Lorsque Léane se réveille en clignotant des yeux sous la forte lumière qui baigne son corps, elle se trouve dans une chambre d'hôpital. A côté, sa mère et Maëva discutent à voix basse. Elle se redresse sur un coude et se tourne vers elles.
― Mon poussin, ne me fais plus jamais une chose pareille !
Non, ce n'est pas la mère de Léane, Christa, qui s'exprime mais bien Maëva, qui a croisé les bras sur sa poitrine. « Mon poussin »... Il y avait bien longtemps qu'elle ne l'a pas appelée de la sorte. Avec les derniers évènements, elles se sont un peu éloignées. Léane affiche un petit sourire à retrouver cette petite marque d'affection, puis lève les mains :
― Promis, ça ne risque pas d'arriver de nouveau.
Maëva hoche la tête d'un air peu convaincu, la mère de Léane prend la parole :
― J'espère bien ! s'exclame-t-elle.
Son père n'est pas présent, il a sûrement dû être retenu au bureau, ou bien il est sur la route du retour.
― D'ailleurs, je peux savoir ce qu'il s'est passé ?
― Je me suis levée trop vite, je me suis pris le coin de la fenêtre dans l'arcade.
― Et deux de tes côtes se sont cassées naturellement j'imagine ?
― Quoi ?
Léane se redresse vivement et ressent un pincement dans sa poitrine. Elle se laisse retomber sur le matelas. Maëva lui lance un regard désolé : pour le coup, elle ne peut pas lui sauver la mise.
― Alors ? J'attends.
Léane soupire et se résigne. Elle grimace rien qu'en pensant à la réaction de sa mère.
― J'ai eu une petite... accroche avec un type.
― Dis-moi son nom, on va déposer plainte.
― Quoi ? Maman ! Tu ne sais même pas le fond de l'histoire... C'est moi qui l'ai poussé à bout. J'assume les conséquences.
― Pousser quelqu'un à bout ne justifie pas de l'envoyer à l'hôpital. Je ne tiendrais pas cette discussion s'il s'était limité à un seul coup ; Dieu seul sait ce que tu as bien pu lui dire, mais là... Chérie, il faut qu'on fasse quelque chose.
― Je t'assure qu'il ne recommencera pas, parce que moi non plus. Fais-moi confiance...
Christa lève les yeux au plafond, quitte sa chaise et fait des allers-retours dans la pièce pour arranger les rideaux, la chaise, la télécommande... Elle ne répond rien mais n'en pense pas moins. L'attitude de Léane l'agace. Comment peut-elle oser prendre la défendre d'un garçon qui vient de lui briser deux côtes en plus de lui avoir ouvert l'arcade ?
Les lèvres pincées, elle se surprend à espérer que sa fille ne soit pas amoureuse de cette brute. Elle ne saurait pas comment réagir si c'était le cas. Lui interdire de le revoir ? Exiger qu'il se dénonce ?
N'importe quoi. Elle secoue la tête, ces pensées ne lui ressemblent pas. Elle a confiance en sa fille, et confiance en la vie qu'elle décide de mener. Si elle défend son camarade, c'est qu'il y a une raison valable à ça, même si elle ne paraît pas évidente. Bien sûr, elle est loin de pardonner pour autant le mal qu'il a fait à sa fille, mais elle se doute qu'elle n'est pas innocente dans cette histoire. Connaissant Léane, elle a très bien pu pousser le garçon dans ses retranchements en ignorant les risques jusqu'à ce qu'il devienne hors de contrôle. Et alors là, avec sa taille peu avantageuse et sa force douteuse, elle n'a pas pu faire grand-chose. Evidemment. Elle soupire, glisse un regard à Maëva.
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Pour elle...
Teen FictionLéane est une adolescente avec la tête bien sur les épaules. Elle n'a pas pour habitude de se laisser marcher dessus, de laisser autrui prendre le pouvoir sur elle. Non, décidément, ce n'est pas son caractère. Pourtant, pour Clarence, elle ferait n'...
