Je n'arrête pas de penser à ce que Lilia m'a dit, cela en devient quasi obsessionnel. Je ne peux pas oublier la détresse qu'elle avait en ce moment-là, cette peur et cette envie qu'elle avait que je la juge. Oui, c'est cela que je la juge, que je sois son bourreau. Comment est-ce que je pourrai la juger ? Comment est-ce que je pourrai la condamner ? Elle n'est pas coupable, elle est une victime car elle aussi, d'une certaine manière, elle est morte ce jour-là. J'entends encore sa voix tremblante et si fragile dans ma tête, j'imagine ce qu'elle a vécu et j'en fais des cauchemars. Je n'ose même pas imaginer ce que cela doit être pour elle d'y repenser sans cesse car je sais que c'est ce qu'elle fait sans arrêt, elle se crucifie pour un crime qu'elle n'a pas commis. J'aimerai tant pouvoir lui faire comprendre qu'elle n'est pas responsable de la mort de son fils, qu'elle n'aurait rien pu faire face à la cruauté d'un homme et qu'elle a fait tout son possible pour sauver Gabriel mais comme vous le savez, c'est difficile pour une victime de se reconnaître en tant que telle et puis, j'ignore ce que ce Markos a pu lui dire pour lui faire mettre son propre meurtre sur le dos. Juste à prononcer son prénom et j'en ai la chair de poule : « Il utilisait Nathan pour me tenir, je savais que si je ne l'obéissais pas, il lui ferait du mal qu'il soit son père ou pas, cela ne changeait rien pour lui. Il n'a aucune fibre paternelle, je peux te l'assurer. ». Je comprends mieux ses moments d'absences et de douleurs qu'elle a toujours lorsqu'elle pense qu'elle est seule. Oh mon dieu, s'il a été capable de faire cela à son propre fils jusqu'où a été sa cruauté envers Lilia ? Qu'est-ce qu'il lui a fait subir ? Je n'ai jamais eu à faire à une telle situation, on n'a bon savoir que les Hommes ne sont pas tous des anges, on est toujours horrifié face à des personnes comme Markos.
Je la regarde, elle est allongée dans son lit plongée certainement dans des obscures pensées mais au moins, elle est enfin réveillée et lucide, et cela me rassure un peu.
Lilia semble ressentir mon regard sur elle, elle se redresse et elle évite mon regard. J'essaie d'esquisser un sourire réconfortant et je m'assois sur son lit en déposant le plateau de nourriture que j'ai amené.
« - Je t'ai apportée de quoi manger.
- Je n'ai pas faim.
- Lilia, il faut que tu reprennes des forces.
- Je viens de te dire que je n'ai pas faim !
- Je t'en prie, mange un peu. Fais-le pour moi, s'il te plait. »
Elle finit par manger tout le plateau, ensuite, on reste un long moment dans un long silence pénible. Le fait qu'elle ne me regarde pas, me rend nerveuse et je pressens déjà qu'elle va être sur la défensive. Bon, ça y est, je suis prête à passer à l'attaque en douceur mais... .
« - Pourquoi est-ce que tu es encore là, Clara ?
- Je ne vois pas pourquoi je devrais partir.
- On n'est pas mariée, tu n'es donc pas forcée de rester.
- Je ne me force pas. (Ses yeux icebergs croisent enfin mes yeux verts mais là, j'avoue que je préférais quand elle ne me regardait pas.)
- Je te fais à ce point pitié que cela ? Tu as peut-être peur de me faire souffrir, c'est cela ? Tu crois que toi, tu peux me faire souffrir ? Non, plus personne ne le peut. Pars, Clara ! Je veux que tu partes, que tu m'oublies ! »
Je reste là un moment à la regarder sans vraiment le faire mais je ne dis rien car je savais qu'elle aurait ce type de réaction.
Lilia se lève et elle se dirige vers la porte mais je l'attrape par les poignets et je la force à me regarder.
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Le danger de l'amour ou "Qui dit amour, dit souffrance !" [réécriture]
RomanceOn croit toujours qu'aimer rime avec Roméo & Juliette... L'amour peut prendre différente forme. C'est ce que Clara va découvrir durant sa rentrée universitaire. Certain passage peut heurter la sensibilité. Cet ouvrage ne prétend pas exprimer des ém...