26 Décembre

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Jeudi 26 décembre 1940,

Une semaine que l’Homme au Chapeau ne sait pas montrer au grand public. Pourtant, j’ai continué mes affaires de poèmes révolutionnaires, et mes actions secrètes nocturnes, pourquoi cet homme ne s’est pas manifesté ? J’en viens à douter de moi-même. Peut-être n’a-t-il jamais existé ? Peut-être avais-je halluciné ce fameux soir de meurtres ? Non, impossible. Je ne peux pas perdre la raison aussi jeune. Mais il est vrai que je n’ai aucune nouvelle de celui-ci.

Enfin, sache que je t’écris tard le soir, car ce matin, ça s’est reproduit. Je me suis éveillée et j’ai été intrigué par des bruits de charrettes. Les charrettes des morts. Celles avec lesquels les soldats transportent les cadavres exécutés. Je me penche à la fenêtre et vois deux visages d’hommes qui me sont familiers. Ils étaient là cette nuit-là. C’étaient des agents de la Milice, probablement allemands. Je tente alors de trouver Charles, mais rien. Il n’y avait que ces deux hauts placés et un autre homme qui tirait la charrette. De nouveaux morts…encore et encore…

En cette matinée hivernale et pourtant glaciale à tuer pour la plupart, je pars chez mon imprimeur. Je suis donc obligée de traverser des rues parfois désertiques où seul le vent gelé passe me saluer. Je ne cesse de grelotter, tout en regardant autour de moi. Au fond, je ressens une certaine peur. Peur de le voir, peur de lui faire face. Lui, le meurtrier inconnu.

Rapidement, je dis le mot de passe et rentre dans le petit « foyer », comme j’aime l’appeler, où sont tous mes collègues de Résistance. Ils ont le regard fuyant, la tête basse : évident. Après chaque fusillade ou exécution publique, on ne peut s’empêcher d’être silencieux pendant un temps. Néanmoins, j’ouvre finalement la bouche la première et dis :

« Que s’est-il passé ?

- Encore une fois Free, raconte Traümen en levant le menton l’air sérieuse malgré la tristesse, cela concerne le nouveau café que tu fréquentais, auquel tu ne pourras plus te rendre.

- C’est horrible, chuchote-je  en me massant le front.

- Peut-être, ajoute Rose, mais il faut reconnaître quelque chose : ces récents attentats, si je puis dire, ont tous touchés des endroits que tu fréquentes, et pourtant, il ne t’arrive jamais rien.

La femme me regarde avec un air presque mauvais, les bras croisés contre sa poitrine. Le reste de l’équipe nous contemple : Traümen reste en retrait de peur que cela ne dégénère et abîme son petit corps, Mr. Jo se contente de nous regarder un instant avant de replonger dans sa lecture et Blanche tente de rassurer son amie. Nous n’allions pas jusqu’à nous bagarrer. Nous avons toujours tous procédés d’une bonne manière. Il est hors de question que cela change. Rose soupire et ajoute :

- C’est comme si le traître te faisait une faveur. Comme s’il souhaitait que tu restes en vie ?

Charles ? pense-je étonnée.

Impossible qu’il me veuille en vie. Il fait partie de la Milice. Il coopère avec les allemands. Pourquoi vouloir garder une femme révolutionnaire en vie ?

Après, je ne peux pas vraiment m’en faire pour moi. Il ne connait pas mon vrai prénom, ni même ma profession je crois. Il doit probablement raconter des bobards aux allemands sur moi ou les autres, mais qu’importe.

Tout de même, cette idée de me garder en vie me fait tergiverser. Me laisse-t-il la vie sauve afin de pouvoir mieux me l’enlever après ? Manigance-t-il quelque chose de bien plus horrible ? Ou, peut-être essaye-t-il de me dire quelque chose ? Un message ?

Je ne l’ai pas vu depuis une semaine, alors que malgré mon avertissement, il semblait déterminé à continuer. Je dois lui parler. Je ne peux pas prendre le risque de le rencontrer. Si jamais des soldats nous voyaient, ou mes amis, cela serait la fin. Je dois pouvoir lui faire parvenir un mot.

Il est actuellement vingt-deux heures. L’extinction des deux est passé. Il est l’heure pour moi d’écrire.

***

Voilà ! Je reviens après quelques mois d'absence je m'en excuse. J'essayerais de poster un nouveau chapitre à chaque semaine en espérant gérer mon temps X)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et je vous fais de gros bisous et à la semaine prochaine (pitêtre)!

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