Partie 1 : Chapitre I

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« Il n'y a pas de MAIS dans cette maison, jeune fille ! Me suis-je bien fait comprendre ?!  hurlait Madame Avery sur sa fille
- Écoute mère, c'est elle et moi qui régnons lorsque Père est de sortie » continuait son frère

Inaya acquiesça, et fit ses excuses à sa mère et à son frère, puis prit congés pour se rendre dans sa chambre. Là, elle prononça le mot Silencio. Seul une fois ce sort lancé elle pouvait exprimer toute sa rage envers sa famille, sans que personne ne puisse l'entendre.

« MAIS POUR QUI TE PRENDS-TU ?? TU N'AS QUE QUELQUES MINUTES DE PLUS QUE MOI. C'EST PARCE QUE TU ES UN HOMME QUE TU TE CROIS SUPÉRIEUR À MOI ?? »

Autour de la jeune fille, les tableaux accrochés aux murs tremblaient, et quelques fissures venaient s'ajouter à celles déjà présentes sur son mur d'un bleu-vert apaisant, tout le contraire de l'état d'esprit de la jeune fille.

Aujourd'hui, elle s'était encore amusée à faire pousser des roses blanches dans sa chambre, ainsi que donner la vie à ses affaires inanimées qu'elle aimait tant, comme ses livres, son porte plume en cerisier ainsi que les photos d'inconnus découpées dans les journaux de son père. Ça l'amusait bien, de pouvoir danser, virevolter avec les pages de ces histoires merveilleuses qu'elle lisait tous les soirs, de pouvoir sentir l'odeur des ces fleurs interdites par mère, à cause de  l'allergie de son jumeau Aymeric. Mais qu'est-ce qu'elle y pouvait, elle, si son pauvre frère ne pouvait pas caresser,  ou juste effleurer les pétales si blanches et douces de la pureté, et ne supportait pas l'odeur de cette libre et éphémère plante ?

Pour elle, les roses la représentait si bien. Belle, douce, et pourtant elle vous piquera si vous vous en approchez trop.

Sa crise étant passée, Inaya décida d'écrire dans son journal, l'une des seules choses à qui elle pouvait se confier.

« Je veux seulement être libre de faire ce que je veux... Je n'en peux plus de ces « Fais pas ci, fais pas ça » de père et mère. Même Aymeric s'y met lui aussi, alors que nous étions si proches lui et moi. Mais depuis quelque temps, il suit mère partout, même dans ses réunions. Oui, c'est depuis ce jour que nous nous sommes éloignés. Heureusement, père n'est pas si dur qu'eux avec moi. Je suis sûre que lui aussi à un jour rêvé d'être libre, comme moi »

Soudain, la porte de sa chambre grinça. Elle se dépêcha de faire disparaître ses écrits, et se retourna.

« Comment peux-tu oser usurper le nom d'Avery, être une véritable sang-pure si tu te comportes de cette façon ?
-Sors de ma chambre maintenant Aymeric, ou je recommence mes folies botaniques. De plus, vos histoire de sang-pur ne m'intéressent aucunement.
-Aah, ma pauvre sœur, je rirai bien, une fois que tu seras mariée à un des enfants des amis de mère. Tu sera très heureuse, et absolument libre, comme tu l'aimes » dit-il, un air sarcastique  et son visage affublé d'un immense grand sourire machiavélique.
« SORS ! » gronda Inaya l'expulsant de sa chambre d'un coup de baguette.
« Quand mère apprendra ça ! ... »

Elle n'écouta pas la suite, les mots de son jumeau étant toujours les mêmes.

À 12 ans, elle savait déjà que sa mère avait commencé sa chasse au futur époux potentiel, mais savait tout aussi bien que jamais elle se plairait à ce mariage arrangé, même si cela devrait dire être reniée de sa famille  à jamais.

Sonorus libertatemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant