Chapitre Vingt-deux

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Je suis en vie, et encore dans les temps pour vous dire bonne année ! Et joyeux anniversaire à cette traduction qui a maintenant 2 ans ! Aah, ils grandissent si vite...

Allez, bonne lecture !~

Écrit par Cennis

Chapitre Vingt-deux

Sebastian n'avait jamais été lui-même emmené à la chaise électrique. Ce n'était pas très surprenant, étant donné qu'il respirait encore. Pourtant il aimait croire qu'il connaissait la même anxiété, la pression de l'appréhension battant contre sa peau avec chaque pas qu'il faisait et qui le rapprochait de la porte de la Section V. Entouré de Docteur et Ash, l'un roulant devant et l'autre suivant fidèlement ses pas, ils étaient pareils à des sentinelles. Fuir était une idée un peu trop audacieuse et pas vraiment tentante, et même si Sebastian y pensait sérieusement, vu comme il était cerné ce serait impossible.

Plus que dix pas et il imaginait qu'il était déjà en mesure de sentir la chaleur de la pièce. Un véritable étouffoir, pire que le métro bondé, l'air s'y faisant rare. La manière que les patients avaient de se déplacer, de sans cesse tourner en rond dans leurs cages, la sueur se collant à eux comme une deuxième peau.

Plus que huit pas et il pouvait les sentir. Leur odeur putride, des semaines et des mois de crasse, au point où cela aurait très bien pu faire partie de leur chair désormais. Ils laissaient leurs marques sur le sol, sur leurs enclos vitrés, sur Sebastian lui-même. Une marque qu'il grattait jusqu'à la chair rouge pour essayer de la laver.

Plus que six pas et la claustrophobie s'installait déjà. Les murs insonorisés, cette seule porte avec ses cliquetis mécaniques qui semblaient fatidiques chaque fois qu'il l'empruntait, la chaleur, l'odeur, et le bruit à donner des vertiges, impossible de s'en échapper.

Respire.

Sebastian devait fréquemment se rappeler de le faire dernièrement, une action autrefois instinctive, maintenant de plus en plus réfléchie. Respirer profondément et lentement, la seule manière d'empêcher la panique de prendre le dessus. Si la panique l'emportait un jour sur lui, il avait peur de ce qu'il ferait. Comme un animal piégé, il se défoulerait parce qu'il ne pourrait pas fuir, pas avec Ash ne le quittant pas d'une semelle et une porte fermée dans son chemin. Mais sur qui se défoulerait-il ? Docteur, Ash, ou les cibles acceptables ?

Respire.

Plus que quatre pas et l'une des mains de Sebastian se mit à tenir l'autre, sentant le coton rigide du bandage. L'adhésif tirait sur ses petits poils, une légère douleur de temps à autres. Sa main gauche palpitait de manière embêtante, deux jours après la morsure de Ciel et toujours aussi douloureuse, et il se concentra sur cette palpitation brûlante qui le lançait. La peau était déchirée en forme de croissant, de maladroites marques d'un rouge de croûte, entourées par des taches de violets et de bleus.

N'étant pas masochiste, la violente morsure aurait dû l'énerver, mais Sebastian trouvait du réconfort dans la preuve physique d'un allié. C'était ce que Ciel avait lui-même recherché, Sebastian en était certain maintenant, lorsqu'il lui avait fait cette maladroite proposition il y a tant de mois. Il n'avait pas compris à l'époque mais désormais c'était clair, tout tombait sous le sens. La morsure était une ancre dans les eaux turbulentes de la Section V.

Plus que deux pas et Sebastian commençait à faire le vide. Se concentrant sur la sensation du bandage en coton tressé s'emmêlant avec ses ongles beaucoup trop longs, il put mettre un pied dans la section sans être heurté de dégoût par l'odeur. Les cris étaient une véritable agression, maintenant qu'ils n'étaient plus étouffés par les murs et la porte, et il resserra son poing autour du bandage. Assez fort pour sentir une douleur vive, assez pour reprendre brutalement son attention et lui permettre de garder la tête froide alors qu'il était entièrement submergé par la Section V.

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