Épilogue

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//en média : Milo, Nora et Aria//

31/05/2522

J'ai mis du temps à me remettre de ce mois de mars 2502, de la mort de Lily. Mais il était là pour moi, il ne m'a jamais lâché, lorsque j'avais des crises d'angoisse, mes cauchemars, mes peurs, et mes pleurs. Pendant ces vingt dernières années je me suis reconstruite à ses côtés, je suis tombée amoureuse de lui et je l'aime aujourd'hui comme je n'ai jamais aimé personne. Il y a de ça quinze ans, je me croyais finie, je pensais que la vie n'avait plus aucun sens et que ça ne servait à rien de continuer. Alors j'ai voulut partir. Partir et le laisser, lui, mes parents et mon frère mais encore une fois je me suis relevée grâce à lui.

Deux années après je me suis mariée, je suis devenue Alyssa Gordon, femme de Matthew Gordon. Nous avons construit notre vie dans l'une de ces riches villes de France, dans un grand appartement luxueux. Nous travaillons dans une agence antigouvernementale secrète et j'ai pu venger Lily, j'ai dévoilé les dossiers du gouvernement et fait stopper les expériences. Ma mère a été arrêtée, aussi, à cause de ces expériences.

Nous sommes assis autour de la table, nous mangeons tout les quatre en redoutant le lendemain. Il vient de faire ses dix ans, elle n'a que six ans. Très bientôt, une autre viendra au monde. Il n'y a pour bruit autour de la table que le son de la télé. Je les regarde, mes deux enfants, si beaux, si merveilleux. Avec Matthew, nous ne leur cachons rien. Ils savent se qu'on a vécu lors de l'Épreuve, ils savent ce qu'on a subit, la source de mes crises. Ils connaissent la vérité et ils appréhendent, je le vois.

01/06/2522

On toque à la porte. Je ne réagis pas tout de suite mais les personnes insistent. Je me lève, suivie par Matthew. Quand j'ouvre la porte, tout s'arrête autour de moi. J'entends qu'on me parle mais la voix est lointaine. Les murs et le sol tournent. Je reprends mes esprits, doucement.

"Votre fils, Milo Gordon, âgé de dix ans, a été choisit pour participer à l'édition 251 de l'Épreuve. Je vous prie d'aller le chercher." me dit un agent

Son timbre de voix m'est familier. Je lève la tête pour reconnaître l'agent Leavitt. Je voudrais lui fermer la porte au nez, refuser de lui donner Milo, lui cracher tout le dégout que j'ai pour lui et les autres mais cela signerait mon arrêt de mort, celui de ma futur fille, de Milo, de Nora et de Matthew. Alors je ne bouge pas. Matthew revient avec Milo. Je le prend dans mes bras, je l'embrasse avec tout l'amour que je lui porte.

"Tu reviendras. Milo, je t'aime, sois fort."

On me l'arrache des bras et on claque la porte. Je m'effondre. Je tombe en larmes, je hurle comme je n'ai pas hurler depuis si longtemps. Je hurle toute la peine, toute la douleur de mon cœur. Nora s'est levée et me regarde pleurer dans les bras de son père. Elle comprend.

02,03,...,28,29/06/2522

Toujours la même chose. J'ai peur de ne jamais revoir mon fils. Tous les jours je pleure, toutes les nuits, dans mes cauchemars, je vois Milo mourir, tous les jours, je souffre. Et lorsque je vois mon fils mourir, je revois la mort de Lily. Elle me hante, son visage, ses taches de rousseurs, ses longs cheveux roux et ses petits yeux bleus espiègles, ses si jolis yeux... Je revois constamment le garde tirer et Lily s'écrouler, puis mourir en me fixant. Je ne dors presque plus, et lorsque c'est le cas, ce terrible cauchemar revient en boucle. Parfois, je hurle, je pleure toute les larmes de mon corps et toute cette douleur, ce stress, cette souffrance, je la ressens sans cesse. Je n'en peux plus, c'est de trop.

30/06/2532

Je suis sur le quai de la gare, la petite Aria dans les bras. Mon mari se tient à mes côtés, Nora sur ses épaules. Le train arrive. Une boule se forme dans mon ventre lorsque je vois les enfants descendre du train. J'espère que Milo est là. Je veux qu'il soit là.

Quand je vois sa petite tête blonde me chercher, je suis si soulagée que j'en oublie tout le stress que j'ai accumulé plus tôt, toutes les nouvelles crises. Je pose Aria dans sa poussette et court jusqu'à lui. Je le prend dans les bras. Je pleurs. Il pleure. Mais, pour une fois, se ne sont pas des larmes de douleur, de peur ou d'horreur, ce sont des larmes de soulagement.

L'ÉpreuveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant