Cinq : Crystal

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Il est parti. Sérieusement? Je n'arrive toujours pas à croire qu'Ethan m'ait menti pour rejoindre Sam. C'est vrai, pourquoi ? Je suis sa petite amie, et on allait coucher ensemble, pourquoi ? Pourquoi est-ce que ce con s'est barré ?

Ça doit bien faire dix minutes que je m'énerve toute seule sur mon lit en songeant à ce qui s'est passé tout à l'heure. Ethan va devoir ramper pour que je lui pardonne ce qu'il m'a fait. Et cette garce...Elle je vais la tuer. Pas au sens propre du terme, non, je vais lui faire subir bien pire. Jusqu'à présent, ce n'était qu'une fille transparente que je n'avais jamais remarquée, et bien vite, je lui ferais regretter ce temps-là. Ce temps où elle n'était rien.

Je songe à la soirée de jeudi et à l'humiliation que je ferais vivre à mademoiselle beaux cheveux. C'est le seul atout qu'elle a en plus de ce visage de petite fille à croquer, de son sourire innocent et de ses bonnes notes. Attend, mais qu'est-ce que je raconte ?

Je me lève en un bond, me rendant compte de ce que je suis en train de dire. Je n'étais pas sérieusement en train d'envisager le fait qu'elle soit belle ? Non, non, non, pas du tout, mais alors là, pas du tout !

Il faut que j'arrête de parler avec moi-même, ça devient inquiétant. Je sors cette fille de mes pensées et envoie un texto à Margot. Normalement, elle est en train de faire son cours particulier. Pas pour avoir de bonnes notes en math, non loin de là. Elle fait seulement ça parce que M. Miller propose des cours à domicile.. Évidemment, quand Margot a su ça, elle a sauté sur l'occasion.

A Margot:

Alors, avec M Miller ? Toujours en train de fantasmer sur lui ?

Je me dis que si elle lit mon texto pendant son cours, il y a de fortes chances pour qu'il lui arrache son portable des mains. Et que par la même occasion, M. Miller voit ce texto. Je ris en songeant à la tête que fera Margot. Mais bon, je suis sûre qu'elle trouvera une nouvelle cible rapidement.   

****

Ce matin, j'ai appelé Ethan pour qu'il ne passe pas me prendre. Ce connard n'a même pas insisté ! J'espère juste qu'il se rendra compte que je lui en veux, et c'est pour ça que j'ai décidé de prendre mes distances avec lui aujourd'hui. Il a beau vouloir s'occuper de Sam d'un peu trop près ces derniers temps, je sais qu'il reviendra vers moi. Quoi qu'il arrive.

- Crystal, je ne te dis pas assez souvent combien je t'aime !

La voix de Margot me tire brutalement de mes pensées. A ces mots, je la dévisage, les sourcils levés. Qu'est-ce qu'il lui prend ?

- J'ai reçu ton petit texto hier. Bien évidemment, tu te doutes que j'étais encore à mon cours de math non ?

Je fais ressortir ma lèvre inférieure en lui lançant un regard innocent. Non, je ne vois pas du tout de quoi elle parle... Intérieurement, un sourire mesquin se dessine sur mes lèvres.

- Eh bien, M. Miller l'a vu, et... Il m'a sourit ! Tu te rends compte ? Avec ce texto, il a forcément du griller qu'il me plaisait et il m'a sourit ! Ça veut dire que je lui plait forcément !

Ok, quelqu'un doit lui expliquer qu'elle est complètement à côté de la plaque. Par moments, elle est pire qu'Emy et je me demande pourquoi est-ce que ces deux idiotes sont mes meilleures amies. Et puis, ma conscience me rappelle qu'elles sont des cheerleaders, et des populaires. Ce qui fait, que nous allons forcément bien ensembles, tout comme Ethan et moi. Le capitaine de l'équipe de football, et moi, des cheerleaders. A cette pensée, j'esquisse un sourire satisfait, qu'est-ce qui pourrait gâcher cette vie parfaite ?

Comme par hasard, à cet instant, mon regard se pose sur Sam, juste derrière Margot, qui range des livres dans son casier. Non, c'est moi qui vais gâcher la sienne, et la rendre plus misérable qu'elle ne l'est déjà.

- Tu as ton sourire de salope là Crystal, tu as trouvé qui martyriser cette année ?

Margot agite sa main devant moi comme pour me ramener à la réalité. Elle affiche un sourire simplet et cherche des yeux la personne que je suis en train de fixer.

- Oh oui, tu n'as même pas idée.

Je suis des yeux Sam qui s'engouffre dans les toilettes, et la suis. Margot m'appelle, je profite de la sonnerie pour faire comme si je ne l'avais pas entendu.

Quand je pousse la porte, deux filles sont en train de pouffer, appuyées contre le lavabo. Je leur fais signe de sortir en vitesse, étant donné que je ne tiens pas à ce qu'on me voit parler avec Sam, et ces deux idiotes s'exécutent.

Je soupire, et attends patiemment qu'elle sorte des toilettes. Je commence à ronger mes ongles, une habitude que j'ai quand je suis pressée ou nerveuse, mais que j'essaie de contrôler. A cause de ce problème, je suis obligée de mettre des faux ongles, d'ailleurs, depuis, Emy et Margot n'ont pas manqué de me recopier.

Une porte s'ouvre. Je me redresse aussitôt, renvoie une mèche de cheveux en arrière et fixe l'endroit d'où Sam sort. Quand elle me remarque, elle a un petit mouvement de recul.

- Je ne suis pas là pour te foutre la tête dans les chiottes, enfin pas pour le moment, alors détends-toi.

Son regard se fait encore plus réticent, et l'allure qu'elle aborde me donne envie de la secouer. C'est pas possible, on dirait qu'elle n'a pas une once d'assurance.

- Tant mieux alors. Je..je vais y aller.

Elle s'avance rapidement et accélère en peu plus quand elle passe devant moi. Je l'attrape par le bras pour l'arrêter. Je crois que je n'ai pas utilisé une bonne phrase d'approche.

- Attend, il faut que je te parle.

- Moi ?

Ses yeux regardent autour de nous, sa voix monte dans les aigus comme si elle était effrayée. Il faut vraiment qu'elle se calme, elle me ferait presque de la peine.

- Qui d'autre ?

J'essaie de calmer l'agressivité de ma voix, mais quand mon regard croise le sien, ma colère redouble.

- Qu'est-ce que tu me veux dans ce cas ?

Elle fronce les sourcils, ses yeux descendent sur son poignet, et je remarque que je le serre toujours dans ma main. Je la lâche aussitôt, et contre toute attente, la chaleur qui se dégageait de son corps et se propageait dans ma main me laisse un froid. Je chasse cette pensée de mon esprit et décide d'abréger cette conversation.

- Écoute, on est parti du mauvais pied je pense. Jeudi, un ami à moi fait une soirée, et vu que tu t'entends bien avec Ethan, tu pourrais venir.

Il me faut énormément de calme pour prononcer cette phrase. Ethan. est. à. moi.

Les yeux de Sam s'ouvrent en grand, comme si elle était surprise. J'essaie d'esquisser un sourire à son intention, mais rien à faire, mon sourire se transforme rapidement en grimace.

- Et sinon, pourquoi ? Enfin, je veux dire, la vraie raison; c'est quoi ?

Sam me défie du regard, ne croyant visiblement pas un mot de ce que je lui dis. L'assurance soudaine qu'elle a prise me déstabilise. On dirait bien que le chaton sort les griffes. Mais, malheureusement pour elle, elle ne sait pas quelle tigresse elle défie. Je lui souris de toutes mes dents, son petit côté timide commencer à sérieusement m'agacer, mais on dirait bien qu'elle cache une tout autre personne.





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