phrase de drague sur son téléphone. Mais je dois avouer que sa tentative de m'apaiser marche plutôt bien. Mes épaules de détendent légèrement.

— Non celle-ci est pour moi. Si tu en veux une tu n'as qu'à aller t'en cueillir une. Une petite fille me l'a donné pour me remonter le moral.

— Je n'arrive pas à croire qu'une enfant m'ai devancé de cette manière.

Je me balance sur le côté pour taper contre sa balançoire. Un rire sincère s'échappe de ses lèvres. Je me sens presque obligé de l'imite. Sa présence me fait du bien. Pourtant le poids dans ma poitrine ne disparait pas.

— Tu m'as suivie ?

Il se calme me regardant. Il baisse la tête passant sa main dans ses cheveux. Ils sont légèrement mouillé. On dirait qu'il vient de finir un séance de sport.

The stealerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant