Titre du Chapitre

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J'entends vaguement du brouhaha, des voix de femmes et d'hommes. Je n'arrive pas à bouger, ni même à ouvrir les yeux.
( Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Où est-ce que je suis ? )

- Madame Leroy, il faut juste attendre. Milla a énormément de contusions, de points de suture ... mais ce qui va être le plus traumatisant ce sera de surmonter tout ce qu'elle a vécu !
- Je comprends, mais docteur, pourquoi ne se réveille-t-elle pas ?
- Dans ces cas là, c'est fréquent que le corps se mette en stand-by, pour éviter toute souffrance supplémentaire, laissez lui le temps de revenir parmi nous, d'accord ? Ne vous inquiétez pas Mme Leroy.
- Merci docteur.

J'entends du monde bouger autour de moi, des chuchotements, des pleurs ... Maman ...
J'ai mal à la tête et j'ai soif. Je n'arrive toujours pas à ouvrir mes yeux, je suis si faible, si fatiguée ...

- Merci Julie de nous avoir prévenus, nous t'en sommes vraiment reconnaissants.
- Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, c'est Jon !
- Jon ? Le jeune homme que l'on a croisé dans la chambre, l'autre jour ?
- Oui, et c'est lui qui m'a dit de vous appeler et surtout c'est lui qui a retrouvé Milla !
- J'ai bien vu à son regard, qu'il tenait énormément à Milla.
- Oh oui, énormément ...

Jon ... Il me manque ... je voudrais le voir ... ma Julie, c'est toi ? Pourquoi je n'arrive pas à me réveiller ? Aide moi s'il te plait ! Dis moi ce qu'il se passe ? Pourquoi je suis comme ça ? Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Où est-ce que je suis ? Je voudrais qu'on m'explique, qu'on ne me laisse pas comme ça ! Je suis morte, c'est ça ?

- Milla ? Réveille toi Bébé ! S'il te plait ! Je te demande pardon, je n'aurais pas dû te laisser partir. Si seulement je n'avais pas bu !
- Ce n'est pas ta faute, mec ! C'est Yvan l'unique responsable ! Une sale merde !
- Si seulement je l'avais fini quand on est allé récupérer Milla au Club !

Yvan ... oh mon dieu, Yvan ... le lit dans le noir ... le scotch ... la bassine ... Juan ... les coups ... moi, nue ... est-ce qu'il m'a encore violée ?
- Jon !! Elle se réveille !! Dit Scott.
- Oh ! Milla, Bébé ! Tu m'entends ?
- Oui ... je murmure.
Il m'embrasse délicatement sur le front et me serre tendrement la main.
- J'appelle l'infirmière !

Quelques temps plus tard, une panoplie d'infirmières et de médecins sont dans ma chambre.
- Milla, je suis le docteur Jouffroy, je suis là pour m'occuper de vous, vous m'avez compris ?
Je fais juste un signe de tête, pour éviter de parler, je suis encore tellement faible.
- Milla vous rappelez-vous ce qu'il vous est arrivé ?
Même signe de tête.
- Parfait ! Surtout ne vous inquiétez pas, vous avez des contusions, des points de suture mais absolument rien de grave.
-  Est-ce qu'il m'a ...
-  Agressée sexuellement ?
-  Oui, je murmure.
-  Non, rassurez-vous, absolument pas. Nous avons dû vérifier pour le bien de l'enquête, vous comprenez Mlle Leroy ?
-  Oui.
-  Bien, maintenant je voudrais savoir si vous êtes prête à recevoir les messieurs de la police ?
-  Maintenant ?
-  Oui, ils attendent derrière la porte !
-  D'accord.
-  Très bien, il fait un signe de tête à une infirmière pour aller les prévenir. Je vais vous laisser Mlle Leroy, n'oubliez surtout pas que beaucoup de gens sont là pour vous, si vous avez besoin de parler. Vos parents ne vont pas tarder aussi, ils sont allés se reposer un peu.
-  Mes parents ? Ils sont là ? Mais depuis quand ?
-  Ils sont arrivés très rapidement. Votre petit ami les a prévenus dès votre arrivée à l'hôpital, il y a trois jours.
-  Mon petit ami ?
-  Oui, Mr Elliott ! Il attend également derrière la porte. Je vous laisse, je repasserai vous voir plus tard Mlle Leroy.
-  Merci docteur.
Mon petit ami ? C'est comme ça qu'il s'est présenté ? Il me manque, j'aimerais tellement le voir. Et mes parents sont là ? Ils sont venus pour moi !
Tout le personnel médical est sorti, quand on frappe à la porte. J'espère que c'est Jon. Mais non, la porte s'ouvre sur deux officiers de police, une femme et un homme.
-  Bonjour, Mlle Leroy, pouvons-nous parler de ce qu'il vous est arrivé ? Me demande la jeune femme.
-  Oui, dis-je toujours en murmurant.
-  Très bien, je me présente je suis l'officier Nelly Pradon et voici mon collègue Jacques Vallet. Tout d'abord, comment allez-vous Milla, je peux vous appeler Milla ?
-  Oui ... je suis fatiguée et assez paumée à vrai dire.
-  C'est compréhensible Milla. Est-ce que vous pourriez m'expliquer comment Mr Barson Yvan vous a kidnappé ?
-  Devant chez moi, il est arrivé par derrière et m'a collé un chiffon sur la bouche ... Après, je ne me rappelle plus de rien, avant de me réveiller dans cette pièce noire attachée à un lit.
-  Ok, ensuite Milla ? Vous vous souvenez ?
- Ensuite je suis restée un moment seule, dans cette pièce ... Il n'y avait aucun bruit ...
Quelqu'un frappe à la porte, elle s'ouvre instantanément. C'est Jon.
- Jon !
Il s'élance vers moi, nous nous prenons dans les bras l'un de l'autre, les deux officiers n'osent pas bouger. Il ne me serre pas trop fort, pour ne pas me faire mal, mais nos retrouvailles sont intenses, il est heureux de me revoir, ça se voit. Nous nous embrassons tendrement. Ses baisers m'ont tellement manqués, son odeur aussi et ses mains ! Quel plaisir de les sentir de nouveau sur moi ! Il me caresse doucement les joues, puis les cheveux. Nous nous sommes retrouvés, il n'y a que ça qui compte.
La jeune officier se racle poliment la gorge, pour nous rappeler qu'ils sont dans la chambre avec nous. Jon se recule doucement. Il s'assoit sur le lit tout en restant collé à moi.
- Milla, m'interroge l'officier Nelly, je suppose que vous acceptez que votre petit ami reste avec vous, pendant que nous vous posons quelques questions sur votre enlèvement.
- Mon petit ami ? Je m'exclame en regardant Jon.
- Oui, ton petit ami ! Ça te dérange bébé ? Dit-il en m'embrassant le front.
- Non, je suis contente. Et oui Nelly, vous pouvez continuer même si Jon est là.
- Très bien, vous étiez en train de nous raconter que vous êtes restée un moment seule dans la pièce, attachée à un lit.
Jon me sert fort la main, j'ai soudain un doute, je ne pense pas qu'il va apprécier tout ce que je vais raconter. Mais bon, après tout, j'aurais dû lui expliquer plus tard, au moins je n'aurai pas à recommencer.
- Oui, j'ai attendu un moment avant d'entendre des portes claquer. Puis celle de la chambre s'est ouverte et je l'ai reconnu immédiatement. Il s'est approché de moi et m'a traité de pute, qu'il voulait me baiser ... il m'a enlevé le scotch de la bouche, au début je suis restée calme puis je me suis mise à hurler ... alors il m'a frappé.
Je commence à sangloter, à grelotter. J'ai froid de l'intérieur. Alors Jon me sert dans ses bras, fort, trop fort, il oublie l'espace d'un instant les coups que j'ai pris, je gémis et il les desserre en s'excusant. Je suis si contente qu'il soit là, à côté de moi, j'ai tellement rêvé à ce moment-là pendant que je vivais l'enfer.
-  Milla, voulez-vous arrêter un instant ?
Je relève la tête et lui dit :
-  Non, je veux continuer et en finir, pour pouvoir me reposer après, et essayer de ne plus y penser ou en tout cas le moins possible !
-  Ok, alors vous nous racontiez que Mr Barson vous avait frappé, à quel endroit ?
-  Au visage ... Ensuite il est parti, il m'a dit qu'il avait des choses à faire et m'a laissé de nouveau dans le noir. A un moment, je n'arrivais plus à me retenir ... je me suis uriner dessus.
Je lève les yeux vers Jon de honte.
-  Non, bébé, ne me regarde pas comme ça, tu n'as pas à avoir honte ? Tout est de la faute à ce salopard d'Yvan, ok ?
-  Oui, je sais ...
Mais il ne peut pas m'empêcher de penser, que tout est quand même de ma faute, dès le départ je n'aurais jamais dû entrer dans ce maudit Club. Du coup, je pense aux filles, est-ce qu'elles sont au courant ? Est-ce qu'elles travaillent encore ? Comment va faire Lorena, elle a sa fille a élevé ?
-  Milla ? Mlle Leroy ???
...
-  Oui.
-  Est-ce que tout va bien ?
-  Oui, je pensais à mes collègues au Club.
-  Le Club a fermé Milla, elles ont été prises en charge par nos collègues et une assistante sociale pour les aider.
-  Ok. Je suis rassurée.
-  Milla, vous voulez bien continuer s'il vous plait ?
-  Oui ... Yvan est revenu après, mais je ne sais pas du tout au bout de combien de temps. Il a demandé à Juan qu'il apporte une bassine pour que je me nettoie ... je n'arrivais pas à croire que Juan était son complice, il a toujours été si gentil avec moi ! J'ai essayé de lui parler, de lui demander de l'aide, je l'ai supplié à plusieurs reprises ... mais il m'a dit qu'Yvan le tenait qu'il n'avait pas le choix !
-  Oui, en effet Milla, Mr Barson le menaçait de s'en prendre à son épouse qui est enceinte, il s'est senti pris au piège, me dit Nelly.
-  Juan est marié ? Et bientôt papa ? Il ne m'en a jamais parlé !!!
-  Milla c'est un peu grâce à Juan, que nous vous avons retrouvé, mais surtout grâce à Mr Elliott. Il a attendu devant le Club, jusqu'à ce que Juan fasse son apparition et il l'a suivi, puis est arrivé là où vous étiez retenue. Du coup, Mr Elliott nous a contacté et vous connaissez la suite.
Je regarde Jon, je ne peux m'empêcher de me coller contre lui, ma façon de le remercier, pour l'instant.
-  Bébé, raconte la fin de ton calvaire aux officiers, que tu puisses te reposer, d'accord ?
-  Une fois que je me suis lavée, Juan m'a apporté des gâteaux et de l'eau ... puis Yvan est de nouveau réapparu, et cette fois-ci il était déterminé. Il me voulait, il m'a fait me déshabiller, il voulait caresser mes fesses avec son sexe ... je ferme les yeux, cette vision me dégoûte, il me dégoûte !
Je continue :
-  Mais je me suis débattue et c'est là qu'il m'a frappé sans s'arrêter. Des coups violents, aux visages, dans les côtes, c'était terrible. Puis je suis tombée dans une semi-conscience ... je me rappelle qu'il en a profité pour se faire un rail de coke sur mon ventre. Ensuite, il a commencé à me caresser, m'embrasser, je ne pouvais plus réagir, je n'avais plus la force. Et puis, vous êtes arrivés ... à temps.
Je me rallonge sur le lit et tourne la tête, j'ai honte de tout ce qui s'est passé, mais tellement soulagée qu'il n'ai pas pu aller plus loin, et tout ça grâce à Jon, je lui en suis vraiment reconnaissante.
-  Très bien, je pense que ce sera tout pour aujourd'hui, Milla. Nous allons vous laisser vous rétablir, mais n'hésitez pas si quelque chose vous revenait, vous pouvez me contacter, me dit-elle en me tendant sa carte.
-  D'accord, merci.
-  Au revoir, Milla, reposez-vous bien.
Une fois que les officiers sortent de la chambre, Jon s'allonge à côté de moi et me prend dans ses bras.
-  Je te demande pardon, Milla ! Je ne te laisserai plus, je te le promets ...
J'entends à peine la fin de sa phrase, je suis tellement fatiguée, que je m'endors assez rapidement. Mais j'ai quand même la force de lui répondre :
-  Pardonne-moi aussi Jon ...

Je me réveille un moment après, Jon est toujours là, à mes côtés. Il me caresse légèrement les cheveux, on se prend de nouveau dans les bras. J'aimerais que ce moment ne s'arrête jamais !
- Quand est-ce que je pourrai sortir de cet hôpital ? Je lui demande.
- Je ne sais pas Milla, ni les infirmières, ni les médecins n'en ont parlé !
- Je voudrais rentrer chez moi ... Oh mon dieu Jon ! Sacha ?
- Ne t'inquiètes pas, Julie s'en occupe très bien ...
- On parle de moi ici ... dit Julie en entrant en trombe dans la chambre.
Elle se précipite sur moi, et me serre fort dans ses bras. Mais au vue de mes gémissements, elle stoppe immédiatement, voyant bien que mon corps me fait mal.
- Oh pardon, ma belle ! Comment tu vas ?
- Mieux ...
Nous parlons un moment, tous les trois, je lui raconte ce qu'il s'est passé depuis trois jours. Elle pleure avec moi.
- Je t'aime tellement Milla ! Tout va bien se passer à partir de maintenant.
On frappe à la porte, ça doit être Clara, Julie m'a dit qu'elle passerait aujourd'hui.
Mais quand la porte s'ouvre, je reste bouche bée. Ma mère passe sa tête et nous demande s'ils peuvent entrer.
- Oui, rentre maman ...
Julie me serre la main et m'embrasse sur le front.
- Je vais te laisser ma belle, vous avez besoin de parler entre vous, me chuchote-t-elle.
- Moi aussi, Bébé. Je reviendrai plus tard, j'ai des choses à voir avec Nicolas, mon avocat.
-  Tu pourras lui demander pour Sara, s'il te plait ? Je lui demande.
-  Ne t'inquiètes pas, il s'en occupe, penses à toi un peu, tu veux bien ?
-  Oui, d'accord.
Il se lève du lit et m'embrasse tendrement la joue.
-  Attends, Jon ? c'est bien ça ? Lui demande mon père.
-  Oui ...
-  Nous voulions te remercier sincèrement ! Tu as sauvé notre fille ! Nous t'en serons éternellement reconnaissants !
Il se rapproche de Jon qui lui tend la main, mais mon père se penche et le serre dans ses bras. Ma mère est à côté en larmes, une main sur l'épaule de Jon.
-  Oui merci Jon ! Dit-elle. Les officiers Pradon et Vallet, nous ont un peu expliqué ton rôle dans toute cette histoire.
Puis elle se retourne et me regarde. Jon est finalement sorti, nous nous regardons tous les trois, sans savoir vraiment quoi dire, puis soudain contre toute attente ma mère se met à s'excuser pour toutes ces années de rancœurs inutiles et surtout infondées.
Je suis soulagée, mon père acquiesce à tout ce que dit ma mère.
Je crois qu' enfin, après toutes ces années, nous nous sommes retrouvés !
Je n'ai pas la force de débattre avec mes parents de tout ce qu'il s'est passé pendant ces longues années, de mes ressentiments, de ma misérable vie pour m'en sortir et surtout pour aider Sara.
Il faut que je leur parle de Sara, mais avant tout je demande :
- Oh mince on est quel jour ?
- Vendredi ma chérie.
-  Non, j'ai loupé l'appel de Sara !!
-  Ne t'inquiètes pas, nous l'avons prévenu ton père et moi.
-  Tant mieux ! Merci ... il faut que je vous parle de quelque chose. J'ai rencontré l'avocat de Jon, il va essayer de nous aider pour Sara. Il m'a dit qu'il était confiant. J'ai travaillé dur toutes ces dernières années pour payer à Sara un très bon avocat.
Maman se remet à pleurer.
-  Merci Milla, me dit mon père. Merci d'aider Sara, ta mère et moi sommes dévastés de la savoir enfermée là bas, et nous ne pouvons rien n'y faire. Après ton départ, j'ai bien essayé de vendre quelques bricoles mais ça n'était pas assez. Combien te demande-t-il ?
-  Je ne sais pas encore, il m'a dit que l'on s'en préoccuperait plus tard.
-  Nous t'aiderons pour le rembourser Milla ! Dit ma mère.
J'ai de plus en plus de mal à suivre les conversations, mes yeux se ferment tous seuls.
-  Oh ma chérie, nous allons te laisser, tu as besoin de te reposer, nous reviendrons demain. Enfin si tu le veux bien ? Tu sais, on comprendrait si tu ne voulais plus nous voir !
-  Non maman, revenez demain, avec plaisir, je vous le promets.
- On est tellement content de t'avoir retrouvé ma chérie, mais quel dommage que ce soit dans ces circonstances !
On s'embrasse, quel bonheur d'avoir de nouveau mes parents près de moi comme ça.

Indirect guiltyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant