Chapitre 2: Veronica

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Le mois est passé à une vitesse d'escargot. J'ai donné mon préavis à mon boulot le lendemain de la conversation sms avec les filles. Ils l'ont accepté avec un mois de préavis au lieu de trois. Tous les soirs, j'ai fait des cartons, ça c'était une autre histoire... Aprés deux ans de vie commune, dur de savoir ce qui était à moi ou à Julien. Et vu que la conversation entre nous est réduite au stricte minimum, je me voyais pas aller le voir la bouche en cœur pour lui demander: "Dis-moi, c'est toi ou moi qui a payé ce bougeoir".

Au début de la cohabitation, Julien a tenté de me parler, mais non. Ça me faisait trop mal. Je souhaitais et ne souhaite toujours pas faire comme si on était amis. Ce n'est pas le cas, son amour pour moi est mort, je ne peux rien y faire. Mais le mien est toujours là et ça me bouffe. Bref, il a fini par lâcher l'affaire et nous sommes comme deux étrangers maintenant la plupart du temps.

J'ai fait partir mes cartons direction Paris et je prends l'avion demain matin. C'est donc ma dernière nuit dans cet appartement. Je suis tranquillement installée sur le canapé à regarder un film. Je profite que Julien ne soit pas là. Je ne sais pas s'il est surbooké au boulot ou s'il est avec l'autre. D'habitude, je reste dans ma chambre, mais on a quand même plus de chaines au salon et là, il y a "Ace Ventura en Afrique" et ça fait un bail que je l'ai pas vu. Je sens soudain une main passer sur ma joue et j'ouvre les yeux. Je vois Julien qui me regarde tendrement. Je me suis endormie sur le canapé sans m'en rendre compte.

Julien: Désolé, je ne voulais pas te réveiller.

Moi: C'est rien, je vais aller me coucher. Mon avion décolle tôt demain matin.

Julien: Veronica, je veux que tu saches que je n'ai jamais voulu te faire de mal. Et je t'ai sincèrement aimé. J'étais très heureux avec toi, mais les sentiments ne contrôlent pas. Je veux te dire que tu auras toujours une place dans mon cœur. Notre relation a beaucoup compté pour moi. J'espère que tu seras heureuse à Paris.

Moi: Merci Julien. Bonne nuit.

Julien: Oui bonne nuit. Au fait, tu veux que je t'emmène à l'aéroport demain?

Moi: Non, c'est bon, je me débrouille et c'est loin. En plus j'aurais que mon bagage à main. Le reste de mes affaires est déjà parti.

Julien: J'ai vu l'appart' fait bien vide...

Moi: J'espère que j'ai rien embarqué qui était à toi.

Julien: A toi ou moi, tu sais, la plupart des trucs qu'il y avait dans l'appart' étaient à nous, vu qu'on les avait choisis ensemble.

Moi: Ok, mais si tu vois un truc que j'ai pris alors que je n'aurais pas dû, tu n'auras qu'à m'écrire et je te le renverrais. Je ne pense pas te voir demain. Au revoir Julien, soit heureux.

Doucement, je dépose un baiser sur sa joue et pars me coucher. Je règle le réveil à 5h et éteins la lumière. Effectivement, c'est loin, je prends le train pour aller à Genève et l'avion direction Paris. J'aurais pu prendre le train directement pour Paris, mais le trajet était trois fois plus long et plus cher aussi. Bon, c'est pas tout, il est temps que je dorme. Me dire que c'est ma dernière nuit dans cet appart' me fait tout drôle. Et même si nous nous étions loin de l'autre, l'odeur du parfum de Julien qui flottait partout va me manquer... Je sèche la larme qui roule sur ma joue et m'endors.

Paris me voilà, je suis dans l'avion. Chanceuse comme je suis, je me retrouve sur le siège central, entourée par deux personnes assez corpulentes. J'arrive à peine à bouger les bras. Allez, 1h30 de vol, ça passe vite... J'arrive tout de même à mettre mes écouteurs dans mes oreilles et c'est parti. À un moment, je meurs de soif et demande un verre d'eau à l'hôtesse. Je commence à boire et en reverse la moitié sur mon voisin sans faire exprès. Et oui, j'ai deux mains gauches. Plus maladroite que moi, tu meurs. Là où d'autre aurait vu un défaut, Julien trouvait ça mignon. Stop arrête de penser à lui. Je m'excuse platement auprès de mon voisin. Malheureusement, cela lui donne une bonne occasion de lancer la conversation. Ça faisait depuis le décollage que je le voyais me lancer des coups d'œil. Enfin, c'est plus mon décolleté qu'il regardait. Ce vol promet d'être long!

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