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[ Sceaux – Août 2011 ]

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[ Sceaux – Août 2011 ]

13h00 - Nous pique-niquons au parc de Sceaux, avec Leïla et Mme El Kédouchi. Noam et Lina jouent ensemble au ballon, ils sont heureux de se retrouver. De mon côté, je suis toujours au chômage, mais je continue mes recherches assidûment. En même temps, ça ne fait qu'une quinzaine de jours que j'ai officialisé ma démission. Monsieur n'a toujours pas envoyé mon chèque. J'attends la fin du mois, si je ne l'ai pas je le lui réclamerai. Mais pour l'instant, tout va bien, je profite de ma nouvelle vie.

17h00 - Fin de la récréation, Noam repart avec Mme El Kédouchi, il ne veut plus la quitter, elle lui a trop manqué. Personnellement ça m'arrange, comme ça demain je pourrai me lever tôt, pour aller voir s'il y a du travail pour moi à l'agence d'intérim.

18h15 - J'arrive chez moi, je prends une bonne douche pour me rafraîchir. Il a fait une chaleur intense cet après-midi. Une fois séchée, j'enfile un legging et un tee-shirt. Une odeur âcre me pique le nez. Subitement, une fumée grise, presque noire, envahit mon appartement.

Ça ne peut pas être vrai !

Je réalise qu'il doit y avoir le feu quelque part. J'entends des gens hurler dans les couloirs de l'immeuble. Par réflexe, je sauve tout ce que je peux avant de m'en aller... carnet de santé, mon sac à main, l'album de photo de Noam et mon portable. J'enfile mes baskets, et je tente de sortir par les escaliers seulement, je n'y vois rien.

Tout est noir de fumée, un nuage opaque m'empêche de progresser, je commence à suffoquer. Heureusement pour moi, je tombe nez à nez avec un pompier. Ce dernier me fait descendre à une vitesse record et très vite, je me retrouve à l'extérieur avec d'autres habitants. Je me sens vraiment mal, mes yeux sont rouges et ma gorge est irritée. Je me mets à tousser et à vomir abondamment.

Deux autres pompiers me prennent en charge, ils m'emballent dans une couverture en aluminium. Ils me questionnent, puis me posent un masque à oxygène sur le visage. Petit à petit, je retrouve mon souffle, et modestement, mon vertige disparaît.

Au bout de quelques minutes, je vais déjà mieux et j'observe ce spectacle accablant. Les flammes sont très hautes et lèchent les vitres de l'immeuble qui explosent les unes après les autres, dans un gigantesque tintamarre. Certains des résidents sont encore prisonniers des flammes, tandis que les soldats du feu font le nécessaire pour qu'ils sortent tous indemnes.

Apparemment, l'incendie vient d'un étage supérieur. C'est ce que je viens d'entendre dans le talkie-walkie d'un des pompiers. Je me dis que j'ai eu de la chance d'habiter au premier étage, au moins j'ai pu sortir sans trop d'encombres. Je n'ai eu droit qu'aux fumées toxiques, alors que d'autres sont grièvement blessés ou même brûlés !

Une chance que mon fils n'ait pas été avec moi, j'aurais certainement perdu mon sang froid... Rien que d'y penser, j'ai des palpitations ! Les pompiers font ce qu'ils peuvent, mais la situation reste compliquée. Les sirènes des ambulances retentissent pendant que la valse des chaînes de télévision débute dans un brouhaha important.

TOUT A COMMENCÉ UN VENDREDI SOIR DE JUILLET [TACUVSDJ]Des histoires addictives. Découvrez maintenant