*Louis*
J'aimerais retrouver la quiétude avec laquelle je me suis réveillé ce matin, le corps chaud d'Harry entre mes bras. Mais voilà, il est 17h30 et l'angoisse que je ressens me pèse de plus en plus. J'ai envie de lui envoyer un message pour lui dire que je ne peux pas le voir, que j'ai un contretemps. Mais je sais qu'il ne laissera pas tomber. D'abord, il fera comme s'il comprenait, après tout ce temps. Il me souhaitera une belle vie et puis il retournera la situation pour me faire culpabiliser et finira par dire quelque chose de blessant. Ensuite, il me laissera quelques jours, peut-être quelques semaines et puis, un matin, sans que j'y sois préparé, je recevrai son message en toute innocence. Je n'ai vraiment plus envie de ce genre de relation.
Je soupire longuement, les yeux perdus sur le rayonnage en face de moi, qu'Émy m'a demandé de ranger.
« Louis ? Tu vas bien ? me demande Émy en s'approchant de moi, me sortant de ma torpeur.
- Oui. Oui, ça va !
- Tu sembles perdu dans tes pensées depuis au moins cinq minutes et tu n'as pas franchement été très loquace aujourd'hui.
- Oh, je suis désolé Émy. Ça ira mieux demain. Je suis juste un peu fatigué.
- D'accord. Tu termines de ranger avant de partir ?
- Oui oui bien sûr, je m'y remets. Désolé, encore. »
Émy s'éloigne et me jette un coup d'œil avant de retourner derrière le comptoir où elle retrouve sa sœur, venue lui faire une visite avec sa petite fille, née quelques semaines plus tôt. Je m'active à terminer ma tâche avant de rejoindre la réserve pour récupérer mon manteau. La journée a été calme, ce qui n'a pas aidé à la mélancolie que je traîne depuis ce matin. Je salue les deux sœurs toujours en train de discuter et sors de la librairie.
Il fait froid aujourd'hui. Décembre vient de commencer. Les rues sont illuminées des décorations de Noël et les passants déambulent, le regard levé vers le ciel. Je n'aime pas trop cette période de l'année, surtout maintenant que ma famille s'est exilée à Los Angeles. Nous n'avons pas encore évoqué les fêtes de fin d'année avec Harry. Je suppose qu'il passera Noël avec sa mère et sa sœur, et qu'il sera invité à une grande soirée pour le nouvel an.
Il est 18h pile. L'heure fatidique est enfin arrivée. J'ai un poids sur la poitrine qui m'empêche de respirer normalement. Matt et moi avons rendez-vous dans la rue. Je descends vers le pub en fumant une cigarette. Je savoure chaque bouffée pour me détendre, en consultant mon portable. J'envoie un rapide SMS à Harry pour lui dire que je ne rentre pas tout de suite. Il travaille ce soir, je serai rentré avant lui de toute façon. Mais, même si je ne lui ai pas dit que je voyais Matt, je préfère lui dire que je ne rentre pas directement après ma journée de travail.
Je termine ma cigarette, éteins le mégot et le jette dans la première poubelle que je croise. Je relève la tête et je le vois. Il marche vers moi, emmitouflé dans sa doudoune, bonnet sur la tête et mains dans les poches. Je sens mon corps se vider, mon ventre se tordre. J'ai aimé cet homme avec toute mon âme, jusqu'à avoir le sentiment de la perdre. J'ai détesté cet homme de tout mon être et pourtant ce soir, en le regardant marcher vers moi, je ne suis qu'une confusion de sentiments.
Matt se plante devant moi et me sourit. Il est toujours aussi beau. Son visage fin illuminé par son sourire et ses yeux bleus brillants. C'est étrange comme situation. La dernière fois que nous nous sommes vus, je me souviens que nous nous sommes quittés sur un baiser. Il n'était pas parti qu'il me manquait déjà. Je ne voulais pas quitter ses bras. Mais là, deux ans et quelques mois plus tard, comment suis-je censé le saluer ? Mon cerveau commence déjà à se poser mille questions. Finalement, c'est lui qui engage la conversation.
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Just the Way You are
Fanfiction"Lorsqu'il accepte enfin de prendre l'avion afin de rejoindre sa famille, Louis n'imaginait pas un seul instant la tournure que prendrait sa vie. Et pourtant... Lorsqu'il entre dans cet aéroport qu'il a tant de fois arpenté, Harry n'imaginait pas à...
