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[ Paris – Novembre 2010 ]

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[ Paris – Novembre 2010 ]


Aujourd'hui, Noam a quatre ans et pour son anniversaire, j'ai posé un jour de congé. Ce sera du sans solde, tant pis ! Mon fils passe avant tout. Je suis tellement heureuse de l'avoir dans ma vie et tellement fière aussi.

Je me souviens de mon accouchement comme si c'était hier, j'ai perdu les eaux à trois heures du matin puis seule, je me suis rendue à la maternité, en conduisant ma vieille Twingo bleu nuit.

Je me souviens que ça m'avait semblé facile de pousser, j'ai eu mal c'est vrai, mais pas tant que cela. Quelques minutes après Noam est arrivé.

Il était beau mon bébé !

De nombreux sentiments s'étaient mélangés en moi, j'avais surtout eu peur d'échouer. Avec lui, je n'avais plus droit à l'erreur. Étrangement, je me suis sentie forte avec lui dans les bras et surtout, je n'étais plus seule. À l'époque, j'ai eu de la chance de trouver cet appartement dans lequel nous vivons encore aujourd'hui. Il y a une chambre pour Noam, et moi, je dors dans le salon. Ce n'est pas bien grand, mais au moins nous sommes chez nous. Pour nous deux, c'est bien suffisant.

— Maman ! Maman ! On va souffler les bougies ? dit Noam en sortant de sa chambre.

— Tout à l'heure ! Ne sois pas si pressé, je n'ai pas encore terminé.

J'aime voir mon petit garçon de si bonne humeur. Parfois je l'envie d'être si insouciant, rien que pour ça, j'aimerais tellement redevenir une enfant. Je pense à tellement de choses en ce moment. Je cumule trois jobs à la fois mais mon fils est mon moteur. C'est difficile ! Entre mon loyer que je n'arrive plus à payer, les factures qui s'entassent et tout le reste... Je galère.

Je pense que ça fait bien trois ans que je ne me suis pas achetée un seul vêtement. Pas d'argent ! Tout est pour mon fils qui grandit beaucoup trop vite, son père pourrait m'aider mais il agit comme si Noam n'avait jamais existé, il n'a même pas voulu le reconnaître ! Avec tout le fric qu'il a, il pourrait participer... Et puis mince, il n'a qu'à s'étouffer avec.

De toute façon, c'est mieux ainsi, j'élève mon fils comme je l'entends. J'ai croisé le père de mon fils pendant un moment, il continuait à fréquenter le bar dans lequel je travaillais. Paul me regardait trimer avec mon gros ventre en faisant comme s'il ne me voyait pas. Après mon accouchement, j'ai démissionné, je ne voulais plus de cette vie-là. Paul c'est du passé ! J'ai dû tout expliquer au petit le jour où il m'a demandé pourquoi à l'école tout le monde avait un papa sauf lui. Au départ j'esquivais et puis je me suis dit qu'il avait le droit de savoir. Après tout, cela faisait partie de son histoire. Alors avec les mots qu'un enfant de cet âge peut comprendre, je lui ai dit la vérité. Noam a fait preuve d'une grande maturité :

— Tant pis pour lui. N'est-ce pas maman ? Parce que nous deux on s'aime très fort.

— C'est vrai tu as raison. Nous deux on s'aime très fort.

TOUT A COMMENCÉ UN VENDREDI SOIR DE JUILLET [TACUVSDJ]Des histoires addictives. Découvrez maintenant