Chapitre 5

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🌹Calypso🌹


Quand Adonis dit « petite soirée tranquille », il faut toujours traduire par « chaos organisé avec un fond de musique et de l’alcool partout ».
Je pousse la porte de son appart, déjà ouverte, et une vague de chaleur et de rires m’accueille aussitôt. L’odeur de pizza, de bière et d’encens flotte dans l’air. Typiquement lui.

Ah, Caly ! crie Gaïa depuis le canapé, un verre à la main. Dépêche, t’as raté le premier toast !

Je lui adresse un sourire avant de déposer ma veste sur le dossier d’une chaise. L’ambiance est douce, familière. Des guirlandes dorées, des coussins au sol, la playlist d’Adonis en fond — celle qu’il garde “pour les grandes occasions”. Et visiblement, le retour de son ami Reda en fait partie.

Je le remarque à l’autre bout de la pièce. Assis près de la fenêtre, une bière à la main, un sourire tranquille accroché au visage. Il parle avec Adonis, qui gesticule comme à son habitude. Je me souviens vaguement de lui — le pote d’enfance d’Adonis, celui qui était parti “faire le tour du monde”. Un peu le cliché du mec qui fuit la routine pour se trouver.
J’avais à peine vingt ans quand il est parti, et à vrai dire, il n’avait jamais vraiment marqué mon esprit.
Mais ce soir, difficile de ne pas le remarquer.

Il a changé.
Ce n’est pas seulement son bronzage ou ses cheveux un peu plus longs. C’est dans la façon dont il bouge, plus calme, plus assuré. Comme quelqu’un qui a vu trop de choses pour s’étonner encore. Je détourne le regard avant qu’il ne croise le mien.

Tiens, bois, me dit Gaïa en me tendant un verre rempli à ras bord.

Merci, mais je conduis.

C'est un cocktail sans alcool ma star, tu sais bien que je te connais sur le bout des ongles.

Je prends le verre que Gaïa me tend et le lève rapidement, en guise de remerciement. La pièce est animée, pleine de rires et de discussions. Les voix se croisent, les verres tintent, et la musique en fond crée un rythme que tout le monde semble suivre sans effort. La soirée est exactement comme je l’imaginais : chaleureuse, vivante, et complètement à l’image d’Adonis.

Je vais aller saluer la star de la soirée, m’exclamai-je en me redressant, un petit sourire sur les lèvres.

Je me faufile entre les invités, les rires, et le bruit des verres qui s’entrechoquent, jusqu’à atteindre Reda et Adonis. Les deux bruns discutent, visiblement à l’aise dans ce tumulte, mais quand il tourne la tête vers moi, je perçois ce mélange étrange de surprise et de politesse.

Salut Reda ! Bon retour à Paris ! lançai-je avec enthousiasme.

Il m’adresse un sourire tranquille, celui qui semble dire qu’il est content de me voir, mais sans se laisser emporter par la soirée.

Salut Lys, merci… ça me fait vraiment plaisir de te voir, dit-il, sa voix posée et légèrement grave.

Je remarque alors la façon dont il tient son verre, le léger balancement de son corps, ce calme qui contraste avec l’énergie autour de nous. C’est exactement le même Reda que je me rappelais, mais… différent. Plus posé, comme quelqu’un qui a vu le monde et qui sait maintenant ce qu’il veut garder pour lui.

Alors… le tour du monde, ça a été à la hauteur de tes attentes ? demandai-je, curieuse, essayant de briser un peu la distance polie.

Il me regarde, ce sourire tranquille aux lèvres, un éclat dans les yeux qui trahit un peu de nostalgie pour ce qu’il a vécu.

R U MINEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant