À vingt-cinq ans, Jeanelle se retrouve seule et sans logement lorsque son petit ami Paul apprend qu'elle est enceinte !
***
Décidément, la vie ne sourit pas à Jeanelle. Alors qu'elle annonce à son petit ami qu'elle est enceinte, ce dernier décide de...
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Le matin qui a suivi, je me suis levée, épuisée et courbaturée. J'ai tout de suite redemandé à Daniel d'ouvrir la porte. Il a mille fois refusé. Je me suis énervée et l'ai menacé de m'en aller sans jamais revenir, s'il ne m'ouvrait pas immédiatement.
Le ton impérieux que j'ai employé l'a fait réagir ipso facto et le verrou de la porte a sauté. Une fois à l'intérieur, j'ai vu Daniel allongé sur son lit. Juste vêtu d'un tee-shirt et d'un caleçon. Il m'a à peine regardée puis s'est recroquevillé, la tête cachée sous son énorme oreiller :
— Daniel ?
— Quoi ?
— Daniel s'il te plaît, regarde-moi, ai-je dit en m'asseyant près de lui.
— Je ne peux pas.
— Mon amour...
— Je... Je voudrais que tu t'en ailles. J'ai trop honte, je ne peux pas !
— Il n'y a pas de honte à avoir, je tiens à te signaler que je n'ai pas changé d'avis ! Je suis toujours la même, ta petite fiancée...
— Mais moi je ne suis pas celui que tu croyais, je suis détestable.
— Ne complique pas les choses, ai-je dit en caressant lentement sa tête. Je n'ai pas changé d'avis, et toi, tu n'es pas détestable pour un sou.
— Je... Je te demande pardon.
— Tu n'as pas à t'excuser Daniel. C'est plutôt à la sadique qui te sert de mère de le faire. Nous, nous devons simplement nous parler.
— De quoi veux-tu qu'on parle Jeanelle ? De la honte que j'ai ? Du mal-être que je ressens ? De ma culpabilité ?
— Mais Daniel...
— Et surtout ne me dis pas que tu as pitié !
— Mais est-ce que j'ai l'air d'avoir pitié ?
— Jeanelle ! m'avait-il interrompue. Je comprendrais parfaitement que tu souhaites me quitter. Il n'y a pas de problème, vraiment...
— Eh oh ! Je peux en placer une oui ?
Il ne m'écoutait même pas, continuant comme un moulin à paroles. Clairement, mon fiancé me saoulait.
— Mère a peut-être raison... Avec moi tu n'auras pas d'enfant et je sais que tu aimerais bien en avoir d'autres, et puis peut-être que je vais mourir...
— Mais pourquoi parles-tu toujours à ma place ? C'est pénible à la fin ! Je t'ai déjà demandé d'arrêter de faire les réponses et les questions.
— Je sais... Je ne suis pas un cadeau, avait-il achevé tristement.
— Ça c'est bien vrai, tu es plus têtu qu'une mule !
— J'ai essayé de te le dire, tu sais... Je ne voulais pas te le cacher !
— Mais...
— Non attends, laisse-moi finir. J'attendais simplement le résultat de certains tests. Je n'ai jamais eu le courage de les faire. Je ne voulais pas savoir. Mais pour toi...