PARTIE DEUX
NÉNÉ & OZ
22:37
— Puisque tu vis seul, tu vas pouvoir
faire plein de soirée dans ton
appartement !
— Hé, doucement. Quelque chose
me dit que tu réfléchis déjà à la soirée
que tu pourrais organiser chez moi.
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— Je ne te connais que depuis
trente-deux minutes, mais je
commence à bien te cerner.
( Silence )
— Heureusement pour toi, moi aussi
j'adore faire la fête ! On l'organise
quand cette putain de soirée ?
— Le plus tôt possible !
— Mon appart fait 19m2 à tout
casser et j'aimerais encore avoir
un toit au-dessus de ma tête après
la soirée, donc on invite pas toute la fac.
— On a qu'à inviter nos potes proches.
Oh attend, je sais ! On invite chacun
des gens cool qu'on connaît, comme ça
on fait se rencontrer nos deux groupes
et ça fera de nouvelles rencontres.
— On dit combien de personne chacun ?
— C'est ton appart, c'est toi qui décide.
— Franchement, je sais pas trop...
Maximum dix-quinze
personnes, t'en pense quoi ?
— Je pense qu'on dansera pas le
madison vu le peu d'espace vital
qu'on aura, mais ça peut être super cool !
— Je te propose d'inaugurer notre accord,
j'ai justement une bouteille de
Poliakov dans mon sac.
— Tu serais pas un peu alcoolique ?
— Non.
( Silence )
— Enfin, ça m'ait déjà arrivé de
boire seul quand j'étais pas très bien.
— Développe.
— Enfaite, j'avoue que j'ai un peu
trop tendance à me soûler quand je
veux échapper à ma vie pourrie.
Oublier le temps d'une nuit et se ressaisir
le lendemain, c'était ma solution à une
période. Je crois qu'il y avait pas un soir
dans la semaine où je ne traînais pas dans
les bars. C'est pas génial, je sais, mais
bon chacun sa manière de tenir le coup.
— Bah... Je pense qu'à presque vingt ans,
une grande majorité de personne a déjà
pensé comme toi. Généralement, l'alcool
rend joyeux alors il suffit que tu sois
triste ou énervée et que l'occasion
se présente.
— Hum, je suis étonné que tu ne trouves
pas ça pitoyable comme façon
de penser.
— Je suis plus gentille que j'en ai l'air.
( Silence )
— Si, si, je t'assure.
( Rires )
— Ça va, je te crois.
— Je pense que c'est normal d'avoir
envie de mettre sa vie en parenthèse
quelques heures, le tout c'est d'être bien entouré pour ne pas faire de conneries.
— Personnellement, j'ai arrêté depuis
quelques temps, mais c'est pas le cas
de tout le monde. Je vois certains
de mes potes s'enfoncer dans l'alcool
de plus en plus.
— C'est pareil pour moi. Conduire avec
deux grammes dans le sang aussi.
Quand tu te dis qu'on a que vingt ans,
c'est flippant.
( Silence )
— Donc, la prochaine fois que tu veux
te soûler tu m'appelles, ok ?
( Rires )
— À certains moments, tu parles comme
si tu avais eu 372 vies ou qu'on était
dans un roman. C'est pas parce que
t'as quelques mois de plus que t'as
davantage d'expérience.
— Qu'est-ce que tu peux être prétentieux.
— Mais je retiens l'invitation. Comme ça,
on se plaindra de nos vies
pathétiques à deux.
— Parle pour toi !
Moi, ma vie est très bien.
VOUS LISEZ
La rousse & le blanc-bec
Short StoryIls se sont assis sur un toit et ils ont parlé. Des études, des soirées, des potes, de l'alcool, de grandes pensées philosophiques, de Stranger Things, des mathématiques, de la vie à la fac, de la vie tout court. Du cancer de Néné et du grand-père d...
