Comme des chiens !

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Même encore aujourd'hui, l'histoire que je m'apprête à vous conter me semble irréelle, tant on nage en plein délire.

Elle implique un client dont je n'ai jamais oublié le visage. Et je crois qu'il me marquera à vie. Même lorsque j'en discute avec d'anciens collègues, on en rit plus qu'autre chose. Ce client, la première fois où j'ai été confronté à lui, je ne me doutais pas qu'il allait me faire vivre une expérience traumatisante.

Lorsqu'il entre dans le sex-shop pour la première fois, je vois un homme à l'allure plus que respectable. Le genre d'individu dont on ne se méfie pas. L'homme déambule dans le magasin. A part lui et moi, il n'y a qu'un client qui rapidement se dirige vers le comptoir afin d'être servi. Par conséquent, je ne prête plus attention à l'autre client, je me rappelle qu' après avoir servi le client au comptoir, je vaquai à mes occupations. Environ 5 minutes s'écoulèrent lorsque le client réapparu dans mon champs de vision. Il prit congé de moi le plus naturellement du monde. Je ne prends pas encore conscience de ce qui vient de ce jouer, mais je vais très vite l'apprendre à mes dépends. Alors que je fais du rangement dans le comptoir, une odeur insupportable semble prendre possession des lieux. Je décide de chercher l'origine de cette odeur. Plus je m'approche, de ce qui semble être la source de l'odeur, plus je réalise ce que je vais découvrir.

Et la soudain devant moi, une vision insoutenable, je me camoufle d'ailleurs le nez avec la main tellement l'odeur est acre. La git sur la moquette (à ce moment, je regrette le choix du patron pour la moquette plutôt que le carrelage) Un tas d'excréments fraichement expulsé. Je réalise alors que c'est le fameux client que je n'avais jamais vu qui m'avait laissé ce « cadeau ». Je le maudis alors jusqu'a la 7eme génération, je le conspue, je le hais, je ne décolère pas durant un long moment. Je sors du magasin, on ne sait jamais s'il est encore dans les parages. Heureusement pour lui et pour moi (car j'écrirais probablement ce livre d'une cellule, car j'aurais pris perpette pour meurtre et barbarie.) Deux clients tentent de rentrer dans le magasin mais rebroussent aussitôt chemin tant l'odeur est forte. L'un d'eux me dévisagea en se disant certainement que la bonne tenue du magasin laissait à désirer, ne se doutant bien évidemment de rien. Vous vous doutez bien que je ne pouvais laisser en l'état, je me mis donc à l'ouvrage pour ramasser le tas de merde. (Vous m'excuserez si je vous passe les détails. Pour ceux qui aimerais connaitre malgré tous les détails, RDV dans le sex-shop le plus proche et allez visionner un film scato, si ça peut vous soulager). Apres nettoyé la scène de crime, j'informai mon boss de la situation, qui curieusement éclata de rire. Sans doute, mon attitude choquée le faisait s'esclaffer. Moi ça ne me faisait vraiment pas marrer. Encore heureux, la moquette était sombre, de couleur grise, ce qui évita de laisser des auréoles, tandis que l'odeur mis quand même deux jours à disparaitre. J'usais de 2 bonbonnes de désodorisant. Malheureusement pour moi, ce ne fut pas la seule fois que cette ordure (oui je trouve que ça lui va bien) me rendit une petite visite. Les 2 fois suivantes, je ne le vis ni entrer ni sortir du magasin. A chaque fois, il me laissa un cadeau, mais bizarrement je commençais à prendre du recul par rapport à ce genre de situation. Je nettoyais tout en jurant d'être vigilant afin que la prochaine fois, il ne m'échappe pas. La 4eme fois fut la bonne !

Lorsqu'il entra dans le magasin, environ 3 semaines après son dernier forfait, je fis mon maximum pour me contrôler et faire comme si de rien n'était. Je mis tout en œuvre pour le mettre le plus à l'aise possible. Je fis semblant de ne pas prêter attention à lui. Lorsque je remarquais qu'il s'isola, je m'approcha lentement vers lui en tentant de ne pas être vu. J'étais accompagné de ma négociatrice (madame la batte de baseball) qui en général parvient toujours à convaincre les interlocuteurs. Lorsque j'arrivais à la hauteur du connard (et venez pas l'appeler client sinon je cogne), celui-ci était occupé à remettre son pantalon. Il fut, vous imaginez bien, très surpris de me voir devant lui.

Comme je l'ai dit précédemment, lorsque je sors de mes gonds, je tutoie, c'est plus fort que moi :

– Alors ça va, t'es à l'aise !

– Tu vas bouffer ta merde ce soir, enculé. Je lui balançai tout cela tout en brandissant ma batte de baseball de façon menaçante.

J'hurlai, en bavant tellement je jubilais de l'avoir enfin coincé.

Sa réponse fut étonnante :

– Ce n'est pas moi !

– Ah c'est pas toi, tu vas voir tu vas bouffer de la merde !!

Sur ce, le client faisant l'offusqué me dit aussi sec :

– Je ne vous permets pas de me tutoyer !

– et toi je te permets pas de chier dans mon magasin

– Mais c'est pas moi !! je le jure ! Me dit-il encore.

J'étais alors dans une sorte de transe triomphante, je lui lançai encore :

– tu vas bouffer la merde de chaque client qui entre, t'as compris.

Un client que je connaissais entra alors dans le magasin et malgré l'odeur nauséabonde compris la situation et tenta de me calmer. C'est un africain comme moi avec un accent fort prononcé. -

Calme-toi mon frère ! Me dit-il.

Toujours aussi enragé, je lui hurlai :

– quoi toi aussi tu veux bouffer de la merde !

Il regarda alors le client et lui lança avec son accent :

– Monsieur, vraiment, ti a pas honte ! Faire caca, la comme les chiens !! Ah comment, vous vraiment, les blancs, vous êtes fous !!!

Là, je ne pus refréner un sourire, la phrase avait été prononcé avec une telle spontanéité, cela eu le don de me calmer immédiatement. J'ordonnais calmement a l'ordure de nettoyer l'endroit qu'il venait de souiller.

Il s'exécuta sans piper mot et lorsqu'il eut terminé je le menaça une dernière fois :

– si je te revois ne fusse qu'une fois, je te fais bouffer ta merde avec des pâtes !!

– Tu m'as compris ? J'ajoutai.

L'homme quitta les lieux tout penauds et évidemment je ne le revis jamais.

Le client africain ne cessa de répéter :

– non mais ils sont fous ces blancs !! trop de pression dans leur société, je pense, ah vraiment, c'est pas possible !!

Il me suffit encore, aujourd'hui, de repenser à sa façon de prononcer ces phrases pour me marrer.

Ce jour-là, il est parvenu grâce à son accent à dédramatiser la situation.

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