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Un silence règne dans la chambre. Un silence reposant, comme je n'en avais pas eu depuis longtemps. C'est un silence, comme ceux dont nous avons besoin, parfois, pour faire le point sur certaines choses. C'est un silence, comme ceux qui nous font du bien, après des minutes et des minutes d'angoisse ou de calvaires. Un silence, comme ceux qui apparaissent, tel le beau temps qui vient après la pluie. Cette éclaircie qui vient embellir l'atmosphère jusqu'alors plongée dans la pénombre. C'est si apaisant que je ne veux pas que ce silence s'arrête. C'est si reposant que je prie pour que ça continue. Ne serait-ce que quelques minutes de plus.
Je ne suis pas encore prêt à refaire face à une nouvelle crise. Pas de sitôt. J'ai tellement eu peur en le voyant recroquevillé sur lui-même, à même le sol. J'ai tellement eu du mal à cacher mes propres inquiétudes en le voyant souffrir ainsi, encore. Depuis toujours, je me montre fort pour lui. Je fais en sorte de ne jamais craquer devant lui. Combien de fois me suis-je retenu ? Je ne compte plus depuis que tout a commencé. Un nombre incalculable de fois, certainement. C'est une promesse que je m'étais fait : Ne pas montrer mes peurs et mes faiblesses pour ne pas l'inquiéter. Parce que si je craquais devant lui, alors qu'il rencontrait des difficultés à surmonter son cœur noir de jais, c'en était fini.
Et aujourd'hui, j'ai failli. J'ai failli parce que j'ai pleuré. J'ai pleuré devant lui. J'ai pleuré en le prenant dans mes bras. Mais je l'ai aussi prié en l'implorant. Je l'ai prié d'arrêter de se sentir coupable, de se sentir comme une loque ou un déchet. Je ne l'ai jamais vu ainsi et ne le verrai jamais ainsi. J'ai horreur de ça et déteste quand il écoute tous ses maux, tous ses tourments. Tous ses démons qui le hantent depuis des années, sans jamais lui laisser une minute de répit. Je n'aime pas le voir ainsi, aussi mal et en détresse. J'en veux à tous ceux qui s'en sont pris à lui, et qui ont réussi à le persuader qu'il était un rejet de la société. Un dépravé.
Mais surtout, je m'en veux à moi-même. Car je n'ai jamais su être là pour lui, au bon moment. Je ne pouvais que ramasser les pots cassés et recoller les morceaux, petit à petit. Je me maudis de n'avoir pu être là pour lui, comme il le fallait. Comme je l'aurais voulu. Et maintenant ? Un an plus tard, je me retrouve là, à soigner encore et encore ses blessures invisibles. Un an plus tard, je me retrouve là, à avoir peur de le perdre à tout instant, à chaque nouvelle crise. Un an plus tard, je me retrouve là, allongé dans ce lit, aux côtés de mon meilleur ami qui dort enfin dans mes bras, après des minutes interminables de pleurs et de mal-être.