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Je dû mettre fin à mes pensées. Il vient d'ouvrir les paupières, doucement, complètement éméché. A moitié à l'ouest, il ne réagit pas tout de suite au fait que nous sommes dans nos bras, si près. Dieu que son visage est près du mien. Trop près. Mais bordel, qu'il est doux, son visage. Ma main droite commence à remuer, ne sachant quoi faire. Elle veut le caresser. Le toucher. Se poser sur sa nuque, là où démarre sa mâchoire pour ensuite, avec mon pouce, faire de lents vas-et-viens sur sa joue. Bordel. Je ne sais pas quoi faire et ma main me démange. Alors je le vois froncer soudainement ses sourcils, curieux de me voir avec lui, si près. Trop près.
― Ça va ? me demande-t-il en plongeant son regard dans le mien.
Mon cœur me fait affreusement mal. Son poids s'alourdit de seconde en seconde, tandis que je tente de trouver les bons mots :
― C'est plutôt à moi de te demander ça. ― Tu as pleuré, constate-t-il doucement.
Et mon cœur rate un battement. Non pas que j'ai honte, mais bien parce qu'il m'a percé à jour. Après l'avoir aidé à reprendre sa respiration pendant sa crise, mes mains maintenant toujours les siennes, il m'avait dit, tremblant et entre deux sanglots :
― Ça recommence. Tout recommence.
Je savais que trop bien de quoi il parlait. Tout son mal être, tous ses démons... Tout son passé qui pesait sur ses épaules et dans son cœur, le faisait souffrir. Et lui faisait tellement peur aussi. Je n'avais pu m'empêcher de le rejoindre à ce moment-là, et de le prendre dans mes bras, l'entourant de mes jambes et le berçant doucement. Son visage au creux de mon cou et mes lèvres dans ses cheveux à l'odeur de litchi, je lui avais alors répété :
― Ça va aller. Je suis là, ça va aller.
Et j'ai pleuré. Pleuré. C'était la première fois que je l'accompagnais ainsi dans sa détresse. J'étais fatigué de jouer les forts, alors que mon cœur était brisé de le voir aussi mal. Je me souviens qu'on m'ait dit au lycée, de le laisser pour ma propre santé mentale. Que si je restais avec lui, je finirai par sombrer moi aussi, qu'il me détruirait à petit feu. J'en étais incapable. C'était mon meilleur ami. Et aujourd'hui, même s'il lui reste beaucoup à faire pour aller mieux, même si moi aussi, je ne supporte plus son mal-être, il m'est impossible de partir. Pas avec ma loyauté, pas avec notre amitié, pas avec l'amour que je lui porte.
― Tu m'as foutu la trouille, dis-je soudainement, dans un souffle. ― Je suis désolé.
Et ce fut de trop. Ma main se plaça instinctivement et délicatement au creux de son cou, juste en-dessous de sa mâchoire, de façon que je puisse caresser de mon pouce sa joue rougie.
― Nan, ne t'excuse pas. Surtout ne t'excuse pas pour ça, continuai-je sans réellement me rendre compte de ce que j'étais en train de faire.
Alors il se mord la lèvre inférieure, comme il le fait toujours quand il est gêné. Cela a le don de me rendre fou, et encore plus maintenant que je comprends mes sentiments pour lui. Mon cœur ratte un autre battement quand il recouvre ma main sur sa joue avec la sienne. Et un autre quand il se rapproche de moi. Un énième quand il pose doucement son front contre le mien. J'ai envie de l'embrasser. Je ressens ce désir grandir au fur et à mesure qu'il me regarde, se rapproche, me touche...