Se tenir là, allongé dans ce lit le rendait irritable depuis bientôt plus d'une heure. Agacé par le temps d'attente et l'odeur que dégageait cette chambre d'hôpital, Sergueï jeta un regard noir à l'infirmier.
— La balle est ressortie, dois-je faire le pansement moi-même ?
Le jeune infirmier se décida enfin à dérouler la bande. Il grogna doucement en tournant la tête vers cette porte fermée qu'il brûlait de démolir. Cela faisait bientôt plus d'une heure que la jeune femme avait été prise en charge et plus les secondes passaient plus il sentait la colère bondir hors de ses entrailles. Puis enfin, la porte s'ouvrit sur elle. La légère entaille sur son front était recouvert d'un pansement et elle portait sa veste noire en guise de manteau. Il tendit son bras valide pour la serrer contre lui.
Stalder entra à son tour mais Sergueï l'ignora, trop occupé à humer l'odeur délicate de la jeune femme qui l'aidait à oublier la putréfaction qui se dégageait dans cette chambre stérile et pourvue de chaleur.
— Je sais que vous avez horreur des hôpitaux et tout ce qu'ils comportent mais c'était la seule solution pour ne pas attirer l'attention sur votre...statut, déclara Stalder quand ils furent seuls.
— Vous voulez dire pour éviter que mon nom écrase la presse dès demain matin, rectifia Sergueï en levant un sourcil.
— Je ne comprends pas, murmura Ivana dont la voix affaiblie par le choc lui arracha une douleur intérieure.
— Stalder ne peut pas prendre le risque que je sois reconnu sinon les journalistes les plus curieux essaierons de creuser dans cette affaire étouffée grâce à moi et ils pourraient trouver de quoi la faire rebondir.
Stalder se gratta le front gêné.
— C'est un véritable massacre, la presse qui est sur place parle d'une boucherie sans précédent.
Sergueï n'en avait que faire des commentaires, le principal c'est que ces hommes sans valeur ne soient plus de ce monde.
— C'est l'affaire du siècle pour vous Stalder, vous n'allez pas vous en plaindre. Où sont les filles ? Vous les avez retrouvé ?
— Dans le champ voisin, elles étaient cachées là-bas. Elles sont prises en charge par des médecins et des psychologues.
Sergueï inspira imperceptiblement en tournant la tête vers Ivana. Épuisée, le teint pâle, Sergueï n'avait malheureusement pas oublier qu'il avait tué un homme devant ses yeux.
— Sergueï il va tout de même falloir m'expliquer comment c'est possible de tuer plus de soixante-dix hommes tout seul, il y en a partout autour de la ferme et il faudra probablement des semaines avant de pouvoir tous les identifier.
— Bienvenue dans mon monde inspecteur Stalder, je n'ai aucune pitié, répondit-il sans une once de remord dans la voix.
Il marqua une pause dans laquelle il expira bruyamment par le nez.
— Je n'étais pas seul, il y avait quelqu'un d'autre là-bas et il ne s'agissait pas de mes hommes.
Stalder releva les yeux, l'air incrédule.
— Qui c'était ?
— Malheureusement je n'ai pas eu le temps de bavarder avec lui, ironisa-t-il. Il a tiré une balle dans la tête de Drake Agon presque en même temps que moi et lorsque nous nous sommes confrontés, tout ce que j'ai relevé c'est qu'il était autant déterminé que moi.
VOUS LISEZ
Un troublant professeur ( La vengeance du mafieux )
RomansaAprès deux ans et demi passée en enfer, luttant contre la maladie et l'anxiété, Ivana reprend le chemin de l'université, là où sa vie a basculé. Alors qu'elle doit faire face aux fantômes de son passé, Ivana découvre que l'université est entre les m...
