La bombe explose sur la salle du conseil Sélenite, qui vole en éclats. L'eau déferle sur ses occupants, nous entraînant dans les profondeurs. Remué dans tous les sens, je ne sais plus où est le haut et où est le bas. Je retiens ma respiration, de peur que l'eau pénètre mes poumons. Peu à peu le tourbillon se calme, et je retrouve ma perception des directions. Je constate, soulagé, que nous n'avons pas été dispersés par le courant. Nous échangeons des regards, tout le monde semble aller bien, sauf l'un des conseillers de la reine Rosalia, celui qui m'a apostrophé au sujet du Pivero. Il est blessé à l'épaule, et son sang forme un nuage rouge autour de lui. Je fais signe à tout le monde de remonter. Soudain, une masse sombre aux yeux rouge luisants de haine traverse le groupe, emportant le conseiller dans sa gueule. Je me retourne pour suivre le Pivero du regard. A chaque coup de mâchoire du monstre, les os du pauvre homme craquent. Nous percevons tous le son, même à travers les dix mètres d'eau qui nous séparent du carnage. Le sang forme un voile macabre autour de la scène. Peu après, d'autres bruits nous parviennent : des hurlements étouffés par l'eau. L'avatar de l'homme vit encore. Il n'a pas été déconnecté. Il est forcé à subir cet enfer jusqu'à ce que sa barre de vie ne se vide. Brutalement, les cris cessent, ce qui signifie que l'homme est mort. Le Pivero se tourne vers nous. Je comprends que je dois faire quelque chose. Utilisant la magie de l'eau, je forme une bulle autour de notre groupe, avant d'y injecter de l'air, à l'intérieur de laquelle nous flottons tous en apesanteur. Je fais signe à BurnWind, qui maîtrise la magie élémentaire, de maintenir cette protection afin que je puisse attaquer.
Je charge mon corps de tout le mana disponible et m'envole, avant de libérer mon aura magique, qui forme des volutes colorées autour de moi. Déplaçant un peu de mon énergie dans ma main gauche, je serre le poing avant de tendre mon index et mon majeur joints, qui s'enveloppent d'ombre pure. Je dessine devant moi un cercle noir dans les airs. J'y trace une étoile à cinq branches, et j'achève mon pentacle en écrivant une rune différente dans chaque branche : celle de la mort, celle de l'âme, celle du sang, celle de la tempête, et celle du sacrifice. Enfin, au centre de l'étoile, je trace un dernier cercle, à l'intérieur duquel je dessine un caducée à l'envers : la rune de la malédiction. Aussitôt, je referme mon poing, et le plonge dans la rune centrale. Le pentacle s'évapore dans les airs, et les runes apparaissent tatouées sur mon avant-bras gauche. Instantanément, ma barre de vie descend de trois quarts. Prêt à lancer ma malédiction sur le Pivero, je tends le bras. Des spectres apparaissent autour de moi. Un violent vent glacé sort de mon bras, qui émet une lueur violette, et des hurlements de souffrance résonnent autour de moi, venus de partout. La peau de mon bras se déchiquette, comme attaquée par des griffes invisibles. Je joins ma voix au concert de hurlements tandis que mon sang se mêle au nombre grandissant d'esprits torturés qui m'entourent. Ils semblent se repaître de mon hémoglobine. Lorsque la douleur devient insupportable, je lance mon sort, et les esprits se ruent sur le Pivero, comme une tempête de doigts crochus, de souffrance et de promesses de supplices encore pires. Epuisé, je relâche mon aura, et m'abandonne à l'apesanteur régnant dans la bulle.
Mon sort prend fin, et je vois le Pivero qui saigne, entouré d'un nuage rosé de chair et de sang. Je pense tout d'abord qu'il a succombé à l'attaque des spectres, mais d'un violent coup de nageoires il se redresse avant de me montrer ses quatre rangées de dents longues comme des lames de cimeterre. Seulement trente-cinq mètres séparent le groupe du monstre, et je me résigne à être incapable de nous sauver tous. Soudain, une intense lumière sur ma droite me fait plisser les yeux. Je jette un œil : la reine Rosalia semble déchaîner sa magie, son aura est plus colorée et agitée qu'auparavant. Je n'ai jamais perçu une telle puissance, même chez Ophius et Magister. Des rubans de lumière colorée virevoltent autour de la reine, et je reste bouche bée devant cette magie d'un genre que je ne connais pas. Rosalia s'élève, la lumière se concentre sur ses poings serrés, et les rubans colorés s'estompent. Elle tend ses deux mains devant elles, paumes tournées l'une vers l'autre, à une dizaine de centimètre d'écart l'une de l'autre. Un rayon jaillit de cet espace, et frappe le Pivero, qui disparaît, consumé. Sous le choc, je ne réagis pas.
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Time Earth : War for AI
RandomAnnée 2024. Chacun possède un Diadème : un système de lecture neurale remplaçant les smartphones. Axel Maruno, jeune escrimeur un peu geek, se procure un jeu VR pour Diadème : Time Earth, un MMORPG dans lequel le temps et l'espace ont toute leur imp...
