C.3: Revenir est difficile

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ALONÏS:

L'oubli... C'est un ressenti que je connais trop bien, depuis plusieurs jours maintenant.

Perdre plusieurs années du passé. Mon présent est quant à lui éphémère et mon futur est en danger avec cette amnésie.

Profiter de l'instant présent... Comment fait-on quand ce présent ne dure qu'une dizaine de minutes ? Je n'y arrive pas pour le moment. Je ne peux apprécier.

Je lis le carnet que Lisa m'a donné ce matin de ce qu'elle me raconte. Je tourne les pages, tout en marchant jusqu'à la prochaine salle...

- Ça t'aidera pour te rappeler et je t'en ai mis un autre vierge pour que toi-même, tu inscrive ce que tu veux.

Elle est si gentille avec moi. Pourtant je ne me souviens plus d'elle à chaque fois et je sais que ceci la blesse terriblement. En ayant le cahier en main, je souris en voyant l'écriture sur ma main gauche. " Lisa, ma meilleure amie " et elle me le prouve.

J'ai pleuré en voyant écrit que mes parents sont morts dans l'accident qui m'a fait perdre la mémoire. D'après Lisa, ce n'est pas la première fois que je suis au courant. Elle dit qu'elle est meurtrie de me voir à chaque fois effondrée. Je me doute et je n'en fais pas exprès. C'est tellement dur et dire que je revis sans cesse la même souffrance. Je comprends que mon cœur soit si lourd de tristesse.

Je me sens mal de tout oublier. Ce n'est pas une vie et j'espère que cela va s'améliorer. Car je ne veux pas être comme ça continuellement.

Comment je peux omettre la mort de mes parents et savoir qu'une fourchette sert à se nourrir ? C'est déstabilisant.

Nous venons d'avoir deux heures de français que je ne me rappelerais certainement plus dans peu de temps. Lisa m'emmène jusqu'à mon autre cours. Je ne sais plus ce que c'est comme matière...

Mon amie scrute le salle, je ne sais pas ce qu'elle cherche...

- Super, l'autre con n'est pas là. Ça m'enlève une épine du pied. Lâche-t'elle.

Je ne sais de qui elle parle. Peut-être du proffesseur. Elle agrippe mon bras et m'emmène vers... Un beau garçon ? Je me sens rougir subitement...

- T'inquiètes pas, je lui ai expliqué ce week-end.

J'acquiesce, mais c'est intimidant tout de même...

- Nate... Tu peux prendre le relais ? Je vais en chimie.
- Oui, avec plaisir. Assieds-toi à côté de moi, Alonïs.

Je m'exécute, mais je ne suis pas à mon aise. Il me regarde beaucoup ce Nate...

- Ma puce, n'oublies pas de sortir ton dictaphone. Le cours d'histoire est important. Fais-lui penser, Nathan. Elle avait oublié toute à l'heure, j'ai dû lui rappeler d'enregistrer.

Je me sens encore plus mal. La honte ! Et puis une question me vient...

- Je croyais que c'était Nate ?
- Pardon Alo... Je dirai les prénoms en entier la prochaine fois. C'est pas facile de penser à tout.
- Désolée.  Ai-je dit, en étant honteuse de nouveau.

Je sens mes larmes montées. Je ferme les paupières pour les ravaler.

C'est vrai, elle fait tant pour moi et je lui en demande trop. Je devrais peut-être rentrer chez moi. Encore faut-il retrouver le chemin. Même si les médecins m'ont retirés le plâtre vendredi. J'ai lu dans mon cahier cette information. Je ne serais pas revenir et puis, je boite encore. Et mon seul moyen de locomotion, c'est Liza, je crois.

Elle me tient tendrement le bras et se penche pour me fixer...

- Hey... J'aime m'occuper de toi. Ne te soucies pas. A-t'elle lu dans mes pensées.
- On a cours ensemble après ?
- Non, après c'est l'heure de pause pour toi et ensuite, je te rejoins pour le déjeuner. Mais Nathan va être avec toi.

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