Chapitre 4

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REDA

Paris - France

Je termine ma bière d’une traite, laissant la dernière gorgée glisser dans ma gorge pendant que mon regard traîne sur l’appartement.

Et là… un détail me percute.

Adonis est en train de ranger.
Pas déplacer deux trucs pour faire illusion. Non. Ranger vraiment. Il passe d’un coin à l’autre, ramasse, aligne, nettoie. Même les trucs inutiles. Même les trucs qu’il ignore d’habitude pendant des semaines.
Je fronce légèrement les sourcils, amusé.

— Tu attends une nana pour tout astiquer ? lâchai-je en ricanant.

Il ne relève même pas vraiment. Se contente de secouer la tête, concentré… avant de sortir un aspirateur. Un aspirateur. Je reste une seconde figé, la bouteille encore à la main.

— Ok… là, ça devient inquiétant.

Il branche l’appareil dans un geste sec, comme si sa vie en dépendait.

— Lève ton cul et aide-moi ! grogne-t-il sans même me regarder.

Je laisse échapper un rire, m’enfonce un peu plus dans le canapé.

— Attends… attends… laisse-moi savourer ça. Le mec qui vivait avec des cartons de pizza comme déco est en train de faire le ménage volontairement.

Aucune réaction. Juste le bruit de l’aspirateur qui démarre. Je soupire, pose finalement ma bière sur la table basse et me relève à contrecœur.

— J’espère au moins qu’elle en vaut la peine, ta fameuse “pas nana”.

Il coupe l’aspirateur net. Se tourne vers moi. Et ce sourire qu’il affiche… je le connais. Trop bien.

— Elles.
Je hausse un sourcil.

— Pardon ?

— Elles, répète-t-il avec un calme suspect.

Un silence. Puis je lâche un petit rire.

— Bordel… j’ai raté un épisode, moi.

Après une bonne heure à briquer son appart — oui, moi aussi, j’ai participé à ce moment historique — on se laisse tomber dans le canapé, vidés. Je passe une main sur ma nuque, encore surpris. Je n’ai jamais vu sa piole aussi propre. Et, franchement… ça me fout presque mal à l’aise.

— Avant qu’elles arrivent, faut que tu saches un truc, lâche Adonis en se laissant aller contre le dossier. T’as loupé énormément de choses pendant ces quatre années. J’aurais aimé qu’on se parle plus souvent, mais… voilà.

Je baisse légèrement les yeux.

— Je suis vraiment désolé, mon pote. J’aurais aimé faire mieux… mais j’avais besoin de m’éloigner de tout ça.

Il hoche la tête, sans insister. Lève la main dans un geste vague, comme pour balayer le sujet.

— Gaïa et Lys vont pas tarder à arriver, avec quelques anciens. Ça devait être une surprise, mais monsieur a décidé de débarquer plus tôt que prévu. Crétin que tu es.

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