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J'ai paniqué. J'ai paniqué et je me suis levé de son lit pour me précipiter dans sa salle de bain, de peur de faire une connerie. Je lui ai dit de ne pas s'arrêter, de continuer à m'embrasser, à me toucher, à me caresser, à m'aimer. Je lui ai dit, mot pour mot t'arrête pas. Et il m'a pris aux mots. Il s'est à nouveau rapproché de moi, a redéposé ses lèvres sur les miennes et a fait en sorte que nos corps ne se quittent plus. J'ai senti le froid de sa bague contre ma joue. Sa bague en forme d'anneau noir qu'il a toujours à son pouce gauche. J'ai ensuite senti ses doigts se plonger dans mes cheveux. J'ai senti son corps partir en vrille avec le mien.
Nous nous sommes embrassés avec tant de ferveur, qu'il m'était impossible de reprendre mes esprits. Nous nous sommes embrassés avec tant de passion, que je n'avais pas le courage de tout arrêter. Ses lèvres douces contre le miennes, sa langue joueuse avec la mienne, je sentais la chaleur monter en moi, en nous. Je sentais le désir prendre le dessus, au point de nous toucher, de nous caresser. Sans gêne, sans hésitation, toujours avec ce naturel déconcertant qui nous habitait. Comme si nous attentions cela depuis si longtemps. Comme si c'était écrit.
Ça m'a fait tout drôle d'embrasser ainsi mon meilleur ami et de nous laisser aller avec tant de facilité et de passion dans nos ébats. Ça m'a fait tout drôle de me dire que nous étions là, comme deux amants d'une nuit, alors que nous nous connaissions depuis des années, que nous partagions tout l'un de l'autre, que nous connaissions tout l'un de l'autre. Que nous étions meilleurs amis. J'ai ressenti tellement d'émotions en me câlinant à lui, tellement de sentiments en l'embrassant, tellement de sensations en jouant avec sa langue.
Alors quand j'ai compris que je savourais son odeur de litchi, que j'entendais sa respiration saccadée et sentais son souffle chaud et rapide contre ma peau, j'ai su ce que nous étions en train de faire. Tel un lâche, j'ai mis fin à nos pulsions de désirs – et quelque peu sexuelles. J'y ai mis fin à contre cœur, mais avec malgré tout cette peur qui m'habitait dans l'estomac. J'ai reculé et l'ai repoussé doucement avant d'observer un moment son visage, perdu dans les remords et la gêne. Et je me suis réfugié dans sa salle de bain, lui balançant un simple excuse-moi une minute.
Et je me retrouve-là, assis à même le sol, dos contre la porte et les genoux relevés contre mon torse. Mes bras posés dessus, ma tête est enfouie à l'intérieur. Et je me maudis pour avoir failli, encore. J'essaye d'oublier ses mains sur mon corps et ses doigts dans mes cheveux. J'essaye d'oublier ses embrassades et ses tendresses à mon égard. Dieu, qu'il embrasse à merveille. Mon meilleur ami n'est pas seulement doué pour aimer. Il est doué aussi pour embrasser. Il est doué pour nous transporter au septième ciel, sans même nous avoir fait l'amour.
Je me sens tout chose. Encore. Merde. Rien que d'y repenser, rien qu'à l'idée d'aller plus loin avec mon meilleur ami. Merde. Mon corps part en émoi, je le sens, c'est inévitable, je ne le contrôle plus. Merde. Si je n'arrête pas ça, je vais...
― J'ai encore merdé, hein ?
La voix de mon meilleur ami – devenu mon amant durant ces dernières minutes – me tire de mes pensées. Je relève la tête, réalisant qu'il est juste derrière la porte de la salle de bain.