Lorsque j'arrive à l'appart', les filles sont déjà sur le pied de guerre. Faut dire notre première sortie en boîte le lendemain de mon arrivée n'a pas été un franc succès. Tout ce dont je me rappelle de cette soirée, c'est d'avoir bu comme un trou en mode dépressive. Le lendemain, je m'étais réveillé dans mon lit en sous-vêtement et avec la pire gueule de bois que j'ai jamais eue. Je me souviens même pas comment on était rentré. Deux semaines après, on est sorti une nouvelle fois. C'était juste après que j'ai reçu Teddy par la poste, j'avais besoin de me changer les idées.
Mon Teddy, il sentait l'odeur de Julien, à croire qu'il avait fait exprès de remettre du parfum dessus. Je sais que ce n'est pas le cas. Les filles m'ont obligé à le laver pour en finir avec le parfum. Le pauvre a dû passer trois fois à la machine avant de ne plus sentir Julien. Et même s'il ne portait plus son odeur, il me rappelait trop l'ex-amour de ma vie. C'est pourquoi les filles me l'ont confisqué. Elles m'ont dit qu'elles me le rendraient quand cette période de ma vie me fera sourire et plus pleurer.
Bref, lors de la soirée post-Teddy, je me suis fait draguer, mais je n'étais pas allée jusqu'à rentrer avec le mec. Il était très beau mais... Bon, j'avoue, je me suis sentie flattée de me faire draguer, ça remonte toujours le moral de voir qu'on plait. Mais hier avec Nicolas, j'en ai eu envie et vu que je suis impulsive, et ben, j'ai foncé et je ne regrette rien.
Julie: Alors ma belle, tu nous racontes?
Lucy: Oui et on veut les détails.
Moi: Alors déjà, il s'appelle Nicolas. Et vous l'avez vu, il est canon. Après que vous soyez parties je lui ai proposé qu'on aille prendre un dernier verre chez lui.
Lucy: Quoi? C'est toi qui a proposé?
Moi: Oui, j'en avais envie. Faut dire trois mois sans sexe, je commençais à être en manque.
Julie: Mympho! Trois mois ce n'est rien.
Moi: Je te signale que Julien et moi, on vivait ensemble et qu'à ce niveau y a jamais eu de problème.
Julie: Quoi, vous le faisiez quand même pas tous les jours?
Moi: Tous les jours non, mais tous les deux jours. Alors passer de ça a plus rien...
Lucy: Ok, mais Julien, on s'en fous! Nicolas?
Moi: Donc on est allé chez lui et on a même pas pris le dernier verre. Je pense que j'avais déjà assez bu. J'étais pas ivre, mais j'étais détendue. Et je crois aussi que j'avais peur de me dégonfler si on tardait trop. Ça faisait quand même plus de trois ans que personne d'autre que Julien ne m'avait touché.
Lucy: Et c'était bon?
Moi: Perverse!
Lucy: Si tu veux. Alors?
Moi: Oui, c'était bon. J'ai vite vu qu'il avait de l'expérience. Ses baisers étaient fougueux avec ce qu'il fallait de douceur et ses mains semblaient connaitre par cœur la marche à suivre. Il m'a retiré mes vêtements à la vitesse de la lumière et m'a dévoré. Je peux vous dire qu'il a un sacré coup de langue...
Nous éclatons de rire toutes les trois.
Julie: Et ce matin?
Moi: Il s'est réveillé avant moi. Il est parti faire du café, je me suis rhabillée, on a vite fait bu un café et je suis partie en lui laissant mon numéro.
Lucy: Tu lui as laissé ton numéro, tu craques sur lui?
Moi: Non, il m'a fait rire, il est canon et super bon au lit, mais les relations sérieuses, stop, j'ai eu ma dose. Quand je suis partie, je lui ai dit que je ne cherchais pas un truc sérieux et vu les trois boîtes de douze préservatifs dans son tiroir, je pense que lui non plus. C'est ça où il a eu un prix de gros sur les capotes.
Julie: T'es sure? On te connait miss cœur d'artichaut.
Moi: Plus maintenant, à présent, je vais être miss briseuse de cœur.
Nous rions à nouveau. Mais dans le fond, je ne craque pas pour Nicolas pour une seule et bonne raison. Mon cœur est encore en reconstruction et le chantier est interdit au public.
Tiens mon portable vibre dans ma poche, serait-ce Nicolas... Non, c'est ma mère. Je l'adore, vraiment, je l'aime de tout mon cœur, mais par moment, elle m'étouffe, c'est dingue. Quand je l'avais appelé après ma rupture avec Julien, elle voulait que j'aille les retrouver. Elle et mon père ont déménagé dans le sud de la France quand ça faisait à peu près un an que je vivais avec mon ex. J'avais pu refuser avec l'excuse du boulot et j'avais eu un mal fou pour réussir à la convaincre de ne pas débarquer. Dans un sens, je me serais bien réfugié dans les bras de ma petite maman, mais si elle avait été là, je me serais encore plus apitoyée sur moi. Après quand je lui ai annoncé mon départ pour Paris, je l'ai sentie soulagée que je retrouve les filles et déçue que ce ne soit pas vers elle que je me sois tournée. Et depuis que je suis ici, elle m'appelle tous les quatre jours pour prendre des nouvelles.
Moi: Les filles, c'est ma mère, je vais lui parler dans ma chambre.
Je vais dans ma chambre et parle une demi-heure avec ma mère. J'ai le droit au récit du nouveau barbecue que mon père a mis dans le jardin. Elle m'explique qu'il a mis plus de cinq heures pour le monter en râlant. Qu'il a même fini aux urgences, vu qu'à force de s'énerver dessus, il a mis un coup de pied dedans et la brique a gagné. Quand je raccroche, je retrouve les filles avachies sur le canapé devant la télé.
Julie: C'est bon, elle est rassurée?
Lucy: Son bébé va bien...
Moi: Très drôle! Au moins maintenant, elle m'appelle tous les quatre jours. Quand j'étais encore à Haute-Savoie, c'était tous les jours. C'est une mère poule, qu'est-ce que je peux y faire. Mais c'est ma maman. Là, j'ai eu le résumé du combat de mon père contre leur nouveau barbecue. Bon, on fait quoi les filles aujourd'hui? On va quand même pas végéter toute la journée devant la télé. Un jour comme aujourd'hui, Annecy me manque, je me serais vautrée sur le Paquier avant de piquer une tête dans le lac.
Julie: Si tu veux, on peut aller à Paris plage.
Moi: On peut se baigner?
Lucy: Non ce sont juste des transats en bord de seine sinon on peut aller au parc Montsouris. Je suis sûre que ça te plairait, c'est super jolie là-bas.
Moi: Ça marche, je vais prendre mon appareil.
Nous montons en voiture et c'est parti avec les filles. Lucy a raison, c'est magnifique. Nous nous baladons en riant, je prends tellement de photos que j'ai déjà fini une pellicule. Je recharge mon appareil et arrivé à l'ombre d'un saule juste devant le lac, c'est parfait pour faire une belle photo de nous trois. Si les filles dégainent leurs portables pour faire des selfies. Moi, je cale mon appareil sur une pierre en face. Je règle le zoom et mets le retardateur et clic! C'est dans la boite. Bon, j'avoue, je fais aussi un selfie avec mon portable. Car comme je l'ai dit, j'adore avoir la surprise de la photo avec mon argentique, mais c'est long de la développer puis scanné pour mettre la photo dans le téléphone. Alors que là, on appuie sur un bouton et voilà, c'est publié sur Facebook.
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l'amour en photo
RomanceRencontre de Veronica Candie jeune photographe au cœur d'artichaut, trop souvent déçue en amour et Nicolas Dupond ingénieur informatique éternel célibataire.
