13. Les fantômes du passé.

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Le silence, qu'est-ce que c'est que le silence selon vous ?

Je pourrai vous définir ce mot selon moi : Le silence quand vous vous trouvez sur la tombe des personnes que vous avez aimé et condamné, le silence de votre famille face à votre détresse et votre propre silence face à cela.

J'ignore pourquoi je pense à cela maintenant en regardant leurs tombes de marbre. Je me pose toujours les mêmes questions : Comment sont-ils à l'intérieur des cercueils ? Beaux et innocents ou tout simplement poussière ? La seule chose que je sais, c'est où se trouve leur âme en ce moment. En Enfer. Tout cela est de ma faute. Personne ne peut me dire le contraire et encore moins Clara.

Je regarde les roses blanches que j'ai en main rougies par mon propre sang. Je desserre mes doigts des fleurs pour les faire tomber sur leurs tombes, mes larmes coulent sur mon visage comme à chaque fois que je lis leurs noms et leurs dates de mort. Leurs vies raccourcient par mon égoïsme, par ma lâcheté, par tout ce qui fait de moi cet être détestable, haïssable. C'est moi qui devrais t'être là. C'est moi qui devrais t'être morte. J'aurais dû mourir pour les sauver de moi, de Lui.

Un bruit me fait sursauter, je me retourne et mes yeux s'allument de colère vers ce vieillard qui me regarde avec crainte et avec dégoût.

« - Leïla, tu sais que c'est une terre sainte ici et que tu ne devrais pas être ici.

- Je sais où je me trouve Mon Père, je n'ai pas besoin de vous pour me le faire savoir.

- Tu es en train de salir ces terres sacrés par tes pêchés.

- C'est un cimetière, Mon Père. Un lieu qui m'est destiné. Un lieu de ténèbres, non. ?

- Ne joue pas avec ces mots ici ! (Je me rapproche de lui en ne le quittant pas des yeux. Il recule effrayer.)

- Vous savez, Mon Père, Je crois que c'est vous qui n'avez pas votre place dans ce lieu. (Il se signe) Je crois que vous confondez vos pêchés et les miens.

- Je n'ai commis aucun pêchés par rapport à vous qui avez commis le pire des pêchés.

- Je crois que je vous rappelle le fait que vous avez été attiré par l'argent au lieu de suivre la voie de Dieu et d'aider les gens qui en avaient besoin. Vous avez peur. Vous avez peur de ma famille et de Lui en particulier. Est-ce que votre vie est plus importante que celle d'un enfant ou d'une femme innocente ? Vous et vous seul, vous m'avez condamné à subir le plus grand des pêchés que vous m'accusez.

- Tu mens ! Tu es possédée par le Diable en personne, tu as tués ces gens et tu as poussé ta propre mère à commettre un pêché.

- Je mens, Mon père ? Moi ? Est-ce que vous souffrez d'Alzheimer ? Dois-je tout vous rappeler ?

- Je t'ai aidé, j'ai fait tout mon possible pour te ramener sur la voie du seigneur. Mais, Satan a été plus fort que moi et tu l'as écouté à ma place.

- Vous délirez ! »

Il me fixe choquer par mes mots, choquer que j'ose me rebeller contre ses mensonges. Je connais la vérité. Oh que oui, je la connais ! Il m'a fallu du temps pour comprendre que ce qu'Il me faisait, je n'en étais pas vraiment responsable. Je l'avais conduit à la folie sans le vouloir mais est-ce que c'est le Diable ou Dieu qui nous a conduits à Ca ?

Flashback : 12 ans auparavant

Dimanche. J'ai toujours détesté les dimanches. Il faut se lever tôt, bien s'habiller et s'ennuyer pendant 2 heures assis sur une chaise pendant que le prêtre parle avec des mots que j'ai arrêté d'essayer de comprendre. Mais, aujourd'hui, c'est différent. A vrai dire, tout est différent. J'ai arrêté de sourire, de rire, de jouer, de vivre depuis Ca.

Le danger de l'amour ou "Qui dit amour, dit souffrance !" [réécriture]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant