Cela faisait maintenant cinq jours que ma conversation avec M. Thomas avait eu lieu et comme j'aurai du m'en douter, il ne m'avait pas reparlé.
Il m'emmerdait vraiment ce type.
C'était mon chef de stage, il devrait me donner des conseils et me parler de certains de ses dossiers.
Un coup il m'ignorait, un coup il me racontait sa vie.
Il voulait quoi à la fin?
Bref, donc comme chaque jour maintenant, je me retrouvais à faire des photocopies toute la journée et à lire des dossiers résolus.
Passionnant.
Heureusement, au bout de quelques heures ce fut la pause pour certains avocats du cabinet, Pauline et Aurélien en faisaient partis alors quand je les ai vu dans la salle de pause je me suis empressée d'aller les saluer.
Je suis quelqu'un de plutôt sociable et la différence d'âge entre nous n'était pas très flagrante alors quand nous nous parlions, il n'y avait aucun malaise.
C'était vraiment cool de se trouver des
gens avec qui parler et échanger parce que j'étais là pour un mois et depuis que j'étais arrivée, je me faisais royalement chier à faire des photocopies et à classer des dossiers, loin de l'idée que je me faisais d'un avocat.
Bref, on a parlé sur pas mal de trucs jusqu'à ce que Pauline nous annonce qu'elle avait un dossier important sur lequel elle devait vraiment retourner travailler, je lui ai adressé un bref salut et ai demandé à Aurélien si il pouvait rester un peu plus longtemps car sinon j'allais mourir d'ennui.
- Avec plaisir, j'ai pris de l'avance sur mon travail de toute façon, dit-il en m'adressant un grand sourire.
- Oh, merci! Je te jure que j'étais venue pour devenir une grande avocate, pour comprendre comment ça fonctionnait et tout...pas pour devenir une pro de l'imprimante et du balayage de surface, ais-je répliqué, dépitée.
- Je comprends, ça doit être assez frustrant, sourit-il.
Au fur et à mesure de la conversation, la salle de pause se vidait de plus en plus.
On a parlé comme ça pendant près d'une heure jusqu'à ce que la porte s'ouvre, laissant apparaître M. Thomas, visiblement déjà irrité.
Il nous regarda tout à tour puis s'adressa soudainement à Aurélien:
- M. Tanner, ne devriez-vous pas être en train de traiter le dossier sur la plainte d'harcèlement de Mme Cahut?
Aurélien devait certainement se sentir mal mais il me lança tout de même un clin d'œil et me parla gentillement :
- C'était cool, j'ai encore du travail comme tu vois mais on se verra demain, je suis moins chargé.
- Sans problème, j'y serais, ais-je souri en retour puis je l'ai laissé partir sous les yeux, à priori affligés, de M. Thomas.
Il me regarda d'un air soit consterné, soit agacé puis répliqua d'un ton sec :
- Je ne devrais pas avoir à vous dire ça mademoiselle Maltais, mais vous n'êtes pas venue ici pour flirter avec les avocats de ce cabinet, vous êtes en stage, ne l'oubliez pas.
J'étais à la fois gênée et énervée, il ne m'adressait même pas la parole depuis le début de la semaine et maintenant il m'accusait de vouloir séduire les avocats de sa boîte? C'était humiliant. Et franchement, assez déplacé.
Je répondis d'un ton moins calme que d'habitude, vraiment sur les nerfs, mais putain pour qui se prenait-il à la fin ?
- Je ne flirtais pas. Il me parlait seulement pendant sa pause.
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Différence d'âge
General FictionÉden Maltais est une jeune femme qui, à ses 17 ans, se voit propulsée dans l'univers du Droit en allant dans un cabinet d'avocats pour un stage d'une durée de 6 mois. Son chef de stage, Charles Thomas, avocat pénal de 40 ans est à première vue un ho...
