Fang avait toqué discrètement à la porte de la chambre pour laisser deux plateaux chargés du petit déjeuner juste devant le paravent de séparation entre le lit et le reste de la chambre.
Le jeune ancien esclave s'était levé à l'aube pour aller au marché avec la petite voiture à bras qu'il avait bricolé avec des restes de bois trouvé sur le domaine. Sa cuisine n'était pas des meilleures loin de là, mais il adorait bricoler. Il avait de la chance que ses maîtres soient des prêtres et non des nobles. Leurs palais toléraient davantage la cuisine simple même si généreuse du jeune homme. Après tout, des nouilles aux légumes avec des tranches de lard grillé n'avaient sans doute pas la délicatesse d'un plat de langue de canard en gelée avec un confit de pommes, mais ça vous remplissait tout autant l'estomac. Il évitait aussi rigoureusement les piments pour les remplacer par des épices fortes en gout mais aucun piquant.
Pendant que ses maîtres se réveillaient lentement, il mit dans de l'eau chaude les vêtements récupérés sur le sol des bains extérieurs pour les faire tremper avant de les laver. Ils n'étaient pas vraiment sales, juste souillés de sueur. Un peu de trempage dans de l'eau de savon avant de les rincer et de les mettre à sécher suffirait. Pour les cuirs de Boya Daren, il avait trouvé sur le marché une huile sans odeur qui devrait les nettoyer sans peine.
Perdu dans ses pensées et son travail tranquille même si solitaire, Fang s'était mis comme souvent à fredonner pour donner un rythme à son travail. Une fois les vêtements en train de sécher, les cuirs propres et assouplis, il alla vérifier si les plateaux de petit déjeuner avaient été posé hors de la chambre mais aucun bruit ne venait de l'intérieur. Ses maîtres devaient toujours dormir.
Lorsqu'on toqua à la porte du domaine, il alla chercher la livraison de riz et de pâtes fraiches ainsi que de viandes qu'il avait commandé au marché. Le riz se gardait, les pâtes se maintiendraient bien deux semaines et même si ses maîtres partaient le jour même, il aurait le temps de les manger avant qu'elles ne se gâtent. La viande serait un peu plus délicate mais il pourrait toujours la fumer ou la mariner s'il le fallait.
Une fois la cuisine remplie, il quitta la maison pour aller nourrir les poulets, récupérer les œufs du jour, vérifier si les poussins attendus étaient nés, attraper une poule bien grasse en fin de vie pour lui couper le cou pour le repas du lendemain, récupérer le duvet et les plumes, faire du bouillon et nourrir les petits cochons qu'il avait trouvé quelques mois plus tôt. Les œufs en cuisine, la poule vidée et mise à dégorger, il pouvait aller désherber un peu le petit potager qu'il avait installé derrière la haie qu'il avait planté pour le cacher du jardin ornemental.
Vers le milieu de matinée, il s'étira lourdement. Son panier de légumes était plein, les légumes avaient été arrosés et désherbés, du compost mêlé à la terre pour la nourrir, il pouvait rentrer à la maison.
"- Bonjour Fang."
Un coassement de surprise échappa lourdement au pauvre serviteur.
"- Maître !"
Il se jeta à genoux par réflexe. Il n'avait pas vu ses maîtres ni n'avait été là pour eux ! Il aurait dû être dans la maison à attendre qu'ils se réveillent et...
"- Ne te prosterne pas, Fang ! Ne fais pas ça." QingMing n'aimait pas voir les gens ramper devant lui à part dans des circonstances très spéciales.
"- Je suis désolé, maître. J'aurais dû..."
"- Tu as déjà très bien travaillé, j'ai vu. Et tu es seul. Tu ne peux pas te reprocher de ne pas pouvoir te couper en deux." Souris encore QingMing.
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Hybrid Love
FanfictionLorsque l'on commence à se tripoter l'épée, quelques minutes après une première rencontre, c'est déjà un bon signe d'une certaine alchimie. Quand on passe les trois jours suivant à flirter comme des sales tout en s'ingéniant à sauver l'Empire, cette...
