Immobile, vous fixez la peinture rouge. Des lettres grossières, taches sur le mur terne, forment trois mots.
Équité liberté vérité
Vous considérez un instant ces termes, vous demandant combien de temps cela durera encore. Vous sentez un mouvement derrière vous, et le le bruit singulier du métro s’élève dans le tunnel. Vous êtes presque seul, et les quelques personnes que vous voyez ne font pas attention à vous.
— C’est triste non ? De voir où on en est.
Surpris, vous tournez la tête. Une jeune fille vous fait face. Sa capuche vous empêche de distinguer son visage. Des mèches blondes dépassent de son sweat. Elle est de profil, ne prenant pas la peine de vous regarder. Quel serait l’intérêt…vous n’êtes qu’une tête inconnue parmi d’autres. Un être victime du monde. Un Homme.
— Vous seriez un lapin rose, vous n’auriez pas plus d’intérêt.
Sa réponse à vos réflexion silencieuse ne vous choque pas. Vous ignorez comment elle avait entendu votre pensé, mais cela paraissait normal.
— Nous sommes dans l’imagination. Je n’existe pas, et vous pas plus que moi. Libre à vous de vous penser réel. Mais il faudrait peut être consulter pour hallucination dans ce cas…
Vous ne riez pas. Ce n’était pas son but non plus.
— Si la vie était un mensonge quelle serait votre réaction ? Et si la votre liberté ne faisait que vous retenir prisonnier ? Esclave du rêve, hôte du veux. La lumière n’est-elle pas l’origine des ombres ? L’espoir fait vivre…mais qu’en est-il de ceux qui veulent mourir ?
Vous ne bougez pas. Le pouvez vous seulement ?
— Vous pensez fixer la peinture. Mais n’est-elle pas immobile elle aussi ? Pour vous c’est de la peinture. Mais n’existe-t-il aucun autre liquide teinté ainsi ? Pour moi ce n’est que du sang. Et ce sang vous fixe, immobile.
J’ai refait ma biooo <33