Deux jours ont passé depuis le départ de Lamine. Tout le monde ne parlait que de son départ. Tout le monde sauf Laylana. Elle faisait tout pour éviter le sujet. En même temps c'était facile puisqu'elle ne parlait à personne dans la maison. Si ce n'est Ahmadou et son beau-père de temps en temps puisque ne voulant pas le déranger. Elle restait donc la plupart du temps dans sa chambre avec sa fille Assia.
Ce matin en balayant la cour et la devanture de la maison, elle remarquait que certaines personnes la regardaient bizarrement. Elle n'y prête pas plus d'attention et continue sa tâche. Après voir fini, elle rentre pour prendre sa douche. Sauf qu'au moment d'entrer dans sa chambre, elle entend des cris, des pleurs et surtout le prénom de son mari. Automatiquement elle sort de sa chambre et voit ses belles-sœurs se rouler par terre dans la cour.
- « Qu'est-ce qui se passe ? » demande-t-elle même si au fond elle savait puisque ses larmes commençaient déjà à couler
- « Wouy Lamine dé na, Lamine est mort, wooyyyyy » s'écrie Aziza
Laylana qui était complètement déboussolée et sous le choc se voit asséner de coups par sa belle-mère.
- « Li yeup c'est à cause de toi. Deumb bi nga done. Depuis que tu es rentrée dans sa vie rien ne va dans cette maison. Tu as tué mon enfant » fait sa belle-mère en continuant de lui donner des coups
Cependant, la jeune femme ne réagissait pas. Pire elle ne ressentait même pas les coups qu'elle recevait. Elle était sûrement entrain de rêver. Ce n'était pas possible que son mari meure, la laissant seule ici.
- « Lamine est mort ? » dit-elle d'une voix à peine audible
- « Loy dioy yako rey, c'est toi qui l'as tué » enchaîne Marie
Ne sentant plus ses jambes, Laylana se laisse tomber en étouffant ses pleurs. Elle le savait, elle l'avait senti mais elle n'arrive pas à y croire. Lamine ne pouvait pas lui faire ça. Elle venait de perdre son bouclier, l'homme de sa vie. Elle est restée allongée par terre durant des minutes. Les femmes de la maison ne la calculaient absolument pas. C'est son beau-père, accompagné de certains jeunes du quartier, qui a demandé aux jeunes de l'emmener dans sa chambre. Le père de Lamine était très âgé et marchait tant bien que mal à l'aide d'une canne. Le corps de Lamine n'a pas encore été retrouvé et pour le moment aucun rescapé n'a été déclaré.
Arrivés dans la chambre, ils trouvent bébé Assia entrain de pleurer. Laylana la regarde et son cœur se déchire encore plus. Elle venait de perdre son mari mais sa fille, elle, n'aura jamais plus de père. Elle ne connaîtra jamais le bonheur d'avoir un père. Elle lui demandera où est son père et elle ne saura pas quoi répondre.
- « Laylana ! » elle sursaute en attendant le son de la voix de son beau-père
Elle se retourne nonchalamment vers lui.
- « Je sais que c'est encore tôt mais il faut que tu m'écoutes ... tu ne la calmes pas ? » fait-il référence à Assia qui continue à pleurer
Machinalement, Laylana la prend et lui donne immédiatement le sein. Elle semblait être ailleurs.
- « Lamine est certes mon fils mais je sais que c'est toi qui perds le plus dans cette maison. Avant de partir il m'a dit de prendre soin de toi et de te protéger. Il t'aimait plus que tout, c'est pour toi qu'il se battait. Je ne savais même pas qu'il avait pris la pirogue ... »
- « Je lui avais dit de ne pas partir baba. Il ne m'a pas écoutée. J'avais seulement besoin de lui et de rien de d'autre. C'est de ma faute s'il est mort, c'est moi » l'interrompt Laylana avant d'éclater en sanglots
- « Je ne veux entendre ces mots de ta bouche est-ce que c'est clair ? Est-ce que tu es Allah maintenant ? Depuis quand tu as ce pouvoir ? Lamine est mort parce que c'est ainsi. Je vais te demander une faveur et je veux que tu le fasses pour moi, pour ma petite-fille et toi Laylana » rétorque son beau-père
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LAYLANA
RomanceDevenue maman puis veuve à 20 ans, Laylana a vu sa vie basculer du jour au lendemain. Originaire de Rosso, à côté de la Mauritanie, elle rejoint Dakar après le décès de son mari pour offrir un avenir meilleur à sa fille. Cependant elle était loin d'...
