Chapitre XI

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L'ambiance était froide. Cela faisait plusieurs minutes que les deux élèves se faisaient face, et d'aucuns la parole avait été prise. On pouvait entendre le murmure et secrets des centaines d'objets empilés depuis tant d'année, tant de générations de jeunes sorciers et sorcières.

C'est Sirius qui brisa ce silence.

« Oui ?

- Pourquoi ?

- Tu m'as demandé de venir, je suis là.

- Non. Tu sais très bien que ce n'est pas ça dont je parle. Pourquoi es-tu intervenu ? J'aurai pu très bien m'en sortir seule. Rabastan est fort, mais idiot, il n'aurait jamais rien fait. Un coup de baguette et il se serait enfui face à moi.

- Arrête ! Arrête avec tes conneries. Tu sais très bien que c'est faux. Tu es brillante oui, ta magie est forte, mais tu ne l'es pas. Pas tant que tu le laisse croire. Tu crois que Rabastant t'aurait laissé ? Mais ma pauvre fille, jamais il ne t'aurait lâché, les Lestranges et les Blacks sont proches tu sais, nos parents parlent, et leurs enfants tout autant. Crois moi, je sais ce qu'il avait prévu, tu ne t'en serais jamais sorti.

- Tu ne me connais pas, tu ne me parle jamais, tu ne sais pas ce dont je suis capable. Et si tu savais ce qu'il prévoyait, tu aurais pu seulement me prévenir. Mais tu aime trop ce sentiment d'héroïsme, tu aime savoir que tu sauve la mise des gens, que c'est toi, toi, toi et toi qui mérite les applaudissements. Mais les flatteries et la peur ne font pas tout, Black. Je n'ai pas besoin de ceux là pour m'en sortir, et toi tu ne vis que pour ça : la rançon du succès.

- Mais qu'est-ce que tu raconte ?? Tu pense vraiment que c'est pour ça que j'ai intervenu ? Juste pour attirer l'attention ?

- Pour quelles autres raisons tu aurais fait ça ?

- POUR TOI, INAYA ! POUR TOI MERDE ! »

On n'entendait plus un mot. La réponse de Sirius résonnait encore dans la tête d'Inaya, et dans la salle sur demande. Les secrets que ces murs renferment s'étaient tus à leur tour.

Pour toi.

Jamais personne n'avait rien fait pour elle. Enfin, pas pour son bonheur personnel.

Seul son père, maintenant parti, aurait pu un jour prétendre faire quelque chose pour son bonheur. Mais Inaya s'était habitué à être indépendante, seule gérante de sa joie.

" Je pense ce que je t'ai dit, ... enfin hurlé. Tu es une sorcière brillante, tu es doué et je pense vouée à un avenir grandiose. Et tu ne mérite pas cette vie. Tu ne mérite ce frère idiot, qui lèche les pieds de votre mère ignoble.

Tu as 17 ans dans moins d'un an, Inaya. Une fois sortis de Poudlard, je vais partir, très loin. James et Lily vont faire leur vies de leur côté. Rémus va continue ses études, il est très doué lui aussi, mais... il a quelques soucis personnel, et je ne peux pas l'emmener avec moi. Quant à Peter, je pense que tu sais très bien ce que je pense de lui. Je ne lui fais pas confiance. Mais toi, tu ne vas pas supporter cette vie de femme au foyer, de bonne petite Lestrange, je me trompe ?

Alors fuis. Ose fuir avec moi.

- Fuir avec toi ? Mais qu'est-ce que tu me raconte. Nous ne sommes pas amis, Black. On ne se parle pas. Le seul point que nous avons en commun, c'est notre lignée. Nous sommes tous les deux des sangs-purs. Tu es d'ailleurs sûrement voué à un mariage arrangé toi aussi.

- Ca fait bien longtemps que j'ai quitté ma famille. Ma mère m'a déjà supprimé de leur arbre familial. Je n'existe plus à leurs yeux, et je ne me suis jamais aussi bien senti que depuis que je suis chez les Potter.

Je sais ce que tu ressens. Tu as besoin de liberté, non ?

- Je...

- Tu sais, toi et moi sommes bien plus similaires que ce que tu ne crois. Et oui, mon mauvais caractère et ta manie à t'énerver au moindre coup de feu n'aident pas. Mais je pense pouvoir t'aider. Pour aider un ami, j'ai découvert une nouvelle magie, et depuis, liberté est mon maître mot. Si tu souhaite connaître mon secret, rejoins-moi ce soir, près du saule cogneur. Libre à toi de ne pas venir. »

Inaya n'avait jamais entendu Sirius parler de cette façon. Elle n'avait pas l'impression de voir ce jeune homme vaniteux et charmeur devant elle, mais une toute autre personne. Elle avait l'impression que cet homme qui se tenait devant elle pouvait l comprendre. Et pourtant elle avait le sentiment de ne plus du tout le connaître. Ou bien l'avait-elle un jour vraiment connu ?

Il se tourna, commença à s'avancer vers la sortie de la salle, quand il s'arrêta subitement et lui lançât :

« D'ailleurs, j'espère que ton cadeau t'a plus et ne t'a pas trop posé de soucis.

- Le loup argenté ? C'est toi ?

- Un loup ? Non, Inaya, et moi qui pensait que tu étais intelligente, jeune fille. dit-il d'un ton moqueur.

Reprends donc ton livre sur les bêtes fantastiques, je pense que tu as confondu. » et tourna les talons.

Inaya se retrouva à nouveau seule dans cette pièce immense.

Pendant un instant, un semblant de sourire réchauffa ses joues. Mais très vite, elle se reprit en main et effaça ce court et doux signe de joie.

Elle sortie à son tour de la salle sur demande, vérifiant que personne ne pouvait la voir. A gauche, personne. A droite, personne. Tout va bien.

En retournant la tête, Inaya se retrouva face à face avec Aymeric.

Son cœur se suspendu pendant une seconde. Pétrifiée. Elle ne s'attendait à personne, et encore moins à son idiot de frère.

La jeune fille se ressaisit très vite.

« Qu'est-ce que tu fais là, cracmol ? lui dit-elle, sur un ton des plus détendus. Enfin, qui pouvait paraitre.

- Maman ne sera pas contente, sœurette, de savoir que tu sèche les cours. D'autant plus pour fréquenter une ordure comme ce traite de Black.

- Dégage de là, Aymeric, je ne vois pas de quoi tu parle. Et pour les cours, si tu es ici à m'en parler, c'est que tu n'y es pas non plus.

- Profite donc de cet élan de liberté, c'est bien la dernière fois que tu en auras un. Crois-moi, quand maman......

- Je me fiche de ta mère. »

Rabastan apparut soudainement de derrière Aymeric. De plus en plus grand, l'ombre du jeune homme pesait de sa lourdeur et sa grandeur sur les épaules de la jeune femme.

« Quand mes parents, chère femme, découvrons ta piètre attitude, tu seras très vite remise dans le droit chemin, crois moi. Je pense qu'ils en ont vu des biens plus durs que toi, toi tu es vide. Tu n'es qu'un semblant de rébellion, tu joue. Mais sache que les Lestranges ne jouent pas longtemps. Et nous jouent pour gagner. Tu pense que la perte de ton père t'a fait mal. Attends connaître le châtiment que nous réservons aux chiennent dans ton genre.

Tu vas ramper, Inaya, tu vas me supplier de te prendre pour épouse, quand ton petit monde va être mis à découvert. »

Inaya, bien décidée à se prouver qu'elle est capable de se défendre, lui cracha au visage.

La lourde main de Rabastan se leva devant elle, prêt à s'écraser sur sa joue.

« STUPEFIX ! »

Le corps rigide et immobile de Rabastan tomba raide sur le sol.

Inaya s'enfuit, laissant derrière elle son frère hurlant les injures les plus horribles qu'il puisse connaître, et son espoir dernière espoir de tranquillité.


Sonorus libertatemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant