Ce matin j’ai croisé un homme. Un homme petit, un homme vieux, rattrapé par la fleur de l’âge. Dans ce milieu monochrome, il était voyant. Un pantalon marine, une veste brune, un sac bleu nuit, un vieux béret coloré comme lui. C’était beau. Je ne saurais dire pourquoi, mais c’était beau, ce rayonnement inhabituel. Dans la foule d’êtres invisibles, il se tenait voyant. Il attirait les regards, il faisait détourner les yeux, et c’était beau. Pourtant c’était simple, mais c’était beau.
C’était beau alors je me suis approché. Parce que les choses belles sont rares dans notre monde. Non, pas rares finalement… Elles sont…elles sont. Voilà. Ici, partout, il faut juste les remarquer. Prendre le temps de contempler.
Je me suis approché, et j’ai sentis l’effluve. L’effluve de la simplicité. L’effluve de la vie. Il avait l’odeur de café, l’homme. Un café fort, un café bon. Un café du matin, que l’on boit encore ensommeillé. Un café doux, un café brut. Un café beau. Un café simple.
Alors je suis resté, à le regarder pendant quelques minutes. À contempler la simplicité et la beauté de l’existence. La beauté qu’il reste encore de ce monde. La simplicité cachée, la beauté timide.
Pourquoi pas moi ?
Pourquoi n’ai-je pas le droit à cette beauté ?
Pourquoi ne puis-je pas profiter ?
Je vois bien que je suis le seul.
Enfermé, entre ces murs sans porte.
Incapable de sortir, incapable ressentir, seulement capable de mentir.
Pourquoi ne puis-je pas ressentir, seulement un fragment de vie ?
Pourtant c’est simple.
Pourtant c’est beau.
Pourtant c’est
et je ne suis pas.
Extrait du futur livre, le narrateur est un jeune psychopathe. À voir pour plus de détails…