Chapitre un.

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Je marche dans les rues, zigzaguant et m'éloignant de mon trajet d'origine. Le printemps est arrivé et les oiseaux commencent à chanter. Le temps est nuageux, mais la température est bonne. Alors que je marche, je remarque à ma droite un petit chemin terreux où deux voitures passeraient sûrement avec difficulté. Ma curiosité me dit de m'y aventurer, mais ma conscience me dit le contraire. Alors que je m'approche pour pénétrer dans le chemin, un grondement de moteur se fait entendre. Je recule de quelques pas et fais mine de continuer mon chemin. Une jaguar rouge décapotable sort du boisé. Je regarde la voiture, qui ma foi est magnifique. Un homme est au volant et lorsqu'il m'aperçoit le relookant, ou plutôt sa voiture, il baisse sa fenêtre en me souriant en coin.

- Puis-je vous aider ? lance-t-il à mon intention. Vous êtes perdue ?

Je remarque que je me suis arrêter sans même regarder celui qui m'as interpellé, alors je le regarde. Des bouclettes ornent parfaitement son crâne, des lunettes teintées sont placés soigneusement sur son visage où seules ses fossettes creusées témoignent de sa beauté. Une de ses mains est posée sur le volant alors que l'autre est accoudée sur le rebord de sa fenêtre baissée. Je tourne sur mes pieds et continue mon chemin, sûrement un autre gosse de riche qui désire faire l'étal de ses biens. Je m'éloigne, essayant de ne pas regarder en sa direction, alors que j'entends le moteur gronder de nouveau. Enfin il part.

Mais mon bonheur est de très courte durée. Sa voiture stoppe de nouveau à mes côtés.

- Hey ! retente-t-il. Tu veux que je te dépose quelque part ?

Le soleil perce maintenant les nuages et je suis obligée de plisser les yeux pour voir où je vais. Alors que je continue de marcher, je regarde de nouveau l'homme dans l'habitacle qui fait avancer sa jaguar à la même vitesse que la mienne, à pied.

- Non merci, si j'ai besoin d'un taxi je vais en appeler un.
- Est-ce que tu sais où tu va au moins ?
- Si, chez moi.
- Et c'est par où chez toi ?
- J'ai pas besoin d'aide, merci.

Je réalise alors que je suis complètement perdue. Je stoppe net, avec le frisé qui suit chacun de mes mouvements à l'intérieur de sa jaguar qui gronde toujours.

- Très belle voiture, complimentais-je.
- Elle serait plus belle avec toi à l'intérieur, embarque, je te dépose chez toi.
- Je ne te connais pas.
- Wilhem, mon nom c'est Wilhem Hilles. Alors tu me dit où tu va, Princesse Anonyme ?
- Je m'appelle Fay, et comme je t'ai dit il y a quelques secondes, je sais parfaitement où je vais.

Je recommence à marcher dans la direction dans laquelle j'ai commencée, espérant que ce soit la bonne.

- T'habite où ? m'interroge-t-il de nouveau.
- Centre-ville, dis-je en abandonnant.
- C'est de l'autre côté, embarque, je t'y emmène.
- Non merci, je suis capable de marcher.
- J'insiste, cela t'évitera au moins une heure de marche.

Une heure ? Je n'ai pourtant pas marché aussi longtemps...

- Et puis merde, chuchotais-je à mon intention.

Je vais côté passager où mon nouvel ami, un peu trop insistant débarre la porte pour que je prenne place à ses côtés. Un parfum léger plane dans l'air, une odeur qui chatouille mes narines d'une douce caresse. Le frisé fait gronder son moteur et fait demi tour sur le chemin.

- Alors Fay, quel coin du centre-ville habites-tu ?
- T'a qu'à me déposer au centre commercial, je vais marcher pour le reste.
- Et si tu te perd encore ? Je ne voudrais pas te voir dans la rubrique disparue du journal. Une aussi jolie fille.

Il me souris, tout en me regardant du coin de l'œil et laissant entrevoir ses fossettes à nouveau. Le trajet ne prend que cinq minutes avant que l'on arrive en ville. Des heures de marche ? La prochaine fois je n'embarquerai pas avec des inconnus, et menteur en plus !

- Alors, je te dépose chez toi ? continue-t-il.
- J'ai mon copain qui m'attend.
- Et j'imagine que ton copain ne serait pas très charmé de te voir arriver à la maison avec un autre mec, c'est ça ? dit-il sur un ton amusé.
- Exacte.
- Et bien, raison de plus pour venir te porter chez toi. J'adorerais lui voir l'expression lorsqu'il te verra arriver avec un beau mec.

Connard.

- Ici, à droite, j'ordonne a son intention.

Il s'exécute et en quelques secondes nous sommes devant chez moi.

- Voilà mademoiselle, vous êtes arrivée, saine et sauve !
-Merci.

Je me précipite hors du véhicule en prononçant ce dernier mot et rentre chez moi sans regarder derrière et referme la porte, m'appuyant dessus.

- C'est qui ? cris une voix provenant de la cuisine.
- C'est juste moi, maman.
- Elle était bonne ta marche ?
- M'ouais
- Qu'est-ce qu'il se passe ? m'interroge-t-elle passant l'arche de la cuisine.

Elle me regarde incrédule lorsqu'elle me voit toujours appuyée contre la porte. Elle se précipite à mes côtés et regarde par le carreau de la fenêtre.

- C'est qui lui ?
- Il m'a raccompagné, dis-je en me décollant de la porte et enlevant mes chaussures. Je vais me coucher.
- Faybee, que se passe-t-il ? Il n'est qu'une heure de l'après midi ! On ne va pas se coucher à une heure pareil !
- Alors je vais faire une sieste.

Je monte les escaliers puis me dirige tranquillement vers ma chambre lorsque mon nom retentit de nouveau.

- Est-ce qu'il t'a toucher, ou fait mal ? cris-t-elle du niveau inférieur.

Je roule les yeux.

- Non maman ! Il m'a seulement gentiment raccompagner.
- Bien.

Rentrant dans ma chambre, je ferme la porte derrière moi, prend mon cellulaire et regarde mes messages. Rien. Comme d'habitude. Je plonge lâchement ma tête dans l'oreiller, grogne et sombre dans un sommeil profond.

Je me réveille quelques heures plus tard, alors que le soleil est bas dans le ciel. Je me lève lourdement et descend les escaliers doucement.

- Maman ? cris-je a travers la maison.

Rien. J'avance tranquillement dans la cuisine, espérant trouver ma mère, musique sur les oreilles, mais je n'y trouve qu'un chaudron de pâtes et un autre de sauce sur un feu doux. Je plonge mon index dans la casserole de sauce et apporte ce dernier à ma bouche.

- Mmh, délicieux, je constate à ma propre personne.

Alors que je termine de me délecter de la sauce sur mon doigt, des ombres sur la véranda attire mon regard. Ma mère est accompagnée de quelqu'un et ils semblent rire aux éclats. Je me précipite à la porte et l'ouvre.

- Maman ?

Son rire stoppe net et elle pose son regard enjoué sur moi tandis que l'inconnu reste dans le contraste du rayon de soleil de la journée qui finit.

- Oh chérie, tu est enfin lever. Viens ici, je dois te présenter quelqu'un !

Je m'avance tranquillement, espérant voir un homme de son âge, un rancard normal pour une fois.

Ma mère as la fâcheuse habitude de toujours rencontrer des hommes plus jeunes qu'elle, et seulement quelques années plus vieux que moi. Des hommes, qui bien sur sont trop jeune et immature pour s'investir dans une relation de longue durée, alors ils fichent tous le camp après trois ou quatre mois, laissant ma mère ramasser les miettes de son pauvre cœur brisé. J'ai parfois pitié d'elle, parfois je suis en colère, mais maintenant, j'y suis habitué, la meilleure chose qui répare un cœur en miette est le temps.

- Faybee, je t'avais dit que je recherchais un jardinier pour s'occuper de la tonte du gazon et de nos jolies roses rouges ?
- M'ouais...

Le jeune homme se retourne sur mon affirmation, je reste immobile de surprise, je n'en crois pas mes oreilles, et encore moins mes yeux.

Roses RougeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant