~ Mardi sept janvier • Lycée des Anges • Sept heures cinquante-trois ~
Un peu avant huit heures, le CPE rôdait dans les couloirs de l'établissement quand il remarqua un détail étrange sur le sol : une tache rouge. Intrigué, il s'approcha et s'agenouilla. C'était du sang. Il releva la tête et en vit une nouvelle, puis une autre et une dizaine encore. Il les suivit et finit par arriver à une flaque de liquide rouge visqueux. Tremblant, il releva la tête et découvrit le corps inerte d'une élève. Celle-ci était suspendue par les pieds au plafond, les avants-bras parsemés de profondes coupures parallèles. Son visage était extrêmement blanc, ses yeux étaient révulsés et certaines mèches de ses cheveux blonds avaient pris une teinte brune. Dans l'air, il régnait une odeur nauséabonde et métallique, typique de celle de ce fluide vital. Pris d'un haut le cœur, il courut vers son bureau pour prévenir le Samu et la police.
L'accès au couloir avait été condamné le temps que les professionnels fassent leur travail. Malgré tout, deux élèves, les jumeaux Tom et Hugo, avaient réussi à apercevoir la scène de crime sans se faire attraper. Les deux frères allèrent alors raconter leur aventure à qui voulait l'entendre et les rumeurs commencèrent à se répandre entre les élèves. Certaines se rapprochaient de la vérité mais la plupart étaient erronées voir même saugrenues. Tout le monde était au courant de la tragédie qui venait de se produire dans le petit lycée d'Everton. L'inspecteur Alberto Garcia arriva dans le lycée vers huit heures trente, déjà préoccupé par un autre meurtre. Malgré son visage fatigué, l'homme d'une trentaine d'années restait élégant. Le commissaire était brun avec des yeux noisette, il était plutôt bien entretenu et avait un corps athlétique. Après être entré dans le bâtiment, il rejoignit ses collègues qui étaient déjà sur l'affaire. Il énonça d'une voix forte pour se faire entendre de tous :
« Qu'est-ce qu'on a comme infos sur la victime ?
Une scientifique s'approcha de lui et lui énonça le premier rapport visuel.
— La victime est une femme de type caucasien, seize ans tout au plus. Morte entre une heure et quatre heures du matin à cause de multiples entailles parallèles sur ses avant bras, nous avons également remarqué qu'elle a été droguée au chloroforme. Nous l'avons retrouvée suspendue par les pieds au plafond, la tête en bas permettait au sang d'alimenter le cerveau et lui permettait de rester consciente un peu plus longtemps, elle regarda ses notes et continua. Le meurtrier a fait une mise en scène, en laissant une rose blanche tachée de sang, qui doit sûrement être celui de la victime mais nous allons l'analyser au cas où.
— Bien... Vous avez pu prévenir les parents de la victime ?
— Elle s'appelait Mélodie. Ses tuteurs ont été appelés, ils sont en route tous les deux.
— D'accord merci pour les informations. Dernière question, pouvez-vous me dire qui a découvert le corps ?
— Je crois que c'est le directeur ou le CPE, il s'est enfermé dans son bureau, intervint quelqu'un d'autre.
— D'accord, prévenez moi si vous avez du nouveau, je vais aller le voir.
Alberto aperçut l'inspectrice Deveni, sa coéquipière qui se dirigeait vers lui. Avec le temps, elle était devenue une amie. Derrière elle se trouvaient quelques élèves curieux ou choqués qui n'étaient pas rentrés chez eux. Ensemble, ils se rendirent au bureau du CPE, pour lui poser quelques questions. David Jones était un homme d'âge mûr, plutôt petit. Son bureau était très peu accueillant avec ses murs d'un vert foncé oppressant. Sa collègue entama la discussion :
— Bonjour monsieur Jones, je suis l'inspectrice Marie Deveni et voici mon collègue l'inspecteur Garcia. Nous enquêtons sur le meurtre de Mélodie. C'est bien vous qui avez retrouvé le corps ?
— Oui, c'est moi.
— Avez vous touché à quoi que ce soit ? demanda Alberto.
— Non, pourquoi, j'aurais dû ? Elle était peut-être encore vivante ? il commença à paniquer.
— Calmez-vous... Elle était morte depuis plusieurs heures vous n'auriez rien pu faire.
David respira profondément pendant plusieurs secondes. Une fois qu'il semblait aller mieux, Alberto continua :
— Pouvez-vous nous dire ce que vous avez fait, quand vous êtes arrivé jusqu'au moment où vous avez appelé la police ?
— D'accord. Pour commencer, je suis arrivé un peu avant huit heures. Je suis allé tout de suite dans mon bureau, puis comme je n'avais plus rien à faire, je suis allé faire un tour dans les couloirs. Comme le lycée allait bientôt ouvrir, il était presque huit heures dix et les cours commençaient à quarante, je voulais profiter de mes derniers moments de silence pour aujourd'hui. Puis...
— Puis ? l'encouragea Marie.
— J'ai vu une tache rouge. Je n'ai pas tout de suite pensé à du sang, puis en sentant l'odeur, j'ai trouvé le corps.
— Vous avez trouvé le corps grâce à l'odeur ?
— Euh, non, j'ai juste suivi les traces de sang.
Question stupide.
— Pouvez-vous nous parler de Mélodie ? enchaîna Marie.
— Oui bien sûr. C'était une élève normale, sans problèmes particuliers, toujours respectueuse envers les professeurs ou tout autre employé de l'établissement. C'est hier que je l'ai vue la dernière fois.
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La Rose Maudite
Misterio / Suspenso« L'épine croît à côté de la Rose, Et si le Rosier n'est pas assez taillé, les épines prennent le dessus sur les fleurs. Et Personne ne souhaite que les épines s'imposent... N'est-ce pas ? » Une jeune fille est retrouvée assassinée à son lycée. À se...
