XV

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Tous mes sens étaient en éveil durant ce baiser. Le goût, l'odorat, le toucher. La première sensation était d'abord nos lèvres qui s'effleuraient, qui se cherchaient, qui se frottaient. Nos respirations perdaient le contrôle un peu plus à chaque seconde, ses doigts se glissaient à la naissance de mes cheveux quelques centimètres au dessus de ma nuque. Les frissons prenaient le contrôle de ma peau, un timide gémissement sortie de sa bouche comme le ronronnement d'un chat. Mes mains tenaient fortement ses hanches, j'en voulais plus. Puis ma raison refit surface et je me reculais d'une façon plus brusque que ce que je voulais.

"Je n'aurais pas du faire ça excuse moi"

J'osai lui jeter un coup d'oeil durant sa prise de parole. Elle était clairement mal à l'aise et ne savait plus où se foutre. Moi même je ne savais pas vraiment quoi dire et je décidais de faire la chose que je savais le mieux faire, me renfermer sur moi même.

"C'est rien moi non plus je n'aurais pas du approfondir ce baiser. C'était une erreur et ça n'arrivera plus."

Puis je lui tournais le dos et je repartis en direction du lit de notre chambre. Nous étions en cavale et je n'avais réellement pas le temps pour ce genre de choses, même si je m'avoue avoir apprécié ce baiser et en garder un bon souvenir.

Elle entra dans la pièce quelques secondes après moi et se mit une nouvelle fois face à moi, sa confiance était revenue aussi vite qu'elle était partit. Je pouvais le voir dans ses traits du visage. Elle s'approcha de moi et explosa en chuchotant pour ne pas réveiller le plouc endormit à nos pieds :

"Écoute moi bien abruti ! J'en ai marre de tes changements d'humeur incessant et ta façon de te foutre du monde entier ! Ne me fais pas croire que tu n'as pas voulu de ce baiser ! Tu me l'aurais jamais rendu sinon ! Je sais pas ce qu'il ce passe dans ta vie mais entre ce que tu m'as dis au bar il y a un mois et ton comportement bizarre que je remarque de plus en plus, ta "blague" semble plus que réelle...!"

Je la regardais interloqué par ce qu'elle venait de me dire. Elle était réellement blessé et sans trop savoir la raison je me mis à sourire, ce qui ne fit qu'aggraver mon cas et approfondir ma connerie.

"T'as vraiment un soucis j'abandonne."

J'arrêtais de sourire après avoir entendu la fin de cette phrase et elle le remarqua mais fît comme si elle se fichait de mon nouveau changement d'humeur.

Abandonner, ma mère l'avait fait en première en me laissant seul, puis je l'avais fais à mon tour en abandonnant tout ce qui rendait la vie aussi "vivante". Et depuis quelques jours je me demandais si je n'avais pas fais une erreur en le faisant.

La vérité c'est que je doutais de plus en plus du diagnostic que m'avait donné les médecins quelques années plus tôt. Mon rêve de tout à l'heure ne faisait que confirmer ce à quoi je pensais. Ce rêve qui n'était qu'enfaite un souvenir du passé. J'avais tellement rejeté mes sentiments après que l'on m'ai dit que je n'étais qu'un malade mental. Car oui, la psycopathie est une maladie mentale. On m'avait mit dans une case et jamais personne ne s'était demandé s'il n'y avait pas eu une erreur du médecin ou un traitement suffisamment puissant pour que je puisse me sentir un peu plus comme tout le monde, humain. Le seul traitement qu'on m'avait proposé était ce foutu Xanax, aussi efficace qu'un doliprane pour dormir à force de l'avoir pris. J'avais désormais envie de changer ça, de changer mes habitudes qui s'étaient installées il y a une dizaine d'années. Mais comment ? Je ne savais plus ce qui était bon pour moi où non. Je ne savais pas si changer mes habitudes serait une bonne chose ou au contraire empirerait ma situation qui était à ce stade déjà catastrophique. Je ne savais pas si je devais le faire progressivement ou changer du tout au tout. Je ne savais pas si je devais le faire maintenant ou attendre que tout ce merdier soit fini. Je ne savais pas si j'y arriverai. Je ne savais rien.

Après avoir passé une bonne partie de ma nuit à tourner et retourner encore le problème dans ma tête et après avoir observé Jake et la jolie brune à mes côtés j'avais finis par m'endormir quelques minutes avant la sonnerie de mon réveil. Je soupirai longuement puis j'ouvris un oeil après l'autre lentement avant de me lever et me diriger dans la salle de bain afin de me passer un coup d'eau sur la figure, ce qui me permit de parfaitement me réveiller un peu plus rapidement. Je retournai dans la chambre et je réveillais Jake frénétiquement puis Leila d'une manière plus.. douce ? Je sortis dehors et je fumais lentement ma première cigarette depuis que nous étions partit. Je sentais la nicotine prendre part de mon organisme lentement et je soupirais de soulagement. J'avais besoin de me détendre, si Yovanna avait été ici j'aurai peut-être été moins tendu. Je souriais à la pensée de tout ce qu'elle aurait pu me faire pour me relaxer, tout en continuant d'inspirer la fumée qui détruisait mes poumons jour après jour.

Arrivé à la moitié de ma Lucky Strike la porte de la chambre s'ouvrit sur Leila. Elle s'assit sur l'une des marches qui reliait la porte au pallier et se mit à me regarder discrètement. Quoi que discrètement est vite dit mais je ne préférais pas lui faire remarquer, je sais qu'elle avait un peu mit de sa fierté de côté pour venir vers moi. Je la regardais à mon tour, elle était clairement exténuée des derniers événements qui nous étaient arrivé, des cernes sombres dessinaient ses paupières inférieurs et ses cheveux maintenant naturels étaient emmêlés. Ma clope maintenant terminé je jetais le filtre un peu plus loin et c'est à ce moment là que Leila prit la parole.

"Jake prend une douche. Il m'a dit que ça lui prendrait moins de cinq minutes et-

- Qu'est ce que tu caches Leila ?"

Je n'avais pas réellement réfléchi avant de parler mais sa réponse me torturait l'esprit depuis la veille. Elle me regarda quelques secondes, interdite, avant de détourner son regard du mien. J'avais vu juste, elle nous avait mentit.

"Je ne vois pa-

- Tu sais aussi bien que moi que c'est faux alors arrêtes de-

- Je ne peux pas t'en parler !"

Je l'a regardais à mon tour interdit avant de lui demander pourquoi :

"Je ne te fais pas confiance Justin.

- Tu te fiches de moi ?!" J'étais légèrement vexé de ce qu'elle venait de m'avouer.

"Tu as peur ?"

Sa question me prit au dépourvu mais je voulais être honnête pour un fois et moi-même :

"Oui."

Et c'est après cette confidence que je lui pris la main avant de me lever car Jake venait de sortir dehors à son tour.

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Salut ! Je suis vraiment désolé de tout ce retard j'espère que l'histoire vous plait toujours ×

Que pensez vous de l'évolution de Justin et sa relation avec Leila ? ×



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⏰ Dernière mise à jour : Jan 24, 2017 ⏰

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