S.O.S

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Sam n'est pas là. Castiel non plus. Je suis seul avec mes pensées et ma bouteille de whisky alors qu'il était convenu que je chasse de mon côté en attendant leur retour. Mais j'en ai pas envie. Je ne suis pas en état.

Je passe mon temps à aider les gens, à les écouter, à régler leurs problèmes quand ils sont à ma portée mais moi, qui m'écoute ?

Un temps j'ai cru que ne rien dire et attendre d'être seul pour pleurer faisait de moi quelqu'un de fort. Je me trompais.

Qu'est-ce qu'il y a de fort dans le fait de porter un masque toute la journée en clamant haut et fort que tout va bien, en souriant et en n'exprimant rien sur nos réels sentiments pour que le soir, à l'abri des regards, on se laisse aller à tout relâcher et à pleurer sans que personne n'en soit jamais au courant ?

Rien. Je me montre fort mais je ne le suis pas. Je suis faible.

Et le plus souvent je m'en prends aux autres. Parce qu'ils devraient le voir non ? Ils devraient pouvoir lire dans mes yeux la détresse que je ressens, l'appel à l'aide que je lance à quiconque sera en mesure de m'écouter, de me comprendre.

Mais ce S.O.S personne ne l'entend. Ou bien font-ils exprès de ne pas y arriver ? Je ne sais pas.

Quoi qu'il en soit maintenant il ne me reste plus que mes yeux pour pleurer, mon cœur pour souffrir et mon esprit pour me rappeler chaque moment, chaque personne qui me manque.

C'est de ma faute. Je ne parle pas. Comment les gens qui m'entourent peuvent deviner ce qui ne va pas si je me refuse à leur montrer ne serait-ce qu'une once de tristesse ? Si je refoule tout ce qui me tue dans un coin de mon cerveau en espérant oublier pour un jour me rendre compte que c'est impossible ? On n'oublie pas un sentiment. Surtout quand il est tous les jours avec nous. On peut juste faire semblant et l'ignorer. C'est tout.

Je sais que tout ça est malsain. La majorité des gens me dirait : "il faut que tu en parles Dean. Que tu t'ouvres à quelqu'un car un jour tu seras à bout et qui sait ce que tu pourrais faire." Au diable ces gens ! Je ne suis pas douée pour parler de moi. Je ne sais d'ailleurs pas le faire. Quant au fait de savoir ce que je pourrais faire, je laisse le destin en décider.

Après tout, peut-être qu'il est le seul à m'entendre et qu'il fera en sorte que je ne souffre plus.

Recueil SPNOù les histoires vivent. Découvrez maintenant