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Je me traîne hors de mon lit, fatiguée de mon manque de sommeil. Toute la nuit, je n'ai fait que tourner en rond, et me poser au moins un millier de question.

Lorsque j'arrive devant le miroir de la salle de bain, pour juger mon état, je retiens un cri. Des valises noires cernent mes yeux, légèrement décorés par des restes de mascara. Et mes cheveux sont simplement monstrueux. Je soupire, et je pars manger mon bol de céréale rapidement. Puis je fonce me doucher pour effacer toutes les traces de fatigue sur mon corps.

Enfin propre, coiffée et légèrement maquillée, je finis mon sac de cours, et je sors de mon appartement, direction la fac.

Je marche tranquillement, la musique dans les oreilles. Ce même manège dure depuis le lycée. Et il fonctionne plutôt bien. On est isolé du monde extérieur, et les paroles des chansons résonnent directement à l'intérieur de notre tête.

Il y a de plus en plus de monde sur les trottoirs. C'est normal, on approche de la fac. Je me faufile dans la foule, et je me dirige rapidement vers la première heure de cours, au deuxième étage. Il fait trop chaud à l'intérieur du bâtiment. Ou alors, c'est simplement parce que le changement de température entre dedans et dehors ne plait pas à mon corps. J'enlève mon sac de mon épaule, puis ma veste. Une fois fait, je pars m'asseoir à une place libre, et j'attends que le professeur arrive.

Le temps passe lentement, je ne compte pas le nombre de fois où j'ai baillé. Un mal de tête commence à envahir mon crâne, et mon cou se raidit. Soit j'ai dormi dans une mauvaise position, soit je suis malade. J'en ai marre. Et le marteau piqueur qui cogne mon front me ferait grincer des dents. C'est insupportable.

Le cours est enfin fini, et je me dépêche de sortir. Mais une fois dans le couloir, je croise le regard bridé de Kai. Et merde. Je change de direction pour prendre un autre escalier. Je presse le pas, et je dévale les marches si vite qu'on pourrait croire que je ne les touche pas.

Oliiviiiaaa !

Je grimace en entendant mon prénom faire écho dans la cage d'escalier. Presque toutes les têtes se tournent vers la provenance de la voix, et j'en profite pour sortir. Je cours presque pour m'enfermer dans une cabine des toilettes.

Je masse mes tempes, priant pour faire passer ce mal de crâne plus vite. Quelqu'un essaye d'ouvrir la porte et je sursaute.

Je sais que t'es là, Olivia. Ça sert à rien de te cacher, fait Kai depuis l'autre côté de la porte.

Je me retiens de l'insulter, et je me laisse glisser sur le carrelage froid. J'ai des frissons, mais j'ai l'impression que ma tête fume. Ma nuque est raide, et le martèlement dans mon crâne augmente.

Il fait que je reste au calme. J'ai même pas de doliprane avec moi. Alors je décide de rester enfermée ici jusqu'à ce que Kai s'en aille, et que je puisse partir à mon tour. Je pose mon front contre mes genoux, les jambes repliées contre ma poitrine. Et j'attends.

Je chantonne quelques phrases par moment pour m'occuper. Plusieurs fois, on essaye d'ouvrir la porte, et j'entends même une fille ou deux jurer, pressées d'aller aux toilettes. Tant pis.

Je regarde l'heure sur mon portable, et je vois que presque quarante-cinq minutes ont passé. Je soupire. Je commence à sérieusement m'ennuyer, et ma tête est un peu moins douloureuse. Je me lève, et je déverrouille la porte. Après avoir jetée un coup d'œil, je sors et m'engage dans le couloir. J'ai l'impression de devoir jouer aux ninjas. Je m'arrête à chaque fois que le couloir tourne pour vérifier qu'il n'y a personne. Et une fois dehors, je mets ma capuche sur la tête, et je file le plus vite possible jusque chez moi.

LIKE CHILDREN [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant