C.1: Journée de trop sans elle

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JAYRON:

Dix-huit jours qu'elle n'est pas présente en cours. Au départ, je me disais: " Tant mieux, quelques jours pour recharger mon esprit tordu et lui en faire baver avec d'autres idées. "

C'était simple. Alonïs absente, je reprenais des forces pour l'emmerder dix fois plus.

Mais là... dix-huit putains de jours... c'est de trop ! Je pensais à un rhume. Puis le temps déroulait, alors je me suis dit " Merde ! Elle doit avoir une pneumonie ou un truc de ce genre. ".

Je voyais la mine déconfite de Li...ly. Je crois que c'est le prénom de sa meilleure amie. Mais je m'en foutais. Maintenant, j'ai les boules et je n'y comprends que dalle.

Ça doit être que je prenais un malin plaisir à l'emmerder, je n'en sais rien. Depuis le collège, on prend des habitudes et je les ai perdues sans elle.

J'en ai marre d'attendre et je me torture en me demandant si elle va revenir.

Je croise sa copine dans les couloirs. Je saisis ma chance. Je la chope et la tire pour partir dans un endroit tranquille. Elle est si choquée, qu'elle ne résiste pas.

Quand nous arrivons à sortir du lycée et que je l'amène au fond de la cour, je l'agresse direct...

- Où est Alonïs ? Ai-je grogné.

Elle sursaute et ses bouclettes blondes suivent le mouvement. Elle a prit son sac bandoulière noir contre sa poitrine, comme pour faire une barrière entre elle et moi. Ça va vachement la protéger... quelle conne.

" Calmes-toi, Jayron. Elle peut te donner des infos. "

Je ne sais pas pourquoi, mais je dois savoir où elle se planque.

" Moi, je sais pourquoi... " Me nargue cette connasse de conscience.

Je souffle d'agacement et la blondie aux yeux marines, recule d'un pas. Elle ouvre enfin la bouche...

- Je ne peux rien te dire.
- Tu ne peux pas, ou ne veux pas ?
- Les deux ! J'ai pas envie que tu la traumatise plus qu'elle ne l'est déjà.

Elle ose refuser de me renseigner. J'agrippe le col de sa veste prune et je deviens menaçant...

- Écoutes, tu vas me dire ce qu'il se passe. Sinon, tu vas le regretter.
- Je... C'est que...
- Accouches ! Hurlé-je comme un fou.

Oui, je suis fou ! Cinglé de ne rien savoir. Mes yeux reflètent la haine d'avoir attendu durant tout ces jours.

Je ferme les yeux pour me temporiser...

- Lily...
- Non !
- Quoi ?
- Je m'appelle, Lisa.
- Excuses. Lisa, je ne vais pas la faire chier... Je veux savoir si elle a un problème.
- Alonïs a eu un grave accident.

Putain...

- Et... M'impatiente.
- Elle ne va pas super bien... Enfin, physiquement, c'est mieux. Elle va revenir bientôt normalement.
- Quand ?
- Ça dépend de son état. Je ne suis pas médecin. C'est eux qui décident quand elle peut revenir.

Je suis abasourdi par cette révélation. J'essaie de piocher d'autres informations...

- Elle est toujours à l'hospice ?
- Elle a pu rentrer ce week-end, mais faut la surveiller. C'est pour ça que je ne suis pas là, l'après-midi. Sauf les jeudi que je ne loupe pas, comme aujourd'hui. J'ai mes cours de musique.

Je n'ai même pas remarqué qu'elle se tirait l'après-midi. Je me cache bien de lui balancer...

- Et là, qui s'occupe d'elle cet aprèm et c'est quoi comme accident ?
- Sa tante. Un carambolage avec ses parents... Ils n'ont pas survécus.  A-t'elle les larmes aux yeux.

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