Oublie. Ou Pas. (Levi)

3.7K 320 70
                                        

Comme l'avait prédis Mikasa, la porte s'ouvrit sur une belle femme en fauteuil roulant. Visiblement, ce fut une gouvernante qui avait ouvert la porte. La propriétaire de la maison m'examina un instant, puis me sourit.

- Oui ?
- Mikasa... Mikasa m'envoie, en quelque sorte, m'excuser auprès de votre fils.
- Oh Eren ? Il n'était pas bien... Vous y êtes pour quelque chose ? Elle ne semblait pas m'en vouloir, elle était plutôt surprise.
- Il semblerait que oui...
- Hmmm... Puis-je vous demander votre nom ? Qui êtes vous pour Eren ?
- Je m'appelle Levi. Levi Ackerman. Je suis le professeur de patinage d'Eren.
- Très bien. Ma gouvernante va vous montrer le chemin.
- Je vous en remercie...
- Et bien, tant que vous pouvez remonter le morale de mon petit...

Son sourire devint faux, elle pencha sa tête sur le côté, je pouvais lire sa tristesse sur son front. Je n'en fis pas part, et suivis la servante qui m'emmena à l'étage... Au troisième étage... Mon dieu que cette maison est grande ! Il est... vraiment riche enfait....mon appartement de 3 pièces en devient ridicule. J'expirais un bon coup, je ne devais pas en tenir compte. Je n'étais pas là pour admirer la richesse d'Eren, mais me faire pardonner. La jeune femme s'arrêta enfin.

- Je vous laisse ici, voici sa chambre. Il reffuse de déverrouiller. Je ne peux plus rien faire. Je vous laisse le soin de vous en occuper, en espérant que cela soit fructueux... Cette maison contient déjà peu de propriétaires, nous sommes tristes quand un d'entre eux se sent mal, alors bonne chance. Je suis dans le salon au rez de chaussée en cas de nécessité.
- Merci.
- Je vous en pris.

Et elle repartit. Je fus pris d'un excès d'appréhensions qui me rongea le coeur jusqu'à bloquer mes mouvements. Mon poing se posa sur la porte, sans aucun bruit. Je me médisais intérieurement et recommençais. Cette fois, trois coups de poings résonnèrent bien forts contre la porte. Au troisième, je me rendis compte que c'était moi qui causait ce vacarme, alors j'ouvrais ma main et la plaqua contre la porte. Je n'avais pas de supers pouvoirs, et je ne pouvais pas ressentir une présence derrière cette dernière, mais j'étais convaincu que le gamin était réveillé.

- Eren. C'est Levi. Je sais que tu m'écoutes, alors je vais te le dire comme ça. Déjà, il faut que tu saches que je suis désolé pour ce qui s'est passé hier. Néanmoins, je dois te dire que j'étais pleinement conscient de ce que je faisais, et c'est peut être la pire chose. Moralement parlant, je n'ai pas le droit de faire ça, alors je comprends que tu m'en veuilles. J'attendis quelques secondes et je repris. Eren, je te pris de m'ouvrir, j'aimerais m'excuser face à toi. Je te dirais bien d'oublier mon acte et tout ce que cela peut impliquer, mais je sais que tu ne le pourras pas. Et ça me fait mal de me dire que je viens de tout gâcher. Vraiment j'ai envie de devenir encore plus petit qu'une fourmis ! Je plaquais mon front contre la porte. Eren...

J'entendis le bruit sourd d'une serrure, et la porte s'entrouvrit délicatement. Dans les ténèbres de la pièce, la moitié du visage Eren n'était éclairée que de la petite lumière que filtrait la fine ouverture de la porte. Il n'osait pas me regarder et il fixait un point inexistant. Je poussais un peu la porte, il n'opposa aucune résistance et me laissa entrer. Je ne voyais absolument rien et Eren restait à côté de la porte tandis que j'avançais en terre inconnue afin de trouver un siège.

Le gamin referma la porte et se dirigea d'un pas certain vers une petite lumière, qu'il alluma. Je pus m'assoir sur le lit, et le regarder. Il tournait toujours son visage. Ses cheveux assez longs ombraient la partie haute de son visage, il tenait également son bras droit de sa main gauche. Il était gêné. Je ne savais pas non plus quoi dire, à part que je suis désolé, mais j'avais conscience que cela ne suffirait pas. Après un long silence, mes lèvres se mirent à parler d'elles même.

- Je ne recommencerais pas. Je te promets de faire en sorte d'oublier mes... sentiments. Je te promets de te laisser tranquille... Eren, pardonne moi... Vraiment...
- "Je ne veux pas"
- Comment ça ? Tu ne veux pas me pardonner ? Je comprends...
- "Non ! Je ne veux pas.... que tu oublis"
- Mais...
- "J'ai aimé."
- Qu'as-tu aimé ? Mon coeur battait à vive allure.
- "J'ai aimé [...] "

Il avait rapproché ses deux mains, et avait concentré tous ses doigts en un seul endroit, afin de me signer quelque chose, mais je ne connaissais pas ce mot.

- Pardon Eren, je ne comprends pas...

Son visage parut se crisper, je m'en voulais de n'avoir pas compris. Il approcha alors trois doigts à ses lèvres, et les toucha. Mon coeur ratât un battement, j'avais compris. Néanmoins je mentis.

- Qu'essais tu de...

Il ne me laissa pas terminer ma phrase et m'agrippa le col. Comment il avait pu se déplacer si vite ?? Il me regarda dans les yeux, et je fus happé par son regard qui me figea. Puis il s'empara de mes lèvres. Je remarquais qu'il avait du mal à savoir comment faire, alors, sans me soucier du reste du monde, je le pris par la nuque et le guida. Je n'avais pas embrassé tant de personne que ça, juste pour des jeux de la bouteille quand j'étais plus jeune, mais ce n'était pas très difficile. Le baiser dura longtemps, ou peut être quelques secondes, je ne savais le dire. Néanmoins, quand Eren se retira, il m'avait plaqué sur son lit, et s'était assis, jambes écarté, sur mes hanches. Cette position me fit réagir...

- Eren...
- "Levi, je ne veux pas que tu oublis, je ne veux pas non plus oublier. Je ne sais pas ce que j'ai... mais ici... Il désigna son coeur, ça me fait mal."
- J'ai mal aussi à cet endroit, mais j'ai aussi envie de... encore... t'embrasser.

Le brun se raidit, paniqua, puis ferma les yeux. J'avais le feu vert pour venir l'embrasser. Je n'y manquais pas, et me jetais à ses lèvres, mes deux mains sur ses joues, tandis qu'il m'encerclait le cou de ses bras. Ma langue se fraya un chemin dans sa cavité humide, et trouva sa paire. Elles jouèrent ensemble jusqu'à nous couper le souffle. Je me retira le premier, haletant, tout comme Eren. Nous reprîmes notre souffle dans un chaste câlin, et Eren se décala un peu afin de me regarder dans les yeux.

Il me vola un petit baiser avant de me replaquer dans son lit. Puis il me signa un "reste là", et j'obéis. Il alla verrouiller sa porte et pris son portable. Il activa son application de synthèse vocale, et tapa son texte.

- "Je dois vous dire : je suis gay. Alors oui, votre corps m'attire..."

Your Voice - TERMINÉEDes histoires addictives. Découvrez maintenant