Pirate du temps

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    Giorgio habitait à Paris et était scientifique dans un grand laboratoire réputé pour sa nouvelle technologie. En ce moment il travaillait sur un projet qui lui tenait tout particulièrement à cœur, et qui n'était pas des moindres. Il devait fabriquer une machine à remonter le temps, et cela pour n'importe quelle époque ! Il avait passé des mois et des mois dessus, tout en sachant que la date butoire approchait à grand pas. La machine était composée de plusieurs matériaux, les uns plus précieux que les autres. Il y avait du fer, de l'argent, et bien d'autres encore ! Elle était imposante et prenait une grande place dans le laboratoire. Il y avait des tonnes de boutons cachés un peu partout, des fils qui pendaient... Un vrai bazar dont Giorgio devait présenter à son patron le processus d'ici une heure. Il devait pouvoir revenir en arrière, à condition que la machine ainsi que la télécommande le voudraient bien. Il fallait qu'il puisse se propager un peu avant la Seconde Guerre mondiale, en 1937. Il avait peur de devoir faire face aux tensions qui résidaient alors dans son laboratoire, le tirant de ses pensées. Il devait montrer son prototype, son monstre qui attendait de faire ses preuves.
"Alors, demanda le patron, sourire aux lèvres et arborant une délicate moustache, vous êtes prêt ?"
Giorgio inspira et hocha de la tête. Si jamais l'expérience ne marchait pas, il y avait toujours un bouton de secours. Mais il fallait mieux ne pas y songer, faire abstraction de cette autre possibilité et faire comme si de rien n'était. Il ouvrit la porte et entra à l'intérieur. Il y faisait froid, glacial et l'on ne pouvait rien voir. Le patron lut les instructions posées sur la table et pris la télécommande dans ses mains. Même pas un bon courage, un petit mot de sa part, il ne changera jamais se dit Giorgio. Celui-ci compta dans sa tête, et ferma les yeux. Il se retrouva propulsé dans le vide et avait comme une envie de vomir.

Peu de temps après on le vit aux États-Unis, à Atlanta. Roosevelt était alors président, et l'entrée en guerre du pays était un point d'interrogation. Il portait des habits de militaire, avait un béret et était assis à côté d'une inconnue. Ils commencèrent à échanger brièvement quelques phrases et parlaient de la pluie et du beau temps. Giorgio se trouvait dans une caserne et était en charge des troupes. Mais celui-ci n'avait aucune autorité et ne connaissait rien de l'armée. Les hommes en face de lui étaient alignés en ligne, et ils semblaient sérieux. Une perle de sueur coula alors du front de Giorgio, et il voulait s'enfuir d'ici. Il appuya sur la touche numéro un de la télécommande, qui se trouvait dans la veste de sa poche. Il se téléporta alors vers le présent, tout en croisant ses poings et en expirant par la bouche. Il se retrouva alors avec des habits neufs qui étaient restés intacts et qui n'avaient pas bougés. Son patron demeurait assis sur une chaise blanche et le fixait d'un regard tueur. Giorgio leva alors le pouce en l'air pour lui signifier que la machine avait marché. Un léger sourire se dessinait alors sur le patron et il lui serra la main. Giorgio avait accompli sa mission et il en était fier.

Début d'un rêveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant